nuance

Crise de l’hôpital public : le détail du plan gouvernemental en réponse aux grèves du 14 novembre

illustrationCoup de pouce budgétaire, primes pour certains soignants, reprise de la dette… Si le gouvernement n’a pas répondu aux principales revendications des grévistes et particulièrement celle d’une hausse des salaires, il a annoncé mercredi 20 novembre un train de mesures qu’il espère suffisant pour endiguer la crise de l’hôpital public

Après le succès des mobilisations du 14 novembre dernier, le gouvernement se devait de réagir. Le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, présentent le mercredi 20 novembre le plan d’urgence pour l’hôpital comme un remède financier pour « redonner de l’oxygène ». Le gouvernement mise tout sur une hausse du budget des hôpitaux de 1,5 milliard d’euros sur trois ans, la reprise d’un tiers de la dette hospitalière et une série de nouvelles primes destinées à redonner de l’attractivité aux soignants.

 

Des primes en hausse pour renforcer l’attractivité des métiers

40 000 infirmiers et aide-soignants vivant à Paris et sa proche banlieue et touchant moins de 1 900 euros net par mois percevront une prime annuelle de 800 euros

— une prime de 100 euros net par mois sera accordée aux aide-soignantes « qui exercent auprès de personnes âgées et qui ont acquis une compétence spécifique en gériatrie ». Afin d’améliorer les perspectives de fin de carrière des aide-soignants, il sera mis en place un grade de débouché en catégorie B qui pourra bénéficier à plus de 10 000 professionnels par an.

— La prime d’engagement dans la carrière hospitalière sera étendue au personnel soignant dans tous les métiers en tensions et s’articulera autour de 2 niveaux : 10 000 et 15 000 €. Cette mesure devrait concerner 5000 personnes par an.

La prime d’engagement dans la carrière hospitalière qui s’adresse aux médecins sera revalorisée à hauteur de 15 000 et 30 000 euros et devrait concerner 1500 personnes par an.

— Une prime de 300 € annuels pour 600 000 personnels de santé

Les hôpitaux auront à leur main des enveloppes pour valoriser, selon des critères de qualité des soins et de prise en charge, l’engagement et l’investissement des personnels. Cela représentera en moyenne une prime annuelle d’environ 300 euros qui pourrait concerner à terme jusqu’à 600 000 personnels.

De nouvelles marges de manœuvre pour les finances hospitalières

Un budget hospitalier en hausse de 1,5 milliard d’euros sur 3 ans

Pour 2020, 300 millions d’euros sont ajoutés aux dépenses hospitalières déjà votées par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Pour 2021, cette rallonge budgétaire passera à 500 millions et à 700 millions en 2021. Au total 1500 millions d’euros supplémentaires pourront financer les hôpitaux publics pendant 3 ans par le mécanisme d’une hausse de l’ONDAM qui passera de 2,1 % à 2,5 %.

Des tarifs en hausse de 0,2 % jusqu’en 2022

Après 10 années de baisse ininterrompue, les tarifs hospitaliers ne baisseront pas ou seront en hausse jusqu’à la fin du quinquennat. Le gouvernement s’engage à abonder dans les tarifs hospitaliers toutes les économies enregistrées par la réduction des actes inutiles et une meilleure pertinence des soins.

Une reprise de 10 milliards d’euros la dette hospitalière

Avec une hausse leur endettement de 40 % en 10 ans causée essentiellement par 10 ans de baisse de tarifs hospitaliers, les hôpitaux avaient été contraints de diminuer de moitié leur budget d’investissement. Pour enrayer ce cercle vicieux, l’état s’engage à reprendre un tiers de la dette des hôpitaux publics soit 10 milliards d’euros, sur 3 ans. Une loi spécifique détaillant les contours de ce programme qui se veut « massif et ultrarapide » sera mise en place début 2020.

un budget de 150 millions d’euros pour l’investissement courant.

Sur les 3 prochaines années, 150 millions d’euros seront débloqués pour permettre aux chefs de service de financer l’achat du matériel indispensable pour le travail des soignants au quotidien.

Pas d’augmentation généralisée des salaires : Édouard Philipe assume

Alors que les grévistes revendiquaient une augmentation générale de 300 euros par mois pour tous les soignants hospitaliers, force est de constater que cette mesure ne fait pas partie du plan proposé par le gouvernement.

Sur France Inter, le Premier ministre semble assumer cette décision.

« Nous avons considéré que si nous augmentions les salaires, l’impact sur chacun des personnels concernés […] aurait été très largement en deçà des espérances formulées ». « Donc notre choix, c’est de concentrer les moyens publics sur ce qui nous semble le plus urgent pour faire fonctionner l’hôpital. » Édouard Philipe

Descripteur MESH : Grèves , Gouvernement , Pouce , Hôpitaux , Personnes , Soins , Hôpitaux publics , France , Main , Sécurité , Sécurité sociale , Économies , Santé , Médecins , Infirmiers , Travail , Gériatrie

nuance

Actualités professionnelles: Les +