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Le Gemme s’inscrit en faux avec les conclusions de l’étude de la CNAM et s’alarme de l’absence de volonté politique

Le Gemme analyse les résultats publiés ce jour par la CNAM dans son point d’information sur les dépenses de médicaments. En effet, les conclusions sur le prix des médicaments génériques ne concordent pas avec celles présentées par le Gemme.

L’étude du Gemme a été réalisée et analysée par M. Philippe Février, statisticien, Directeur du Laboratoire d’Economie Industrielle du CREST et Professeur à l’école Polytechnique et à l’ENSAE,  afin d’obtenir des résultats non biaisés et robustes.Le Gemme rappelle que les comparaisons internationales sont complexes, voir inopérantes, du fait des particularités des systèmes de santé, de l’hétérogénéité de l’offre de médicaments et des pratiques médicales spécifiques à chaque pays. Ces spécificités peuvent par exemple conduire à l’usage de dosage unitaire ou de posologie largement différents d’un pays à un autre. Toute comparaison doit prendre en compte l’ensemble de ces différents facteurs.Il semble que la méthode utilisée par la CNAM ne tienne compte ni des biais de composition ni des biais de sélection et se limite à une analyse sur les moyennes sans tenir compte de la spécificité de l’offre inhérente au marché français. A ce jour, le répertoire comprend 270 molécules. La CNAM n’en analyse que 74 au motif que la part d’assortiment n’a pas d’équivalent en Europe. Conscient de cette limite, le Gemme avait opté pour une étude économétrique robuste. Cette étude a été présentée et challengée par les autorités ; elle a été reconnue comme référence pour sa qualité et sa rigueur.Le Gemme s’inscrit en faux avec les résultats de l’étude CNAM et rappelle que les prix des médicaments français sont inférieurs à la moyenne européenne.L’ensemble des rapports (rapport de la Cour des Comptes sur la Sécurité Sociale de 2011, comptes nationaux de la Santé..) s’accordent à reconnaître l’importance du médicament générique dans les économies de santé et à conclure que la difficulté réside dans la structure de la consommation française de médicaments. Le Gemme s’étonne de l’entêtement des pouvoirs publics à ne vouloir agir que sur la composante économique alors que chacun s’accorde à dire qu’il y a une insuffisance de la prescription des médecins dans le périmètre concurrentiel et qu’une campagne de communication ambitieuse auprès de l’ensemble des acteurs est indispensable.Le Gemme s’alarme de toute pression supplémentaire sur le prix des médicaments génériques : elle aurait des répercussions préjudiciables tant sur le développement des économies que sur le tissu industriel. Elle irait à l’encontre des mesures CSIS qui favorisent une production nationale. Ex : Olanzapine.La mise en concurrence a en effet gravement fragilisé l’outil industriel des pays qui ont choisi ce mode de fixation des prix. L’impact économique de telles mesures en a été largement atténué.Le Gemme soutient les conclusions de la CNAM qui reconnait dans le médicament générique un levier majeur pour optimiser les dépenses de santé.Pour bénéficier du rendement maximum du développement du générique, il convient de mettre rapidement en œuvre une politique dynamique avec des mesures incitatives auprès de l’ensemble des acteurs de santé et de faire respecter les lois déjà votées :-    Application de la règlementation sur la mention « non substituable » en exigeant que les exceptions pour des raisons médicales tenant au patient soient justifiées auprès du médecin conseil  (article R 5125-54 du CSP)-    Elargissement du répertoire aux sprays et antiasthmatiques, aux spécialités identiques qualitativement ou quantitativement, d’origine végétale et minérale, après avis de l’Afssaps-    Respect de l’obligation de prescription en DCI dans le répertoire (article  L 5125 -23  du CSP) -    Augmentation de la prescription au sein du répertoire en développant le P4P ou un budget de prescription individuel.Enfin le Gemme rappelle que le modèle est unique. Il permet de concilier efficience et richesse économique, liée à une production majoritairement française à 55% et européenne à 95%, tout en participant considérablement à l’économie de l’officine et au maintien du maillage officinal français, garant de la proximité des soins de santé.  Le Gemme s’étonne qu’aucune mesure faisant respecter au corps médical ses obligations ne soit proposée par la CNAM.En effet : -    1%  de baisse de prix = 27 millions € d’économies-    1% de prescription en plus dans le répertoire = 106 millions € d’économies

Descripteur MESH : Médicaments génériques , Santé , Répertoire , Économies , Antiasthmatiques , Biais de sélection , Communication , Corps médical , Dépenses de santé , Europe , Médecins , Politique , Pression , Sécurité , Sécurité sociale , Soins

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