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Hydroxychloroquine : des médecins poursuivent la FDA en justice pour mettre fin aux restrictions arbitraires et libérer son usage prophylactique

illustrationLe 2 juin, l’association des médecins et chirurgiens américains (AAPS), qui compte environ 5000 membres, a déposé plainte contre la Food & Drug Administration (FDA) pour mettre fin aux restrictions qu’elle impose dans la délivrance de l’hydroxychloroquine (HCQ).

Un stock de 150 millions de doses peu utilisé

Aux États-Unis comme en France il y a quelques semaines encore, la délivrance de l’hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19 est limitée aux cas des patients hospitalisés. Pourtant l’HCQ n’a pas montré son efficacité contre les formes modérées ou graves de COVID-19. Au contraire, selon de nombreuses études, son usage pourrait être inutile, voire néfaste pour certains patients déjà fragilisés par le COVID-19 et à risques cardiovasculaires. Les hôpitaux américains l’ont bien compris et rares sont les établissements qui continuent d’administrer de l’HCQ à leur patient.

Tant et si bien que les États-Unis se retrouvent avec un stock national stratégique abondé à hauteur de 150 millions de doses d’HCQ qui ne servent à rien. Sauf à faire enrager les médecins qui voudraient en faire un usage prophylactique ou un traitement précoce comme celui prôné par le Pr Raoult.

Des restrictions arbitraires sans fondements

Face à ce qu’elle considère comme des restrictions arbitraires sans fondements juridiques et scientifiques, l’AAPS a décidé de prendre le taureau par les cornes et poursuivre la FDA devant les tribunaux.

« Les restrictions de la FDA sur l’HCQ pour les Américains sont complètement indéfendables devant les tribunaux. » Tempête Andrew Schlafly, avocat général de l’AAPS. « Il n’y a aucune base légale ou factuelle pour que la FDA limite l’utilisation de l’HCQ ».

En effet aux États-Unis, depuis 65 ans, il n’y a aucune restriction sur un usage préventif de l’HCQ contre le paludisme. Par contre le même usage préventif est interdit contre le COVID-19. Deux poids, deux mesures qui laissent évidemment perplexes les observateurs. La FDA a donc autorisé un usage potentiellement néfaste à l’hôpital alors qu’elle interdit un usage prometteur, mais non prouvé en médecine de ville.

« Les fonctionnaires de la FDA […] ne devraient pas être autorisés à interférer avec le droit des Américains à accéder aux médicaments donnés au gouvernement fédéral pour un usage public […] En empêchant les Américains d’utiliser l’HCQ en prévention, la FDA enfreint les droits du premier amendement d’assister à des services religieux ou de participer à des événements politiques… »

Rappelons également qu’au mois de janvier en France, le Plaquenil était en vente libre dans les pharmacies. Depuis le 15 janvier, il est devenu une substance vénéneuse accessible uniquement sur prescription médicale. Et son utilisation a été très encadrée par les pouvoirs publics avant d’être formellement interdite contre le COVID-19.

Si aux États-Unis et en France, l’usage de l’HCQ est contraint contre le COVID-19, l’AAPS relève dans son communiqué que d’autres pays dont la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Costa Rica, les Émirats arabes unis et la Turquie la recommande à titre prophylactique ou comme traitement précoce. Une liste à laquelle il faudra désormais ajouter le Brésil à la suite d’une initiative des Présidents Trump et Bolsonaro.

Trump et Bolsonaro collaborent pour tester l’hydroxychloroquine

En effet, le 31 mai dernier le président Trump a décidé de prélever 2 millions de doses sur les stocks nationaux pour les envoyer au Brésil où elles seront d’abord utilisées en prévention pour les professionnels de santé, mais aussi comme traitement précoce sur des patients. La Maison Blanche a précisé que les deux pays allaient collaborer dans le domaine de la recherche en menant des essais cliniques randomisés, « pour aider à évaluer davantage la sécurité et l’efficacité de l’hydroxychloroquine de manière préventive et comme traitement précoce du COVID-19 ».

Il y a 3 semaines, Donald Trump avait créé la surprise en révélant, qu’il prenait de l’hydroxychloroquine à titre préventif, en dépit des recommandations des autorités sanitaires américaines.

Cette initiative présidentielle alimente la colère des médecins de l’AAPS

« Il est choquant que les travailleurs médicaux au Brésil aient accès à l’HCQ à titre de prophylaxie tandis que la FDA interdit aux Américains d’accéder au même médicament pour le même usage », observe Jane Orient, MD, directrice exécutive de l’AAPS.

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