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Omicron : les premiers enseignements de la situation à Londres sont encourageants

illustrationEn dépit d’un nombre impressionnant de contaminations par le variant Omicron, le nombre de lits de réanimation occupés par les cas de Covid-19 a peu augmenté dans la capitale anglaise.

Londres est la première mégapole européenne à avoir été touchée par le variant Omicron. Sa situation épidémiologique nous donne probablement un aperçu réaliste de celle que pourrait connaitre la France d’ici une quinzaine de jours. Les premiers enseignements sont pour le moins encourageants.

Le pic des contaminations pourrait avoir été atteint le 23 décembre avec 26 000 tests positifs quotidiens. 21 854 tests sont revenus positifs le 6 janvier.

Source : https://twitter.com/pieterstreicher/status/1479134716955668482

 

La courbe des admissions hospitalières a atteint son sommet le 31 décembre avec 4,6/100 000 habitants. Elle amorce une pente descendante. Le taux d’occupation des lits hospitaliers est probablement à son plus haut le 6 janvier avec 34/100 000 habitants. 4053 personnes sont hospitalisées à Londres avec une infection à SARS COV 2 contre 3477 le 30 décembre 2021.

 

Source : https://twitter.com/pieterstreicher/status/1479134716955668482

 

Environ 30 % de ces hospitalisations ne seraient pas liées à la Covid-19, mais coïncideraient avec une infection asymptomatique du SARS-COV-2. En d’autres termes ces personnes ne sont pas hospitalisées pour une pneumonie causée par le coronavirus, mais pour une autre raison. Ce qui change bien évidemment la donne en ce qui concerne la lourdeur de la prise en charge.

Source : https://twitter.com/VictimOfMaths/status/1476870710182166533

 

Le nombre de lits de réanimation occupés pour Covid-19 a peu augmenté dans la région londonienne.

Pour preuve, si le nombre de patients hospitalisés est passé de 1000 fin novembre à 3400 le 31/12, le nombre de lits en soins intensifs est passé dans le même intervalle de temps de 175 à 225. La proportion de patients sous ventilation mécanique dans la capitale anglaise est passée d’environ 20 % pendant l’été et l’automne à moins de 8 % aujourd’hui.

Source : https://twitter.com/pieterstreicher/status/1479134716955668482

En dépit d'une population plus agée et plus vaccinée, la situation londonienne semble proche de celle de la province de Gauteng en Afrique du Sud.

Le profil des différentes vagues de Sars-Cov-2 à Londres plaide en faveur d'une moindre sévérité à chaque mutation.

L’agence britannique de sécurité sanitaire UKHSA a publié le 31/12/2021 une étude qui s’appuie sur les données du NHS et qui estime que :

  • le risque de présentation aux urgences ou d’admission à l’hôpital avec Omicron était environ deux fois moins élevé que celui de Delta
  • le risque d’admission à l’hôpital à partir des services d’urgence avec Omicron était environ un tiers de celui de Delta (Hazard Ratio 0,33, IC 95 % : 0,30 à 0.37).

Elle établit en outre une efficacité vaccinale contre les risques d’hospitalisations à 65 % avec 2 doses et 81 % avec 3.

Mise à jour du 07/01 

L’UKHSA vient de publier le 7 janvier une étude sur l’efficacité des vaccins sur les plus de 65 ans. L'échantillon est limité à 98 hospitalisations.

Les données montrent qu’environ 3 mois après avoir reçu la 3e dose, la protection contre l’hospitalisation chez les personnes âgées de 65 ans et plus reste d’environ 90 % contre le variant Omicron.

Avec seulement deux doses de vaccin, l’efficacité vaccinale contre les formes modérées à grave passe à environ 70 % après 3 mois et à 50 % après 6 mois.

La protection contre les formes symptomatiques est d’environ 70 % entre 2 et 4 semaines après la 3e dose de vaccin à ARNm avant de chuter à 57 % entre 5 et 9 semaines.

Délais

Odds ratio contre les formes symptomatiques (IC 95% )

HR contre les hospitalisations (IC 95%)

Efficacité des vaccins contre les hospitalisations (IC 95% )

2 à 9 semaines

0.51 (0.43-0.6)

0.11 (0.06-0.21)

94% (89-97)

10 semaines et plus

0.72 (0.61-0.85)

0.15 (0.08-0.27)

89% (80-95)

Si la situation épidémiologique à Londres est indéniablement porteuse d’espoir, elle doit néanmoins être interprétée avec la plus grande prudence.

Les analyses statistiques ne tiennent pas encore compte des facteurs de comorbidités et on sait qu’Omicron touche pour le moment des patients plus jeunes et/ou qui ont développé une immunité vaccinale ou infectieuse et qui sont de ce fait moins à risque de développer une forme grave. La sévérité clinique intrinsèque du variant Omicron reste encore à ce jour difficilement évaluable notamment sur les personnes avec un système immunitaire naïf face au SARS-COV-2.

Enfin, même si une moindre virulence du variant Omicron tend à se confirmer, sa forte contagiosité ne manquera pas de mettre sur les professionnels de santé épuisés par deux années de crise sanitaire une pression forte pendant plusieurs longues semaines.

 

Sur le sujet : Omicron ou B.1.1.529 : le point sur le nouveau variant « préoccupant » du Coronavirus SARS-COV-2

 

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