Le mépris des compétences infirmières ralentit la vaccination covid19

illustrationLes organisations infirmières du secteur salarié ou libéral, de l’éducation nationale, du métier socle des spécialités ou de la pratique avancée, s’insurgent contre le refus d’utiliser pleinement les compétences infirmières récentes pour la vaccination anti-covid avec la décision de donner le droit de prescription aux pharmaciens, mais pas aux infirmiers.

Les infirmiers sont au cœur de la crise depuis le début, malgré le manque d’équipement, d’effectifs, le risque d’être eux-mêmes et leurs familles contaminées. Nous avons toujours répondu positivement et avec une grande réactivité à l’ensemble des sollicitations, plus particulièrement au cours de l’année écoulée et probablement pour plusieurs mois encore, en raison de la pandémie, mais aussi du fait des failles institutionnelles et structurelles ainsi que du manque d’écoute à notre égard.

Aujourd’hui le gouvernement écarte la seule profession dont c’est réellement le métier. Outre le geste qui se résume en l’administration par voie intra musculaire du dit vaccin, se pose la question de l’éligibilité du patient, de sa surveillance, de l’anticipation et de la gestion des ses réactions humaines et physiologiques à la vaccination. Les infirmiers peuvent déjà effectuer certaines vaccinations, sans prescription médicale (Article L4311-1 du CSP). Ils pratiquent ainsi chaque année l’injection du vaccin antigrippal pour un nombre considérable de personnes (Article R4311-5-1 du CSP).

Pour la technostructure, cela peut se réaliser dans l’arrière-boutique d’une officine, au milieu des cartons alors que la pharmacie est pleine de clients….

Pour rappel, les infirmiers ont la spécificité d’être formés aux gestes d’urgence, à savoir reconnaître et anticiper les réactions allergiques du patient à la fois de par leur cursus, mais également par empirisme, car rappelons-le, ils sont, du fait de leur proximité, souvent le premier recours en cas de détresse vitale d’un patient. Nous sommes également les plus nombreux sur le terrain et auprès des patients. Utilisons les bonnes compétences au bon endroit. Cessons ce gaspillage des ressources humaines.

Si nous assumons vos sur sollicitations que ce soit en ville, dans les cliniques, les hôpitaux et sur l’ensemble de nos exercices nous ne pouvons plus supporter de n’être pas considérés à notre juste valeur, qu’il soit donné aux pharmaciens ce qui est l’essence même de notre profession et de notre rôle : la prévention, l’éducation, la surveillance et surtout le raisonnement clinique.

Imaginez, Monsieur le Ministre, ce que nous pourrions avoir comme couverture vaccinale si vous nous laissiez le droit de prescrire ce vaccin ! Alors que dans les autres pays ce sont les infirmiers qui œuvrent sur le plan vaccinal à toutes les étapes de la vie du patient.

L’exception Française : c’est qu’on est en France moins bien vacciné que dans les autres pays, que les infirmiers et infirmières sont jour après jour bafoués et désavoués dans leur rôle. Résultat : la 6e puissance mondiale est le 48e pays en pourcentage de population vaccinée ! Les 600 000 infirmières de France doivent pouvoir vacciner en autonomie pour répondre aux besoins de la population ! Les

140 000 infirmiers libéraux sont les derniers professionnels de santé à se rendre au quotidien au domicile des patients, mais ils ne peuvent pas vacciner sans ordonnance médicale ?

Parallèlement des patients âgés et fragiles se voient rembourser des transports sanitaires pour se rendre dans des centres de vaccination. Finalement, tout s’explique, les infirmiers en France sont moins considérés, moins rémunérés, voient leur rôle diminuer et de ce fait le système de santé s’en trouve altéré.

Alors que le Premier ministre appelait avec emphase il y a quelques jours à la mobilisation générale nous parlant d’une course contre la montre pour la vaccination, on nous demande de rentrer à la maison. La désorganisation est la plus totale et la politique vaccinale se fait au doigt mouillé. Cela fait de nous des cancres de la vaccination. La France, 6e puissance mondiale, est bien loin derrière le Maroc, le Chili, la Serbie, le Portugal, la Roumanie, etc. Il faut un retour rapide au bon sens : écouter les soignants, changer le logiciel de l’administration de la santé. L’urgence est à l’abrogation de cette décision inepte de la DGS si l’on ne veut pas que la colère, l’écœurement et in fine la démotivation des infirmières aient de lourdes conséquences.

Académie des Sciences Infirmières

Association des Enseignants des Écoles d’Infirmiers de Bloc Opératoire

Association Française des Infirmières de Cancérologie 

Association des Infirmiers Libéraux du Bassin Alésien 

Association catalane d’infirmières cliniciennes et de consultation

Association de Promotion de la Profession Infirmière 

Collège Infirmier Français

Collectif Inter Blocs

Comité d’Entente des Ecoles Préparant aux Métiers de l’Enfance 

Convergence Infirmière

Coordination Nationale Infirmière

Fédération Nationale des Infirmiers 

Descripteur MESH : Infirmiers , Vaccination , Pharmaciens , France , Santé , Patients , Rôle , Personnes , Portugal , Serbie , Roumanie , Chili , Maroc , Hôpitaux , Population , Logiciel , Empirisme , Vie , Transports , Politique , Gouvernement , Pharmacie , Colère , Gestes , Risque

2 réaction(s) à l'article Le mépris des compétences infirmières ralentit la vaccination covid19

  • MyPassion

    dominique cristofaro| mardi 23 mars 2021- REPONDRE

    bon article , j ai insisté auprès de ma cpam pour que l infirmière libérale dans ma structure vaccine en ma présence, en fait il lui manquait le logiciel de vaccination qui a été installé et fonctionne avec sa cps.
    il suffit de peu
  • MyPassion

    David Tchedre| mardi 23 mars 2021- REPONDRE

    A 100% avec vous. Les infirmiers et infirmières sont en première ligne de ce combat alors ne pas leurs donner les armes adéquates.
    C'est une politique d'autruche avec la peur d'exposer ses faiblesses "on ne sait pas gérer cette pandémie".

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