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Hépatite C : vers une prise en charge des cas les plus simples par les médecins généralistes et les soignants

illustrationDeux événements concomitants laissent entrevoir une petite révolution dans la prise en charge de l'hépatite C. Les nouvelles recommandations de l'association française d'étude du foie (AFEF) et la disponibilité en pharmacie d'officine des antiviraux à action directe de dernière génération pourraient ouvrir la voie à une prise en charge par les médecins généralistes des cas les plus simples d'infection par le virus de l'hépatite C.

Après la fin des réunions de concertation pluridisciplinaire obligatoire en 2017, un nouveau pas vient d'être franchi en direction du traitement universel des cas d'hépatite C avec les nouvelles recommandations de l'AFEF qui préconise d'ouvrir le diagnostic et le suivi des cas les plus simples à tous les médecins et notamment aux médecins généralistes. Ce serait donc la fin du suivi obligatoire de tous les cas par les gastro-entérologues et infectiologues.

L'AFEF a codifié un parcours de soins dit simplifié pour les patients qui ne sont ni insuffisants rénaux sévères, ni alcooliques, ni co-infectés par le VIH et/ou le VHB, naïf de traitement antiviral VHC antérieur et ne souffrant pas de maladie hépatique sévère.
Pour écarter le diagnostic de maladie hépatique sévère, le résultat d’une des méthodes suivantes doit être utilisé :
• FibroScan® < 10 kPa (A)
• Fibrotest® ≤ 0,58 (AE)
• Fibromètre® ≤ 0,786 (AE).

Après l'étude des interactions médicamenteuses sur un site Internet dédié, les généralistes pourraient prescrire l'un des deux traitements pangénotypiques : l'Epclusa® (Sofosbuvir Velpatasvir) pendant 12 semaines (A) ou le Maviret® (Glecaprevir Pibrentasvir) pendant 8 semaines puis mesurer la charge virale 12 semaines après l'arrêt du traitement pour établir ou non la fin de l'infection par le VHC et donc la guérison.

L'AFEF précise que les consultations de suivi visant à évaluer la tolérance, l’observance et les interactions médicamenteuses pendant le traitement deviendraient pour ces cas optionnelles. En cas de nécessité, elles pourraient être effectuées par du personnel non médical dans le cadre de parcours de soins coordonnés.

Après la mise sur le marché du Marivet début mars, c'est au tour du Laboratoire Gilead d'annoncer le 15 mars son accord avec le comité économique des produits de santé (CEPS). Cet accord prévoit :
- une mise à disposition dans les pharmacies d'officine de l’ensemble des traitements de l’Hépatite C de Gilead - Sovaldi®, Harvoni®, Epclusa® et du nouveau traitement Vosevi®.
- Une baisse du prix de l'Epclusa® de 33%
- un alignement des prix de tous les traitements sur celui du Marivet à savoir 28 700 €, la cure complète.

Il ne reste plus qu'à entériner le droit de prescription pour tous les médecins pour que ce nouveau parcours de soins simplifié puisse être mis en œuvre, ce qui pourrait intervenir d'ici la fin du mois.


« Gilead est fier d’annoncer la mise à disposition de tous ses traitements, et notamment le dernier d’entre eux, Vosevi®, dans les pharmacies de ville et les hôpitaux. L’enjeu aujourd’hui est l’éradication du virus en France, et nous devons tous nous engager pour encourager le dépistage et rendre les traitements toujours plus accessibles aux patients. Il appartient maintenant aux pouvoirs publics de mettre en œuvre des mesures décisives pour  rendre possible l’éradication de l’Hépatite C dans notre pays », déclare Michel Joly, Président de Gilead France.

 

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