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#COVID19 : le manque de masques perdure et le rationnement s’organise

illustrationLors d’une conférence de presse samedi 21 mars, le ministre de la Santé a fait le point sur les stocks d’État de masques chirurgicaux et de masque FFP2. Il a également précisé les modalités de distribution qui seraient mises en œuvre lors des 15 prochains jours. Les infirmiers et médecins libéraux devront se contenter de 18 masques par semaine.

Selon Olivier Véran, les stocks d’État seraient constitués de 81 millions de masques chirurgicaux et de 5 millions de FFP2. 70 millions de masques auraient été distribués depuis le mois de février.

S’il a estimé les besoins en masques à un minimum de 24 millions par semaine, il a révélé que les moyens de production actuels permettaient de livrer environ 6 millions de masques de façon hebdomadaire. Cette capacité devrait être portée à 8 millions début avril dont 4 millions de masques FFP2.

Pour pallier la faiblesse des moyens de production, de nouvelles alternatives sont étudiées.

Selon le ministre de la Santé, le Président Macron aurait missionné le ministère de la Défense et celui de l’économie afin d’identifier des alternatives crédibles pour identifier de nouveaux moyens de production ou de nouveaux modèles de protection. 40 nouveaux prototypes seraient ainsi étudiés.

Par ailleurs, 250 millions de masques auraient été commandés et devraient être livrés dans les prochaines semaines. Sans plus de précisions.

Le 16 mars la porte-parole du Gouvernement, Sibeth Ndiaye, confessait par ailleurs des difficultés logistiques et une gestion « parcimonieuse »

« Il y a eu quelques difficultés logistiques, mais les masques arrivent dans les pharmacies depuis hier. Nous avons mis sous tension notre appareil de production qui n’a pas des capacités extensives. C’est pour cela que nous avons une gestion parcimonieuse de ces masques avec priorité absolue aux soignants »

Un rationnement qui limite à 18 le nombre hebdomadaire de masques dévolus aux médecins et infirmiers libéraux

Voici, dans le détail, le quota de masques pour chaque profession habilitée à en recevoir.

Médecins, infirmiers et biologistes libéraux

18 masques par semaine par professionnel dont une quantité de masques FFP2 indéterminée à ce jour

Pharmaciens d’officine

18 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel

kinésithérapeutes

6 masques par semaine et par professionnel, dont une quantité de masques FFP2 indéterminée à ce jour

Sages-femmes

6 masques chirurgicaux par semaine, à utiliser pour le suivi des femmes enceintes positives au COVID-19

Prestataires de services et les distributeurs de matériels médicaux

50 masques par semaine par entreprise

Auxiliaires de vie et les personnels du soin à domicile

9 masques chirurgicaux par semaine et par professionnel

EHPAD et les structures médicosociales

5 masques chirurgicaux par lit et par semaine

Services d’hospitalisation à domicile

100 masques par semaine et par structure

Transporteurs sanitaires et les centres de secours

50 masques chirurgicaux par semaine

La protection des personnels des autres secteurs d’activité en contact avec le public comme la distribution de produits alimentaires ou les forces de police sera traitée mardi 24 mars lors du conseil scientifique du Président de la République.

L’état et les régions en appellent aux dons

Après le directeur général de la santé dans la semaine, c’est au tour des ARS et des régions de lancer un appel aux dons pour pallier les manques de moyens de protection.

Président d’une des régions les plus touchées, Jean Rottner, ex-chef des urgences de l’hôpital de Mulhouse s’est résolu à lancer un appel aux dons sur twitter pour répondre aux besoins de la région Grand Est.

 « Vingt-quatre heures plus tard, on avait 350 000 masques sortis des entreprises et ça continue d’arriver ».

Les services de l’État en Occitanie et l’Agence régionale de santé on fait de même le lendemain en sollicitant les entreprises et les particuliers qui auraient plus de 500 masques en stock.

« Nous déplorons l'impréparation des gouvernements, entre la décision irresponsable de ne plus stocker de masque FFP2 , et le fait d'attendre fin février pour se décider enfin à en commander en urgence. Agnès Buzyn nous a fait perdre deux mois », a dénoncé le porte-parole du syndicat infirmier SNPI, Thierry Amouroux.

 

Roselyne Bachelot réhabilitée ?

Au moment de la grippe H1N1, un stock d’un milliard de masques chirurgicaux et près de 700 millions de masques FPP2 avait été constitué par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé du Président Chirac.

 « À l’époque, on m’avait reproché d’en avoir acheté beaucoup trop, mais je vous assure qu’en cas de pandémie, 1 milliard de masques, ce n’est pas du luxe », constate Roselyne Bachelot pour RTL.

Pour elle, c’est entre 10 et 20 millions de masques qui sont chaque jour nécessaires pour faire face efficacement à la crise. Elle précise que maintenir à niveau les stocks qu’elle avait constitués représentait un budget de 281 millions d’euros par an.  

281 millions d’euros, c’est environ un millième des dépenses de santé en France. En d’autres termes, c’est un budget somme toute modeste, toute proportion gardée, pour assurer la protection des soignants et par extension de la population face au risque d’épidémie de virus respiratoires, pourtant déjà clairement identifié.

Mais c’est un budget que les gouvernements successifs depuis 10 ans n’ont pas jugé bon de sanctuariser, trop occupés à réaliser des économies sur le dos des soignants tant libéraux qu’hospitaliers et du secteur de la santé en général.

Dimanche ils étaient 2 soignants, sinon 3 à avoir payé cette économie modeste au prix fort : celui de leur vie. Ils seront hélas probablement bien plus nombreux dans les semaines qui viennent.

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