nuance

#COVID19 : Le conseil scientifique du CNGE recommande aux médecins généralistes de ne pas prescrire l’hydroxychloroquine (Plaquenil®) en ambulatoire

illustrationLe conseil scientifique du Collège National des Généralistes Enseignants a publié son avis relatif à la place de l’hydroxychloroquine (Plaquénil®) en médecine générale face aux cas de Covid-19. Il recommande aux médecins généralistes de s’abstenir de prescrire du Plaquenil, car cette prescription serait contraire à l’éthique médicale. Il justifie cette recommandation en raison d’un niveau de risque supérieur à l’efficacité du traitement qui n’est pas établie à ce jour et ce d’autant plus que la population ambulatoire guérira spontanément dans plus de 80 % des cas.

Dans son avis le conseil scientifique, s’il fait référence à l’étude publiée par l’équipe du Pr Raoult, il en détaille les « nombreux et sérieux biais méthodologiques »

  • L’absence de randomisation, de double insu et de placebo dans le groupe témoin (16 patients) avec un effectif traité limité à 26 patients Covid à des stades différents de la maladie.
  • Une comparabilité incertaine des 2 groupes à l’inclusion, ce qui entrave tout jugement.
  • Le choix d’un critère de jugement principal biologique (charge virale), critère intermédiaire non solidement corrélé aux complications cliniques (3).
  • Un prélèvement et une mesure de la charge virale non centralisés et une date d’analyse finale au sixième jour critiquable (2 patients positifs à J6, négatifs à J9, et 1 patient négatif à J6, positif à J9).
  • Une analyse statistique non ajustée qui a écarté 6 (23 %) des 26 patients du groupe traité : 3 hospitalisations en soins intensifs, 1 décès, 1 arrêt pour nausées et 1 perdu de vue (biais d’attrition).
  • Le rationnel inconnu de l’association à l’azithromycine pour certains patients rendant la comparabilité des groupes avec ou sans cet antibiotique impossible.

Le conseil scientifique note par ailleurs dans son avis qu’un autre essai randomisé de qualité moyenne a échoué à démontrer un bénéfice biologique ou clinique de l’hydroxychloroquine.

Il évoque également les recommandations chinoises qui préconisent l’utilisation du Plaquénil® ou de la chloroquine (Nivaquine®) sans pour autant fournir les données scientifiques sur lesquelles elles s’appuient.

Autant d’éléments qui conduisent le conseil scientifique du CNGE à considérer que l’efficacité de ce traitement ne peut être établie en l’état actuel des données scientifiques. Il recommande donc aux médecins généralistes de s’abstenir d’une telle prescription qui deviendrait non éthique « car le risque (connu) est potentiellement supérieur à l’efficacité (non établie) »

« l’utilisation de l’hydroxychloroquine doit être réservée aux essais thérapeutiques correctement menés pour en évaluer la balance bénéfices/risques »

Quoi qu’il en soit, si vous êtes médecin généraliste, votre prescription de Plaquenil risque de ne pas être suivie d’effets depuis la publication d’un décret qui interdit indirectement les pharmacies d’officine de délivrer du Plaquenil à vos patients. Ce qui est considéré par certains comme un scandale d’État.

Voir l'avis sur le site du CNGE

Sur le sujet :

Encadrement des prescriptions du traitement à la #chloroquine du Pr Raoult, un scandale d’état ?

#COVID-19 : l’équipe du Pr Raoult généralise le traitement à base de chloroquine à tous les patients positifs au coronavirus

#coronavirus : le traitement à la #chloroquine réduit la charge virale à 6 jours pour 75 % des patients selon le Pr Raoult

Les pharmacies d’officine ne peuvent plus délivrer du Plaquenil sur la base d’une prescription d’un médecin généraliste

 

Descripteur MESH : Conseil , Médecins , Médecins généralistes , Face , Risque , Médecine , Médecine générale , Population , Patients , Charge virale , Jugement , Maladie , Chloroquine , Placebo , Soins intensifs , Soins

nuance

Pratique médicale: Les +