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Une étude sur les raisons de l'élévation de la pression artérielle (PA) avec la cocaïne

Des travaux récents viennent de confirmer que la cocaïne inhibe la recapture de la noradrénaline dans la circulation périphérique. Toutefois, cette action ne contribue que de façon partielle à l'augmentation de la PA.

"Maintenant que nous connaissons les mécanismes impliqués dans l'élévation de la PA avec la cocaïne, je pense que nous devrions recentrer notre stratégie pour utiliser des médicaments qui affecteront la stimulation sympathique du cœur plutôt des médicaments qui ont seulement des effets sur les vaisseaux sanguins", explique le Dr Vongpatanasin (UT Southwestern Medical Center) qui a encadré cette étude.

Ce dernier rappelle que l'inhibition de la recapture de la noradrénaline était jusqu'à présent le mécanisme à privilégier pour expliquer l'hypertension consécutive à la prise de cocaïne. L'excès de noradrénaline stimule la vasoconstriction.

"Cependant, nous avons trouvé que ce mécanisme joue un rôle très limité chez l'homme", commente Vongpatanasin dans un communiqué de son université. "Au lieu de cela, la cocaïne augmente la pression artérielle en stimulant le cœur de façon à atteindre un rythme cardiaque élevé et une augmentation du débit".

Les résultats de ce groupe de recherche sont présentés dans la revue Circulation du 5 mars. Quinze sujets non-cocaïnomanes ont participé à l'étude. Les auteurs ont mesuré la PA, le débit sanguin et la concentration veineuse de noradrénaline dans l'avant bras après que les participants aient reçu de la cocaïne sous contrôle médical.

Cet effet a été étudié après injection dans l'artère humérale de 0,15 mg ou 15 mg de cocaïne ou par administration nasale à un dosage de 2 mg/kg.

Comme des études chez l'animal l'ont montré, l'injection directe de 0,15 mg de cocaïne dans l'artère humérale est associée à une augmentation de 82 % de la concentration en noradrénaline et à une augmentation de 71 % de la résistance vasculaire. Ce premier résultat n'était pas en désaccord avec l'hypothèse d'une inhibition marquée de la recapture de la noradrénaline pour expliquer les effets immédiats de la cocaïne sur le système cardiovasculaire.

Un résultat important a été obtenu après injection (toujours dans l'artère humérale) d'une dose 100 fois plus élevée de cocaïne, soit 15 mg. Cette dose devait simuler une overdose massive de cocaïne. Par rapport à la dose précédente, les investigateurs n'ont alors observé qu'une faible augmentation de la concentration de noradrénaline sans que la vasoconstriction ne soit encore plus stimulée.

Cette donnée remettait donc en question l'importance que pouvait jouer l'inhibition de la recapture de la noradrénaline. Ceci a été confirmé par l'étude de l'action de la cocaïne par voie intranasale. D'après Vongpatanasin, "lorsque la cocaïne est administrée par le nez, elle entraîne une dilatation plutôt qu'une constriction des vaisseaux sanguins".

"La pression artérielle est déterminée par deux facteurs, le tonus vasculaire et le débit cardiaque. Si la cocaïne en intranasal augmente la pression sanguine et que les vaisseaux se dilatent, le débit cardiaque doit augmenter", poursuit Vongpatanasin. Selon lui, ces résultats devraient être pris en compte pour la prise en charge des overdoses à la cocaïne.

Source : University of Texas Southwestern Medical Center at Dallas. Circulation 2002;105:1054

SR

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