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Téléconsultation 2025 : la santé mentale tire l’activité, l’État affine la feuille de route 2026-2028

Téléconsultation 2025 : la santé mentale tire l’activité, l’État affine la feuille de route 2026-2028 Publiée le 27 janvier 2026, la sixième étude annuelle de Medaviz dresse, à partir des usages de 13 900 praticiens inscrits et utilisateurs, le portrait d’une téléconsultation devenue routine, mais très inégalement investie selon les spécialités.[1] Au même moment, la restitution des Assises de la télémédecine et l’annonce d’une feuille de route 2026-2028 confirment la volonté de l’État d’encadrer plus finement les pratiques, après la reprise observée en 2024 dans les données de facturation nationales.[2]

À retenir (lecture rapide)

– La santé mentale domine l’activité sur Medaviz : psychologues et psychiatres totalisent 25,9 % des téléconsultations de la plateforme.[1]

– Les consultations à distance durent en moyenne 25 minutes en santé mentale, contre 11 minutes en médecine générale.[1]

– Les données nationales comptabilisent 13,9 millions de téléconsultations en 2024, soit près de 20 % de hausse sur un an.[2]

– La feuille de route 2026-2028 visera à renforcer la qualité, limiter les dérives et développer compétences et usages ciblés.[3]

Santé mentale : une intensité d’usage qui dépasse la représentation des inscrits

Dans son article daté du 27 janvier 2026, Medaviz précise que son étude s’appuie sur les données « recueillies auprès de ses 13 900 praticiens inscrits et utilisateurs » en France métropolitaine et en Outre-mer, avec « 1 100 praticiens inscrits en 2025 ».[1] L’entreprise insiste sur un point méthodologique : la structure des inscrits ne traduit pas mécaniquement la réalité de l’activité.

Ce décalage apparaît nettement lorsqu’on compare la composition de la base et l’intensité d’usage. Les médecins généralistes sont les plus représentés parmi les inscrits (35,4 %), devant les sages-femmes (22,4 %), les anesthésistes (10,6 %) et les psychologues et psychiatres (10,5 %).[1] Mais la hiérarchie se renverse lorsque l’on observe la part d’activité : « les psychologues et psychiatres sont les plus actifs (25,9%) suivis de près par les médecins généralistes (24,6%) et les anesthésistes (24%). »[1]

La santé mentale se distingue aussi par le temps clinique mobilisé. Medaviz rapporte une durée moyenne de 25 minutes pour les téléconsultations réalisées par les psychologues et psychiatres, contre 11 minutes pour les généralistes et 12 minutes pour les sages-femmes.[1] Autre trait saillant : la téléconsultation demeure, sur cette plateforme, un usage très majoritairement calé sur le rythme des jours ouvrés, « la quasi-totalité des actes » étant réalisée en semaine, « contre 1,3 % le week-end ».[1]

Des patients plutôt « ponctuels » et un niveau de satisfaction élevé

Du côté des patients, Medaviz décrit un profil relativement stable : en 2025, les femmes représentent 61 % des usages, un niveau proche de celui observé en 2024 (61 %) et 2023 (58 %).[1] La tranche 25-54 ans concentre l’essentiel des recours (62 % des patients utilisateurs).[1]

Le signal le plus commenté par l’entreprise concerne la répétition : « 80 % des patients n’ont eu recours qu’à une seule téléconsultation » en 2025, tandis que « moins de 6 % » auraient eu quatre rendez-vous ou plus.[1] Medaviz y voit l’indice d’un recours davantage complémentaire que substitutif au présentiel.

Dans cette perspective, le Dr Nicolas Camus, directeur médical de Medaviz, souligne :

« Le numérique joue un rôle important en tant qu’interface vers la médecine en présentiel. Bien que la téléconsultation soit appropriée pour les suivis et les soins sans rendez-vous, elle doit être complétée par des consultations physiques en cas de besoin de suivi approfondi ou d’examen clinique. Il n’est donc pas surprenant, et même rassurant, que la plupart des patients aient eu recours à une seule téléconsultation en 2025 ».[1]

Le communiqué avance par ailleurs une satisfaction globale de 94,2 %, avec 79,2 % de notes à 5/5 et 15 % à 4/5.[1]

Les chiffres nationaux confirment la reprise, l’État prépare un cadre 2026-2028

À rebours de l’idée d’un reflux durable, le ministère de la Santé met en avant une inflexion statistique après le reflux post-Covid : « le nombre de téléconsultations pratiquées en France a reculé dans les années 2020-2023, avant de repartir à la hausse en 2024 avec 13,9 millions de téléconsultations, soit une progression de près de 20 % sur l’année ».[2] Le même document rappelle l’ampleur du cycle de facturation depuis 2020 : « près de 69 millions de téléconsultations » facturées entre janvier 2020 et décembre 2024, pour « 1,7 milliards d’€ remboursés » sur la période.[2]

Les Assises, lancées le 27 juin 2025, s’inscrivent précisément dans cette volonté de clarifier la « juste place » de la télémédecine, dans un contexte de tensions sur la ressource médicale et de débats récurrents sur la pertinence, les organisations et les usages observés sur certains dispositifs.[4] Leur restitution, publiée le 26 janvier 2026, annonce une feuille de route nationale 2026-2028 « bâtie autour de quatre enjeux » : renforcer la place de la télémédecine dans le suivi et le parcours, améliorer la qualité et limiter d’éventuelles dérives, déployer les usages au bénéfice des patients qui en ont le plus besoin, et développer les compétences des professionnels.[3]

Dans ce cadre, la feuille de route 2026-2028, entre relance et garde-fous détaille les lignes de tension entre « développement » et « encadrement » qui structurent désormais le débat.

Le référentiel de la HAS et la question des plateformes

La consolidation du cadre passe aussi par un outillage de qualité. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié, en décembre 2023, un référentiel de bonnes pratiques applicable aux sociétés de téléconsultation. Le texte « établit des critères » sur les actions et moyens attendus afin que médecin salarié et usager réalisent une téléconsultation « dans le respect des bonnes pratiques de qualité et d’accessibilité ».[5]

Ce référentiel s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation des acteurs intermédiaires, à mesure que leur place progresse dans l’activité facturée : en 2024, le ministère indique que « 40 % des téléconsultations » ont été réalisées par des sociétés de téléconsultation, contre « 6 % seulement en 2021 ».[2]

Une dépense encore contenue, mais un débat organisationnel ouvert

La Cour des comptes replace la téléconsultation dans un ordre de grandeur budgétaire qui demeure limité. En 2023, l’Assurance Maladie « a remboursé 266 M€ d’actes à distance, soit 3 % des remboursements de l’ensemble des consultations (8,1 Md€) ».[6] L’institution souligne aussi que ces actes représentent une part minoritaire de l’activité médicale (3,2 % pour les médecins libéraux et les centres de santé, 1,4 % pour le secteur hospitalier en 2023).[6]

Cette faible part ne réduit pas, pour autant, l’enjeu opérationnel : la question est moins celle d’un basculement vers le « tout distant » que celle d’un usage approprié, au bon endroit du parcours, en cohérence avec la démographie médicale, les contraintes territoriales et les attentes des patients. C’est aussi dans ce prisme que s’inscrivent les analyses déjà publiées sur la téléconsultation en 2025, une révolution à moitié saisie et sur la progression des usages en 2024.

Limites de lecture : périmètres, comparabilité et zones d’incertitude

Les résultats Medaviz décrivent un périmètre circonscrit : une population de praticiens « inscrits et utilisateurs » d’une plateforme, avec des effets possibles de sélection par spécialité, organisation ou territoire.[1] À l’inverse, les statistiques publiques reposent sur des volumes facturés, utiles pour mesurer des tendances et des parts de marché, mais moins informatives sur la pertinence clinique au niveau de chaque situation.[2]

Le rapprochement des deux niveaux dessine néanmoins une trajectoire cohérente : la téléconsultation se stabilise comme un outil d’appoint, particulièrement investi par la santé mentale et intégré à des séquences de soins spécifiques, tandis que l’État prépare une doctrine 2026-2028 visant à articuler développement, qualité et régulation.[1][3]

Références

1. Medaviz, « La téléconsultation en 2025, une étude Medaviz », 27 janvier 2026. https://www.medaviz.com/la-teleconsultation-en-2025-une-etude-medaviz/

2. Ministère de la Santé, de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, « Assises de la télémédecine 2025-2026 : un nouvel élan pour les acteurs », 26 janvier 2026. https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/telesante-pour-l-acces-de-tous-a-des-soins-a-distance/article/assises-de-la-telemedecine-2025-2026-un-nouvel-elan-pour-les-acteurs

3. Ministère de la Santé (DGOS) & Assurance Maladie, « Assises de la télémédecine – Synthèse des assises et axes de la feuille de route », 26 janvier 2026 (PDF). https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_des_assises_et_axes_de_la_fdr_26_janvier_2026.pdf

4. Ministère de la Santé, « Télémédecine : quelle juste place dans le système de santé et le parcours des patients ? », 27 juin 2025. https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/telemedecine-quelle-juste-place-dans-le-systeme-de-sante-et-le-parcours-des

5. Haute Autorité de santé (HAS), « Téléconsultation – Référentiel de bonnes pratiques professionnelles applicable aux sociétés de téléconsultation », 22 décembre 2023. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3470126/fr/teleconsultation-referentiel-de-bonnes-pratiques-professionnelles-applicable-aux-societes-de-teleconsultation

6. Cour des comptes, « Les téléconsultations », 8 avril 2025. https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-teleconsultations

7. Caducee.net, « Assises de la télémédecine : la feuille de route 2026-2028 de Stéphanie Rist, entre relance et garde-fous », 29 janvier 2026. https://www.caducee.net/actualite-medicale/16777/assises-de-la-telemedecine-la-feuille-de-route-2026-2028-de-stephanie-rist-entre-relance-et-garde-fous.html

8. Caducee.net, « Téléconsultation en 2025 : une révolution à moitié saisie ? », 18 juin 2025. https://www.caducee.net/actualite-medicale/16605/teleconsultation-en-2025-une-revolution-a-moitie-saisie.html

9. Caducee.net, « Téléconsultation en 2024 : un usage en progression, entre adoption des professionnels et attentes des patients », 5 février 2025. https://www.caducee.net/actualite-medicale/16526/teleconsultation-en-2024-un-usage-en-progression-entre-adoption-des-professionnels-et-attentes-des-patients.html

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