nuance

L'hypothèse de l'origine alimentaire des cas d'Encéphalopathie spongiforme bovine est confortée.

49 cas d'Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ont été diagnostiqués, en France, entre 1991 et 1998, par le " Réseau d'épidémiosurveillance " de la maladie (56 le sont au 8 mars 1999).
Parmi ces 49 cas, 21 sont survenus sur des animaux dits NAIF (Nés après l'interdiction de leur distribuer ou d'incorporer dans leur alimentation des farines animales). L'hypothèse de la contamination accidentelle, cinq ans auparavant (période d'incubation de la maladie), de ces derniers par leur alimentation apparaît confortée aux scientifiques, en ce début d'année 1999. Les mesures prises par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, notamment en 1996, et renforcées en 1998, devraient donc mettre fin à l'apparition de tels cas dans quelques années.


56 cas d'Encéphalopathie spongiforrne bovine (ESB) ont été diagnostiqués, au 8 mars 1999, en France, sur un cheptel d'environ 21 millions de bovins, depuis la mise en place du " Réseau national d'épidémiosurveillanoe " de la maladie en 1990.

Les animaux des exploitations concernées ont été abattus, leurs abats retirés de la consommation et, depuis 1994, leurs carcasses et abats incinérés, afin d'être exclus des chaînes alimentaires humaine et animale (soit à ce jour, plus de 5 000 bovins). 49 cas avaient été diagnostiqués à la fin de l'année 1998 (5 cas en 1991, 0 en 1992, 1 en 1993, 4 dans 3 élevages en 1994, 3 en 1995, 12 en 1996, 6 en 1997 et 18 en 1998). à la même date, selon les chiffres de l'OIE , 175 590 l'avaient été au Royaume-Uni (dont 172 590 en Grande-Bretagne), 337 en République d'Irlande, 293 en Suisse, 195 au Portugal, 7 en Belgique, 3 au Pays-Bas, 2 au Liechtenstein et 1 au Luxembourg, auxquels s'ajoutent les cas découverts sur des animaux importés en Allemagne (6), en Italie (2), dans le Sultanat d'Oman (2), au Canada (1), au Danemark (1) et aux îles Malouines (1). L'incidence annuelle de l'ESB (nombre de cas natifs divisés par le nombre en millions de bovins âgés de plus de 2 ans) était, en 1998, de 305 au Royaume-Uni (contre 6184 en 1993), de 1,6 en France (contre 0, 1 en 1993) et de 121 au Portugal (contre 0 en 1993).

21 des 49 cas d'ESB diagnostiqués en France, à la fin de l'année 1998, sont apparus sur des animaux Nés postérieurement à l'interdiction (arrêté interministériel du 24 juillet 1990) de la distribution aux bovins et de l'incorporation dans les aliments qui leur sont destinés, de farines de viandes et d'os (NAIF).
Or, la voie alimentaire demeure la voie privilégiée par les scientifiques pour expliquer la contamination des animaux par l'agent infectieux (probablement une particule protéique, appelée Prion).
" L'hypothèse d'une contamination accidentelle de ces bovins NAIF par des aliments ne leur étant pas destinés ", et contenant l'agent infectieux, a donc été assez vite émise.
Considérée, dans un premier temps, comme " hautement vraisemblable " par le Comité interministériel sur les Encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles (ESST), dit Comité Dormont , cette " hypothèse " apparaît " désormais confortée ", par les bilans des " Réseaux nationaux d'épidémiosurveillance des ESST " (ESB et Tremblante des petits ruminants) et des enquêtes conduites par la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires (BNEV), vient de préciser le Comité, dans un avis daté du 23 février dernier.

Les mesures prises par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, renforcées en 1998, n'en sont que plus légitimes

Les mesures prises par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche pour y faire face, comme par exemple, l'interdiction, dès 1996, d'incorporer des Matériels à risques spécifiés (MRS, c'est-à-dire des abats susceptibles de contenir des agents infectieux) dans l'alimentation animale, n'en sont que plus légitimes. Elles devraient donc permettre la disparition des cas d'ESB NAIF vers 2001, compte tenu du temps d'incubation de la maladie, et ce d'autant plus qu'elles ont été renforcées durant l'année 1998.

Entre autres, un arrêté en date du 6 février 1998, paru au Journal officiel de la République française (JoRf) du 10 février 1998, a imposé aux usines françaises de transformation des déchets animaux l'application du barème temps/température retenu par la Communauté européenne.

Un arrêté, en date du 9 novembre 1998 a durci " l'interdiction d'emploi de certains produits d'origine animale dans l'alimentation et la fabrication d'aliments des animaux ".

Un arrêté, également daté du 9 novembre 1998 (JoRf du 3 décembre 1998), a modifié l'arrêté du 10 septembre 1996 relatif aux conditions sanitaires régissant la commercialisation et l'importation des aliments pour animaux et l'arrêté du 25 septembre 1995 relatif aux conditions sanitaires régissant les échanges intracommunautaires de certains produits d'origine animale ". Il a mis en conformité la liste des MRS retirés de l'alimentation animale avec les nouvelles exigences européennes, mais surtout il a rendu plus claires les mentions d'étiquetage des aliments contenant des farines animales, afin qu'ils ne puissent pas être distribués aux ruminants par inadvertance.

Un arrêté, daté du 9 décembre 1998 et publié au JoRf du 17 décembre 1998, a " modifié l'arrêté du 16 mars 1989 portant application du décret n° 86-103 7 du 15 septembre 1986 relatif à la commercialisation des produits et substances destinés à l'alimentation animale " pour clarifier le libellé de deux articles.

La Direction générale de l'alimentation a, quant à elle, encouragé les professionnels du secteur de l'alimentation et du transport à prendre des mesures pour éviter les " contaminations croisées " entre les aliments pour ruminants et les aliments pour les autres espèces animales et a demandé aux Services vétérinaires d'en vérifier l'efficacité . Elle a, également, diligenté une enquête sur les conditions d'utilisation des aliments pour animaux dans les élevages .

Le contrôle de toutes ces mesures, visant à empêcher la contamination par l'agent de l'ESB des bovins NAIF au travers leur alimentation, sera, en outre, bientôt renforcé par l'adoption de la Loi d'orientation agricole.

Le futur texte législatif étend, en effet, aux " produits destinés à l'alimentation animale ", les contrôles à l'importation menés par les agents de l'état, auxquels il donne une base légale.
Il impose la " tenue d'un registre d'élevage " sur lequel devront être " recensées les données sanitaires, zootechniques et médicales relatives aux animaux élevés [ ... ] nécessaires à la protection de la santé publique ".
Il prévoit, enfin, que " les établissements préparant, manipulant, entreposant ou cédant des substances et des produits destinés à l'alimentation des animaux, présentant des risques pour la santé animale, la santé humaine, ou des matières premières dont l'incorporation dans les aliments pour animaux ou l'utilisation dans l'alimentation animale fait l'objet de restrictions en vue de prévenir la transmission de contaminants chimiques ou biologiques " devront, " satisfaire à des conditions sanitaires, qualitatives et d'identification des origines de ces substances et produits et avoir été, selon les cas, agréés ou enregistrés par l'autorité administrative ". Tout comme, " les établissements traitant, en vue de la destruction des agents pathogènes qu'ils sont susceptibles de contenir ", certains produits devront " satisfaire à des conditions sanitaires et avoir été agréés ou enregistrés par le préfet ".

Les autres mesures prises par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche et les autres contrôles menés par les Services vétérinaires départementaux, afin d'éviter les risques potentiels de santé publique liés à l'ESB, restent bien évidemment d'actualité.

Les MRS sont, par exemple, toujours saisis à l'abattoir en vue de leur destruction par incinération. La Tremblante ovine et caprine, soupçonnée de pouvoir masquer des cas " d'ESB des petits ruminants ", continue à faire l'objet d'une surveillance.

Au 1er octobre 1998, la maladie avait été diagnostiquée dans 138 élevages (dont 137 élevages ovins) situés, dans leur très grande majorité, dans le Sud-Ouest de la France déclenchant les mesures d'éradication adéquates.

Les autres mesures visant à éviter les risques potentiels pour la santé publique liés à l'ESB restent, bien évidemment, d'actualité

En 1998, une épidémiosurveillance des pathologies nerveuses en élevages de ruminants sauvages a, en outre, été organisée.

Elle n'a mis en évidence aucune émergence de ces maladies chez ces animaux. Elle a, par ailleurs, montré que les éleveurs qui distribuent une " alimentation complémentaire " sont nombreux et que les aliments distribués sont très divers. Pour ce qui concerne les aliments composés, 19 % des éleveurs en emploient mais ceux commercialisant des animaux à l'abattoir ou pour la reproduction indiquent n'utiliser que des aliments composés à l'usage des ruminants, dans lesquels l'incorporation de farines de viandes et d'os est prohibée pour toutes les espèces sauvages et domestiques depuis 1994.

Durant cette même année, l'embargo décidé par la Communauté européenne à l'encontre du Portugal pour cause de non-respect de la réglementation communautaire à l'égard de l'Encéphalopathie spongiforme bovine (lire Les Brèves de 'Notre Alimentation' n, 14) a, par ailleurs, été mis en place. Un premier arrêté a été pris le 4 décembre. Deux autres viennent d'être publiés, il y a quelques semaines. Le premier, daté du 1er février 1999 (JoRf du 16 février 1999), fixe " les conditions sanitaires relatives à la détention, à la mise en circulation et à la commercialisation de bovins originaires du Portugal ", vivants en France. Ces derniers doivent être " marqués au moyen d'une perforation auriculaire ", ne peuvent être conduits " qu'à destination directe et sans interruption de charge vers un abattoir désigné par le directeur des Services vétérinaires et sous couvert d'une autorisation de transport " et le cheptel où ils vivaient doit faire l'objet " de mesures de surveillance " jusqu'à justification de leur mise à mort. Le second arrêté, daté du 9 février 1998 (Journal officiel de la République française du 23 février 1999) ajoute à la liste des viandes déclarées impropres à la consommation humaine et animale et devant être incinérées celles, " de l'espèoe bovine, originaires du Portugal ".

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