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Plus de dix millions de personnes ont développé un cancer en 2000

Le 18° Congrès International sur le Cancer organisé par l’UICC (Union Internationale contre le cancer) a débuté le 30 juin à Oslo. Cette première journée a été l’occasion de rappeler le poids grandissant du cancer dans le monde, avec des problèmes différents dans les pays riches et les pays en développement. Par ailleurs, certains cancers pourraient être prévenus par une modification des habitudes de vie. C’est notamment le cas des cancers liés au tabac.

L’objet du 18° Congrès International de l’UICC est de réaliser un état des lieux sur le cancer dans le monde et sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire son incidence et sa mortalité. Des experts de 117 pays sont réunis à Oslo jusqu’au 5 juillet.

La première journée a été marquée par le discours du professeur Paul Kleihues de l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (IARC). Il a rappelé qu’en l’an 2000, 5,3 millions d’hommes et 4,7 millions de femmes ont développé une tumeur maligne. Parmi eux, on estime que 6,2 millions sont décédés des conséquences de leur maladie.

Deux grands axes se dégagent de la présentation de Paul Kleihues. Le premier concerne les disparités entre les pays riches et les pays défavorisés où le profil des cancers est différent. Le deuxième point, directement lié au premier, a trait aux origines de ces cancers et donc des moyens de les prévenir lorsque existent des facteurs de risque identifiés et modifiables.

Globalement, les organes les plus touchés sont les poumons, le sein, le colon/rectum, l’estomac et le foie. La mortalité par cancer est deux fois plus élevée dans les pays développés que dans les pays en développement, a souligné Paul Kleihues. Une épidémie de tabagisme plus précoce, l’exposition à des agents carcinogènes dans un environnement professionnel et des habitudes de vie spécifiques expliquent en partie cette tendance.

Le poids de certaines maladies infectieuses est incontournable dans les pays en développement. Selon Paul Kleihues, 25 % des tumeurs dans ces pays sont imputables à un agent infectieux tel que le virus de l’hépatite B et C (cancer hépatique), les papillomavirus (cancer du col utérin) ou encore la bactérie Helicobacter pylori mise en cause dans les cancers de l’estomac. Comparativement, les agents infectieux ne seraient à l’origine que de 8 % des tumeurs observées dans les pays développés.

Dans ces pays, environ un tiers des tumeurs malignes seraient liées à des habitudes de vie dommageables. Le mode de vie occidental, souvent caractérisé par une alimentation trop calorique et un manque d’activité physique, est indiscutablement mis en cause. Le professeur Paul Kleihues a noté que les cancers du sein, de la prostate, du colon/rectum et les carcinomes de l’endomètre étaient bien moins fréquents dans les pays pauvres. Encore faudrait-il savoir si cette observation ne reflète pas un défaut de dépistage de ces cancers dans ces pays, conduisant ainsi à une sous-évaluation des cas.

Une amélioration avait été notée dans les années 90 en Amérique du Nord et dans certains pays européens. La diminution des cancers de l’estomac et l’amélioration du dépistage précoce et du traitement de cancers « majeurs » y étaient pour beaucoup, a souligné Paul Kleihues.

Le tabac reste un des principaux acteurs du cancer puisqu’on évalue que sa consommation a directement ou indirectement entraîné 100 millions de décès dans le mode au vingtième siècle. Le cancer pulmonaire est loin d’être le seul risque puisque d’autres organes sont exposés à un risque plus élevé de cancer chez les fumeurs. Les risques de pneumopathie chronique, de maladie cardiovasculaire et d’accident vasculaire sont aussi plus élevés.

Source : UICC 18th International Cancer Congress, Norvegian Cancer Society.

SR

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