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Les pharmaciens s’insurgent contre la vente des autotests dans les grandes surfaces

illustrationLe gouvernement a autorisé le 27 décembre la vente en « libre-service » dans les grandes et moyennes surfaces des autotests de dépistage d’une infection par le Sars-Cov-2. Pour le gouvernement il s’agit d’une mesure exceptionnelle, valable jusqu’au 31 janvier 2022 pour faire face à une très forte demande. Ce qui n’est pas du goût des organisations professionnelles représentant les pharmaciens.

L’Académie nationale de Pharmacie a été la première à réagir. Elle regrette que des autotests de dépistage de la COVID soient autorisés à la vente en dehors des officines pharmaceutiques sans un accompagnement par un professionnel de santé.

« Les tests de dépistage sont recommandés par les instances sanitaires, y compris chez les personnes vaccinées. Ceux-ci peuvent être réalisés en laboratoire de biologie médicale, en pharmacie ou éventuellement chez un professionnel de santé autorisé. Des autotests peuvent aussi être vendus dans les pharmacies d’officine où le pharmacien apporte ses conseils par son expertise de professionnel de santé : en amont de la réalisation du test, afin de valider sa pertinence, et en aval pour l’interprétation du résultat et les règles à respecter en conséquence.

Seul un accompagnement par un professionnel de santé comme le pharmacien permet d’éviter les interprétations erronées et surtout les utilisations inutiles en rappelant la faible sensibilité de ces dispositifs, à l’origine de nombreux faux négatifs. De nature à rassurer faussement le patient, ils peuvent autoriser des comportements pourtant à risque de contamination d’autrui et provoquer, à l’inverse de l’objectif souhaité, une augmentation de la propagation virale. »

L’ONP, l’ANPEF, la FSPF, l’UDGPO et l’UPSO se sont fendus d’un communiqué commun pour protester contre une mesure incompréhensible, risquée et prise sans concertation.

« Un autotest n’est pas un passeport pour la vie en société, l’interprétation du résultat varie en fonction de la situation de la personne symptomatique, contact ou cherchant simplement un geste barrière supplémentaire avant un repas de famille. Les autotests ne doivent pas être confondus avec les tests de dépistage, car ils ne permettent pas le traçage et le criblage. Faire cette confusion est une erreur. »

« Pour la première fois depuis que la pandémie a touché notre pays, le Gouvernement prend une décision sans aucune concertation avec les professionnels de Santé ni stratégie définie ; alors même qu’une conférence de presse était censée expliquer les décisions du conseil de défense sanitaire à la population.

Nous attendons du Gouvernement une clarification immédiate et une stratégie pour que les patients symptomatiques et contacts n’échappent pas, par l’utilisation d’autotests, au suivi de l’épidémie. »

Selon l’entreprise d’analyse de données IRI, entre 1,5 et 2 millions d’autotests de dépistage ont ainsi été vendus entre le 28 décembre et le 2 janvier, dans les GMS. Ce qui correspond à un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros.

Dans le JDD, Gilles Bonnefond, porte-parole de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) rapportait le 25 décembre que 58 % des pharmacies étaient en rupture de stock. Elles venaient de vendre en 10 jours autant d’autotests qu’au cours des 5 derniers mois, soit environ 6 millions d’unités.

Crédit photo : DepositPhotos

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