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Chaque heure, les professionnels de santé posent 49 diagnostics de tuberculose et 7 personnes meurent de cette maladie. Les systèmes de santé ne parviennent-ils donc pas à les sauver ?

Les systèmes de santé de bon nombre de pays de la Région européenne del’OMS peinent à répondre aux besoins des patients atteints detuberculose. À cause de contraintes budgétaires et d’un manqued’effectifs, ils ne peuvent garantir une surveillance adéquate dessouches multirésistantes et ultrarésistantes et lutter efficacementcontre celles-ci.

Selon le tout dernier rapport de l’OMS sur la situation de latuberculose dans le monde, et bien que la majorité des pays de laRégion aient réussi à réduire l’incidence de la maladie, les taux detuberculose multirésistante et ultrarésistante ont enregistré une trèsforte hausse ces dix dernières années. Si les services de santé doiventrépondre à davantage de demandes, leurs ressources n’ont pas augmentépour autant.À la veille de la Journée mondiale de lutte contrela tuberculose, célébrée le 24 mars, le directeur régional de l'OMSpour l'Europe, le docteur Marc Danzon, déclare : « Au cours de cesdernières décennies, nous avons consacré énormément d’efforts et deressources à la lutte contre la tuberculose. En même temps, nous avonstous été incapables de limiter le nombre de rechutes de la maladie etde veiller à ce que les systèmes de santé puissent garantir le choix etl’application des doses appropriées de traitement pendant la périodenécessaire. Souvent, nous n’accordons pas suffisamment d’attention à lamanière dont les systèmes de santé peuvent s’attaquer au problème dessouches pharmacorésistantes. Il est temps maintenant de prendre desmesures décisives ! »En 2006, environ 9,2 millions de nouveauxcas et 1,7 million de décès dus à la tuberculose ont été signalés dansle monde, 433 261 de ces nouveaux cas et 62 197 de ces décès survenantd'ailleurs dans la Région européenne de l’OMS (soit 49 nouveaux cas et7 décès par heure).

Selon des données publiées récemment à cesujet, l’OMS estime à 490 000 le nombre de cas de tuberculosemultirésistante et à 40 000 le nombre de cas de tuberculoseultrarésistante déclarés chaque année dans le monde.1 Des 14 zones dumonde les plus affectées par les souches multirésistantes, 12 sesituent dans la partie orientale de la Région européenne de l’OMS. Laproportion de tuberculose ultrarésistante, dont le traitement estencore plus difficile, plus long et plus onéreux, oscille de 4 % del’ensemble des nouveaux cas de tuberculose multirésistante nouvellementdiagnostiqués en Arménie, à près de 24 % en Estonie. Certaines régionsd’Azerbaïdjan, de Moldova et d’Ukraine présentent également despourcentages élevés (22,3 %, 19,4 % et 16 %, respectivement).Lalutte contre les souches pharmacorésistantes pose de véritables défisaux systèmes de santé de la Région européenne. Des solutions doiventêtre sérieusement envisagées et appliquées partout dans la Région,puisque des cas de tuberculose multirésistante et ultrarésistante ontété aussi signalés dans les pays d’Europe occidentale. Presque tous lesÉtats membres de la Région ont entrepris une réforme de leur système desanté afin de développer leur capacité d’intervention en cas derésurgence de maladies telles que la tuberculose.

« Dessystèmes de santé robustes, assortis de réseaux de laboratoires, demécanismes de distribution de médicaments et de capacités de ressourceshumaines renforcés, ainsi que des services spécialisés de qualitéintégrés dans les soins de santé primaire sont plus à même de mettre enœuvre des stratégies de lutte antituberculeuse bien conçues etd’aboutir à des résultats probants, » déclare le docteur Nata Menabde,directeur adjoint régional de l'OMS pour l'Europe.En Europeoccidentale, les systèmes de santé doivent lutter contre la tuberculosechez les groupes marginalisés et socialement défavorisés qui viventdans les poches de pauvreté de nombreuses grandes villes, ainsi quechez les demandeurs d’asile et les travailleurs immigrés. Les paysd’Europe orientale connaissent le même problème ; en outre, lacollaboration insuffisante entre les partenaires (tels que les servicesde soins de santé primaires et spécialisés, dont ceux prenant en chargele VIH/sida et la santé en milieu carcéral) porte préjudice à la lutteantituberculeuse.Faire des systèmes de santé une prioritéd’ordre politique et prendre en compte leur contribution à la santé, àl'économie et, finalement, au bien-être social figurent parmi lesprincipaux objectifs de la Conférence ministérielle européenne de l’OMSsur les systèmes de santé : « Systèmes de santé, santé et prospérité »,organisée à Tallinn (Estonie) du 25 au 27 juin 2008. Ces objectifs sontintimement liés à la capacité même des sociétés européennes à résoudredes problèmes comme celui de la tuberculose pharmacorésistante.

Plan européen de l’OMS « Halte à la tuberculose »

L’anpassé, le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe a lancé le plan «Halte à la tuberculose » 2007-2015 dans 18 pays hautement prioritairesde la Région. Les pays concernés sont les suivants : Arménie,Azerbaïdjan, Bélarus, Bulgarie, Estonie, Fédération de Russie, Géorgie,Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Moldova, Ouzbékistan,Roumanie, Tadjikistan, Turkménistan, Turquie et Ukraine. Le coût totalpour la mise en œuvre du Plan se chiffre à 14,8 milliards de dollarsdes États-Unis, avec un déficit de financement estimé à 8 milliards dedollars.

Davantage d’informations sur la tuberculose

  • Latuberculose est une maladie contagieuse qui se propage dansl’atmosphère ; si aucun traitement n’est administré, toute personneatteinte de tuberculose active infecte, en moyenne, 10 à 15 autrespersonnes chaque année.
  • Une personne sur dix infectée pardes bacilles de la tuberculose sera atteinte de tuberculose active aucours de son existence. Les personnes infectées au VIH sont exposées àdavantage de risques.
  • La tuberculose est une maladie liée à la pauvreté et affecte surtout les jeunes adultes dans leurs années les plus productives.
  • Unmauvais traitement peut donner lieu au développement des souchesmultirésistantes et ultrarésistantes, une situation que peut survenir,par exemple, lorsque la combinaison nécessaire de médicaments, leurdose et la durée de traitement ne sont ni choisies ni appliquées demanière appropriée.
  • Le traitement des souchesmultirésistantes et ultrarésistantes peut être jusqu’à 100 fois pluscher qu’un traitement normal. En effet, les médicaments nécessairessont plus onéreux et les soins peuvent se prolonger sur deux ans avecdavantage de risques d'effets secondaires ; en outre, le traitement dessouches bactériennes devenues résistantes aux médicaments présentant lemeilleur rapport coût-efficacité peut être extrêmement difficile.

Lutte antituberculeuse : objectifs

L’Assembléemondiale de la santé avait demandé pour 2005 le dépistage d’au moins 70% des cas de tuberculose à frottis d’expectoration positifs(c’est-à-dire, infectieux) et le traitement avec succès de 85 % des casdépistés. De par le monde, 26 pays ont atteint cet objectif, et lesautres poursuivent leurs efforts dans ce sens.Dans le cadre desobjectifs du Millénaire pour le développement, il est demandé aux paysde stopper la propagation de la tuberculose et de commencer à inverserla tendance d’ici à 2015. La cible associée au partenariat « Halte à latuberculose » vise à réduire la prévalence et la mortalité de moitiépar rapport à 1990. Ce partenariat a pour objectif l’éradication de latuberculose en tant que problème de santé publique d’ici 2050.

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