Pénurie de kinésithérapeutes à l’hôpital : 3000 postes à pourvoir selon l’ordre

illustrationSelon une enquête menée par le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (Cnomk), plus de 3 000 postes de masseurs-kinésithérapeutes salariés ne seraient pas pourvus dans les établissements de santé en 2018. Le manque d’attractivité du statut de la fonction hospitalière et le niveau de salaire sont pointés du doigt.

Sauvons la kinésithérapie salariée, tel était le thème choisi cette année pour le colloque du Conseil national du CNOMK qui était organisé le 11 octobre dernier à PARIS et auquel ont participé 300 personnes.

Si la profession compte 86 963 kinésithérapeutes, ils ne sont que 15 % environ à opter pour le salariat. Les femmes sont presque deux fois plus nombreuses à choisir ce statut que les hommes.

Le CNOMK a révélé les résultats d’une enquête menée sur les postes de kinésithérapeutes non pourvus à l’hôpital. Il en ressort que, si les 3 820 établissements qui emploient au moins un kinésithérapeute ont budgété 20 246 postes équivalents temps plein de masseurs-kinésithérapeutes, seuls 17 156 ont été pourvus, ce qui porte le nombre de postes non pourvus à 3090. Ce déficit pourrait doubler d’ici 2023 si la tendance actuelle se poursuit avec vieillissement de la profession et les prochains départs à la retraite.

Pour obtenir ces résultats, le CNOMK a sélectionné au hasard 567 établissements de santé et obtenu 240 réponses complètes à leur questionnaire. Les données obtenues ont ensuite été extrapolées à l’ensemble des 3820 établissements.

Une rémunération pas au niveau

Pour expliquer ce manque d’attractivité du salariat, les intervenants ont mis d’abord en avant un écart de rémunération trop important avec l’exercice libéral.

En effet, même si les salaires à l’hôpital ont été revalorisés en 2017, en début de carrière, un kiné peut espérer gagner 1746 € bruts par mois soit moins de 1400 € net.  Ceux qui sont promus dans la classe supérieure peuvent espérer gagner selon la grille de salaire de la fonction publique hospitalière 2769 € brut soit environ 2200 € nets.

Du côté des libéraux, les 31 586 kinés membres d’une association de gestion agréé ont déclaré en 2017 en moyenne 77 934 € d’honoraires pour 40 970 € bénéfices annuels soit un peu plus de 3400 € par mois. Ce qui représente un écart de plus de 50 %.

Par ailleurs, avec environ 1500 € de salaire en début de carrière, il devient difficile pour les kinés qui commencent leur vie professionnelle avec des emprunts souscrits pour financer leur étude de se remettre à flot financièrement. C’est donc logiquement que même ceux qui étaient plus enclins à opter pour le salariat finissent par se tourner vers l’exercice libéral.

L’ordre milite pour un statut plus souple

Pour rendre plus attractif le statut hospitalier, le CNOMK revendique plus de souplesse et propose un exercice mixte libéral / salarié. Ainsi, à l’image de ce que prévoit le plan santé 2022 pour les médecins généralistes, une solution pour améliorer l’attractivité de l’hôpital consiste à autoriser les kinés salariés à développer à l’hôpital à une activité libérale complémentaire aux heures où les plateaux techniques sont souvent fermés.

Autre piste évoquée, le déplafonnement des heures supplémentaires comme cela se pratique déjà pour les IBODE.

« Permettre à ces plateaux techniques, qui souvent, à 16 h 30, sont vides, de pouvoir accueillir tous ces patients, répondrait en plus, à une vraie problématique de santé publique, donc finalement, c’est quelque chose qui serait gagnant-gagnant. » selon les propos de Isabelle Aboustait-Arnould, directrice des soins à l’AP-HP rapportés par APMnews

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