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Hyperactivité vésicale chez l’homme

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Définition

L’Hyperactivité vésicale est un trouble caractérisé par la survenue d’une envie soudaine et irrépressible d’uriner appelée urgenturie. La sensation peut être inconfortable, et l’urgence mictionnelle peut être accompagnée ou non d’une fuite d’urine. Il s’y associe fréquemment une augmentation de la fréquence des mictions le jour et la nuit. 

Les causes de l’hyperactivité vésicale

Le syndrome d’hyperactivité vésicale est un trouble résultant d’un dysfonctionnement de la vessie. Dans des circonstances normales, lorsque la vessie se remplie, elle transmet progressivement des informations au cerveau qui indiquent degré de remplissage jusqu’à aboutir à un besoin d’aller urinaire. Dans le cas de l’hyperactivité vésicale, l’envie d’uriner se produit brutalement sans prévenir alors que la vessie n’est pas encore pleine.

Dans la majorité des cas le syndrome d’hyperactivité vésicale survient sans véritable cause sous jacente. Néanmoins ce trouble urinaire peut parfois être lié à une inflammation de la vessie par une infection des urines, la présence d’un polype ou encore d’un calcul. Enfin, certaines maladies neurologiques touchant le cerveau (comme la maladie de Parkinson, les accidents vasculaires cérébraux) ou plus rarement la moelle épinière (après des accidents notamment) peuvent être la cause d’un dysfonctionnement de la vessie et de l’appareil urinaire avec apparition d’un syndrome d’hyperactivité vésicale.

L’hyperactivité vésicale, symptôme de l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP)

L’adénome prostatique ou hyperplasie bénigne de la prostate se caractérise par une augmentation du volume de la prostate. Cette augmentation du volume de la prostate peut alors gêner l’évacuation de la vessie lors de la miction. Le patient peut alors ressentir des envies fréquentes et un besoin impérieux d’aller aux toilettes mais sans parvenir à vider entièrement la vessie. Il est alors possible de voir se développer une rétention urinaire qui potentiellement peur favoriser la survenue d’une infection urinaire.

Afin de déterminer si le syndrome d’hyperactivité vésicale constaté chez le patient est bien lié à l’hypertrophie de la prostate, une consultation médicale avec le médecin généraliste ou un urologue est souvent nécessaire. En fonction de l’interrogatoire, le médecin pourra prescrire plusieurs types d’examens :

-          Un questionnaire précis sur les troubles rencontrés, leur fréquence etc…

-          Un calendrier mictionnel sur lequel le patient indiquera pendant trois jours l’heure et le volume de chacune des mictions

-          Une débitmétrie pour mesurer la qualité de la miction,

-          Une échographie de la prostate pour mesurer précisément son volume

-          Une échographie de la vessie et des reins pour vérifier l’état des parois de la vessie éventuellement quantifier un éventuel résidu post mictionnel

-          Et plus rarement un bilan urodynamique,

Le traitement proposé dépendra bien sur des constatations effectuées après l’interrogatoire, l’examen clinique et l’études des éventuels examens complémentaires.

 

Les traitements de l’hyperactivité vésicale

Les thérapies comportementales

Les thérapies comportementales apprennent aux patients comment maîtriser leurs troubles mictionnels par des méthodes non invasives. Le traitement se base sur une rééducation et une maitrise du réflexe mictionnel, associé à une meilleure gestion de l’alimentation. On réduira la consommation de caféine et d’alcool, ainsi que le tabagisme. Le patient devra veiller à perdre du poids en cas de surpoids avéré. Les exercices physiques sont également recommandés en évitant les sports avec de fortes poussées.

La rééducation de la vessie sera également au programme. Il  s’agit dans ce cas de contrôler la fonction mictionnelle, en supprimant petit à petit l’effet d’envie pressante. Le but est d’arriver à espacer graduellement les visites aux toilettes. Les exercices de Kegel, très efficaces dans le renforcement des muscles pelviens sont particulièrement recommandés. Ces muscles jouent un rôle important dans le contrôle de la continence et dans la maitrise de l’urgence mictionnelle.

Les traitements médicamenteux

Ils peuvent offrir un réel confort de vie au patient, en éliminant l’envie impérieuse, réduisant les troubles urinaires et les accidents éventuels. Il existe des médicaments efficaces de la famille des anticholinergiques qui réduisent l'hyperactivité du muscle vésical et le sentiment d'urgence. La prise de médicaments peut engendrer des effets secondaires, il est important d’en informer le patient et de mettre en place les dispositions adéquates lors du traitement.

La neuromodulation

En cas d’échec des traitements médicamenteux et lorsque le patient ne réagit pas aux thérapies comportementales ou à la rééducation, le médecin peut choisir la neuromodulation. Il s’agit d’une thérapie de seconde intention, c'est-à-dire qu'elle est envisagée lorsque les traitements conservateurs ont échoué. Pratiquement, il s’agit d’un dispositif de petite taille qui est implanté dans la partie inférieure de la colonne vertébrale permettant de contrôler les nerfs qui émettent des signaux aux muscles vésicaux.

 

Les injections de toxine botulique

En cas d’échec des traitements médicamenteux de première intention, le médecin peut proposer des injections de toxine botulique dans le muscle de la vessie. Les injections sont délivrées au cours d’une cystoscopie sous anesthésie locale ou avec une sédation anesthésique légère. Le traitement a une efficacité pendant 6 mois environ. Le risque principal est la rétention vésicale transitoire qui peut survenir chez 5 % environ des patients et dont le patient doit avoir été prévenu.

L’orientation des patients

Le généraliste est le médecin qui doit initier le diagnostic et la prise en charge. S’il le juge nécessaire il pourra demander un avis spécialisé chez un confrère urologue, par exemple si l’interrogatoire du patient ne permet pas d’identifier la source des troubles ou s’il suspecte une cause sous jacente. L’urologue pourra détecter des pathologies en lien avec les symptômes et prescrire des examens complémentaires, comme la cystoscopie et la cytologie urinaire.

 

Professeur François Haab, chirurgien urologue à Paris, partenaire de www.sphere-sante.com

Pour en savoir plus

L’hyperactivité vésicale chez l’homme : le traitement approprié repose sur un diagnostic exact
Sender Herschorn, MD, FRCSC, Professeur titulaire et directeur, Département d’urologie, University of Toronto, Toronto (Ontario), 2007

Injection de toxine botulique dans la musculeuse vésicale, par urétrocystoscopie - Etude sur les actes
Ce document contient l’avis de la HAS relatifs au service attendu et à l’amélioration du service attendu de l’acte d'injection de toxine botulique dans la musculeuse vésicale, par urétrocystoscopie. Cet avis, qui résulte d'une auto-saisine de la HAS, s’appuie sur l’avis de la Commission de la transparence concernant le médicament BOTOX (juillet 2012), disponible également sur le site de la HAS.
HAS, 2012

Botox 50, 100, 200 unité Allergan (Toxine Botulinique de type A) : une nouvelle indication dans l’hyperactivité vésicale idiopathique - Lettre aux professionnels de santé
ANSM (13/06/2014) : A partir du 6 mai 2014, BOTOX® 50, 100 & 200 Unités ALLERGAN, poudre pour solution injectable (toxine botulinique de type A) bénéficie d'une extension d'indication chez l’adulte dans le traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique dans certaines conditions. Ce traitement médicamenteux par injection dans le détrusor doit être inclus dans une prise en charge globale multidisciplinaire associant médecin urologue et gynécologue-obstétricien ayant reçu une formation spécifique d’utilisation de la toxine botulinique dans cette indication sous la supervision d’un urologue.


ELSEIVIER (2013) : Élaboration de recommandations de bonne pratique par consensus formalisé, validées par un groupe de 13 experts puis par un groupe de lecture indépendant

Choix d'un médicament anticholinergique dans les symptômes d'hyperactivité vésicale chez les adultes
COCHRANE, 2013 : Objectifs : Comparer les effets de plusieurs médicaments anticholinergiques pour les symptômes d'hyperactivité vésicale.

 

Pour vos patients : Guide complet sur l'hyperactivité vésicale, diffusé par l’intermédiaire d’au Petit Coin, programme interactif et éducationnel canadien conçu pour encourager la communication sur l’hyperactivité vésicale.

 

 

 

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