Parkinson précoce : le lixisenatide une nouvelle piste de traitement ?

Parkinson précoce : le lixisenatide une nouvelle piste de traitement ? Pour la première fois depuis trois décennies, un traitement initialement conçu pour le diabète de type 2 offre une lueur d'espoir dans la lutte contre la maladie de Parkinson. les professeurs Olivier Rascol, du CHU de Toulouse, et Wassilios Meissner, du CHU de Bordeaux, tous deux éminents membres du réseau de recherche clinique NS-PARK, ont dirigé l'étude LixiPark. Cette recherche a révélé que le lixisénatide pourrait ralentir la progression des symptômes moteurs de cette maladie neurodégénérative.

Une avancée significative dans la recherche sur la maladie de parkinson

Publiée le 3 avril 2024 dans le New England Journal of Medicine, cette étude de phase 2 explore le potentiel du lixisenatide, médicament initialement destiné au traitement du diabète, dans le ralentissement de la progression de la maladie de Parkinson. L'étude a impliqué un essai en double aveugle, randomisé et contrôlé par placebo sur des patients diagnostiqués avec la maladie de Parkinson depuis moins de trois ans. Ces derniers, stables sur le plan médicamenteux et sans complications motrices, ont été divisés en deux groupes. L'un recevait quotidiennement du lixisenatide par voie sous-cutanée et l'autre un placebo, ce pendant une période de 12 mois suivie d'un mois de sevrage. Le principal indicateur de réussite reposait sur les variations des scores de la partie III de l'MDS-UPDRS, un outil évaluant la sévérité du handicap moteur.

Résultats encourageants et effets secondaires

Les résultats ont montré une légère amélioration dans le groupe traité avec le lixisenatide, avec une différence significative par rapport au groupe placebo, où une détérioration a été observée. Plus précisément, une différence moyenne de 3.08 points favorisant le lixisenatide a été notée après 12 mois de traitement. Néanmoins, cette avancée s'accompagne d'effets secondaires gastro-intestinaux non négligeables, notamment des nausées et des vomissements chez une partie des patients traités.

« Depuis 30 ans, nous tentons de comprendre comment ralentir l’aggravation de la maladie de Parkinson. De nombreux chercheurs ont essayé d’apporter des réponses, sans succès chez les malades à ce jour. Dans l’étude LixiPark, nous sommes partis du constat que les sujets diabétiques semblent avoir un risque accru de développer une maladie de Parkinson et que celle-ci semble progresser plus rapidement chez eux. Parallèlement, des tests de laboratoire ont apporté des arguments montrant que des récepteurs impliqués dans les mécanismes du diabète joueraient aussi un rôle dans les mécanismes responsables de la perte de certains neurones du cerveau. Puisque des médicaments comme le lixisenatide étaient déjà disponibles pour traiter le diabète, nous avons pris la décision d’en évaluer les effets chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Comme nous l’espérions, nous avons observé un résultat en faveur d’un effet neuroprotecteur. Il s’agit du premier essai clinique multicentrique à large échelle apportant le signal d’efficacité recherché depuis tant d’années. Un résultat véritablement innovant car nous ne disposons actuellement que de traitements antiparkinsoniens « symptomatiques », masquant l’expression clinique des signes de la maladie mais dénués d’efficacité sur son origine et son aggravation avec les années. Ces premiers résultats positifs sur le ralentissement de la progression de la maladie de Parkinson constituent donc une avancée significative dans la prise en charge future de cette maladie et un enjeu majeur de santé publique » commentent les professeurs Olivier Rascol et Wassilios Meissner.

Les professeurs soulignent l'importance de considérer l'étude LixiPark comme le premier jalon d'un parcours étendu, préalable indispensable avant d'intégrer le lixisénatide comme traitement courant de la maladie de Parkinson. Il sera essentiel de réaliser des recherches supplémentaires afin de valider tant l'efficacité que la sûreté de ce traitement pour cette nouvelle application, et d'analyser avec précision son rapport entre les bénéfices et les risques pour les patients à divers stades de l'évolution de la maladie, sur une période d'observation qui excède un an.

Cette recherche a été soutenue par le Ministère français de la Santé, parmi d'autres contributeurs, et est enregistrée sous le numéro ClinicalTrials.gov NCT03439943.

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