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Masques FFP2 : le gouvernement change de doctrine et commence une distribution sélective aux professionnels de santé libéraux

illustrationVendredi 13 mars le ministre de la Santé a annoncé sur Europe 1 que des masques FFP2 allaient être envoyés immédiatement aux médecins libéraux. La distribution concernera d’abord les régions les plus touchées par le COVID-19 avant de s’étendre à tous le territoire national. Une dotation de 3 masques FFP2 par jour a été évoquée.

Les syndicats de médecins libéraux ainsi que le président du CNOM auraient été prévenus dès jeudi soir.

 

« Nous devons la protection à ceux qui nous protègent. Il faut armer les médecins, les infirmiers, mais aussi les kinés, les dentistes, tous les acteurs de santé en ville qui vont passer progressivement en première ligne » O. Véran.

 

La fin d’une doctrine dictée par l’absence de stock d’état

Cette annonce signe un changement dans la doctrine officielle de gestion des masques FFP2. Jusqu’à présent, celle-ci les réservait au personnel hospitalier pratiquant des gestes invasifs et en excluait la médecine de ville en dépit des recommandations qui prévalaient encore il y a quelques semaines en France.

Ce changement a été confirmé par la publication d’un communiqué de presse du ministère de la Santé le 13 mars.

« Le ministre rappelle la priorité nationale : protéger notre système de santé et ses professionnels pour maintenir la prise en charge des patients et la continuité des soins.
C’est pourquoi, après avoir saisi le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) qui a rendu son avis, et après avoir échangé avec les représentants des professionnels de santé, le ministre a décidé de mettre en place une stratégie de gestion et d’utilisation maîtrisée des masques à l’échelle nationale.

Elle doit bénéficier prioritairement aux professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients COVID-19 en ville, à l’hôpital et dans les structures médico-sociales accueillant des personnes fragiles, ainsi qu’aux services d’aide à domicile, pour garantir la continuité de l’accompagnement à domicile des personnes âgées et en situation de handicap. »

 

 

 

On comprend de suite à la lecture de ce communiqué qu’il est encore question de gestion de la pénurie de masques. En effet, en médecine de ville, seuls les médecins, infirmiers et pharmaciens auront droit à une protection efficace en cas de contact avec un patient positif au COVID-19.

En effet, si l’on suit à la lettre les recommandations du ministère, les masseurs kinésithérapeutes devront par exemple se contenter porter un masque chirurgical pour pratiquer de la kiné respiratoire. Ce qui est en totale contradiction avec les recommandations du réseau national de prévention des infections associées aux soins qui datent de 2014. Ces recommandations stipulent qu’en cas de risque d’aérosolisation des sécrétions respiratoires, le port d’un appareil de protection respiratoire de type FFP2 ou FFP3 est obligatoire en prenant comme exemple l’intubation, l’extubation, l’aspiration, les soins mortuaires et la kiné respiratoire.

 

Les dentistes devront également se contenter d’un masque chirurgical et sont donc exclus de la distribution de masque FFP2. Pourtant le 11 mars le Conseil national de l’ordre des chirurgiens-dentistes alertait dans un la DGS et la VSS (veille et sécurité sanitaire) sur l’impérieux besoin en masques FFP2 pour les professionnels de santé des cabinets dentaires.

« Il est indispensable d’approvisionner le plus rapidement, via l’ordre des chirurgiens-dentistes ou les pharmacies ou les ARS, les professionnels de santé exerçant en priorité dans les zones concernées par le virus. » Ordre des chirurgiens-dentistes

3 masques par jour par médecin

Les établissements de santé seront livrés directement et centraliseront les stocks à destination des EHPAD et des structures médico-sociales concernées.


Les masques à destination des professionnels de santé de ville seront mis à leur disposition dans les officines de ville, via les grossistes-répartiteurs, et leur seront remis sur présentation de leur carte de professionnel de santé (CPS) et de leur numéro au Répertoire Partagé des Professionnels de Santé (RPPS).
En cas de difficultés d’approvisionnement en dehors des zones à forte circulation, les Agences régionales de santé centraliseront les demandes.

 

 

 

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