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Plateforme des données de santé : le choix de Scaleway ouvre la phase opérationnelle de la migration

Plateforme des données de santé : le choix de Scaleway ouvre la phase opérationnelle de la migration En officialisant, le 23 avril 2026, le choix de Scaleway comme futur hébergeur de sa plateforme technologique, la Plateforme des données de santé fait entrer le dossier dans une séquence d’exécution. L’établissement public ne se borne plus à afficher un objectif de principe : il désigne un partenaire, fixe un cadre d’action et assume un calendrier, avec la perspective de gérer en autonomie une copie de la base principale du Système national des données de santé (SNDS) entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027.[1][3][10] La décision clarifie ainsi le cap, sans refermer toutes les questions. La doctrine française vise un cloud de confiance, alors même que l’offre SecNumCloud de Scaleway demeure, publiquement, affichée comme « en cours de qualification » sur le site de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).[4][6][7]

À retenir (lecture rapide)

• Scaleway devient le futur hébergeur de la PDS après un processus de sélection de deux mois et demi.[1]

• La migration prolonge une stratégie de réversibilité engagée dès 2019 et relancée par l’État au printemps 2026.[1][3]

• L’enjeu concret porte sur l’autonomie d’une copie du SNDS entre fin 2026 et début 2027.[1]

• Le point de vigilance demeure la qualification SecNumCloud, toujours affichée « en cours » par l’ANSSI.[4][6]

Une séquence politique et technique engagée de longue date

Le communiqué publié le 23 avril par la Plateforme des données de santé présente ce choix comme l’aboutissement d’une « stratégie de réversibilité » préparée dès 2019, c’est-à-dire d’une architecture pensée pour rendre possible un changement d’hébergeur sans reconstruction complète de la plateforme.[1] Cette temporalité longue n’est pas anodine. Elle renvoie à la création du Health Data Hub et à l’élargissement progressif du SNDS, mais aussi à une controverse persistante sur les conditions d’hébergement de données parmi les plus sensibles du système de santé français, dans un dispositif initialement confié à Microsoft Azure.[9][10][11][14]

Le début de l’année 2026 a marqué une accélération décisive. Le gouvernement a alors annoncé la migration de la plateforme vers un cloud de confiance d’ici 2027, dans le sillage de la doctrine « Cloud au centre » et du recours croissant à des offres européennes au sein de la commande publique.[3][10] Puis, le 15 avril, lors de sa prise de fonctions à la tête du Health Data Hub, Hela Ghariani avait déjà inscrit parmi ses priorités le fait de « lancer la migration de notre plateforme technologique vers un cloud souverain, avec l’annonce prochaine de l’hébergeur retenu ».[2] Le communiqué du 23 avril convertit donc une orientation annoncée en choix industriel explicite.[1]

Un choix industriel qui ne dispense pas de précision réglementaire

Le vocabulaire du dossier impose, à lui seul, une certaine rigueur. La PDS parle de « cloud souverain » dans son communiqué.[1] L’État et l’ANSSI mobilisent, pour leur part, la notion de « cloud de confiance », associée au référentiel SecNumCloud.[3][4] Cette distinction n’est pas purement sémantique. Elle engage à la fois le niveau d’exigence technique attendu, la maîtrise juridique de l’environnement d’hébergement et la protection contre l’application de lois extraterritoriales.[4][5]

À ce stade, un point de solidité s’impose : Scaleway a bien été retenu par la PDS au terme du processus décrit dans le communiqué.[1] Un point de vigilance demeure tout aussi net : sur le site de l’ANSSI, l’offre de l’entreprise figure toujours dans la catégorie des services « en cours de qualification » SecNumCloud.[6] Scaleway dispose en revanche d’une certification HDS, annoncée en juillet 2024, ce qui constitue un socle attendu pour l’hébergement de données de santé.[7] En d’autres termes, la décision de principe est prise, mais la consolidation complète du dispositif de confiance demeure liée à un processus de qualification qui, publiquement, n’est pas encore achevé.[4][6]

« Cette migration s’inscrit dans une démarche engagée de longue date pour maintenir un haut niveau de sécurité et de confiance à l’ensemble des utilisateurs de la plateforme. Elle marque une étape importante pour accélérer l’usage des données du SNDS et plus largement de tous les projets de recherche et d’innovation qui s’appuient sur des données de santé, en France et en Europe. »[1]

La déclaration d’Hela Ghariani résume assez exactement la ligne de crête du dossier. D’un côté, la PDS promet un accès plus fluide aux données pour les projets de recherche et d’innovation. De l’autre, elle doit démontrer que cette fluidité n’entame ni les garanties de sécurité ni le niveau d’exigence attendu pour des données de santé à très grande échelle.[1][4]

Une promesse d’accès plus fluide aux données du SNDS

La PDS indique avoir conduit sa sélection pendant « 2 mois et demi » à partir de « plus de 350 exigences techniques », dans le cadre du marché « Nuage public » porté par l’Union des groupements d’achats publics (UGAP), avec l’appui d’experts de la Direction interministérielle du numérique (DINUM), d’Inria et du ministère chargé de la santé.[1] Ce cadrage n’a rien d’anecdotique. Il montre que le choix ne s’est pas réduit à une logique d’affichage, mais s’inscrit dans un marché public déjà structuré, coprescrit par la DINUM et la Direction des achats de l’État, et ouvert à plusieurs fournisseurs d’infrastructure et de plateforme, parmi lesquels figure Scaleway.[8] La compétition était réelle : en amont de l’attribution, plusieurs consortiums avaient été pré-sélectionnés pour organiser la sortie de Microsoft Azure, ce qui souligne la dimension industrielle du dossier autant que sa portée politique.[15]

Pour les chercheurs, les établissements de santé, les équipes hospitalo-universitaires ou les industriels impliqués dans des projets d’intérêt général, l’enjeu dépasse largement la seule nationalité de l’hébergeur. Le communiqué avance un objectif très concret : permettre à la PDS de gérer en autonomie une copie de la base principale du SNDS afin de fluidifier la mise à disposition des données et d’accélérer leur usage secondaire.[1] Cette perspective s’inscrit dans un paysage déjà travaillé par les entrepôts de données hospitaliers et par les travaux en vie réelle menés à partir du SNDS, dont l’essor dépend étroitement de la qualité d’accès, de la robustesse des procédures et de la stabilité de l’environnement technique.[12][13]

L’échéance annoncée, comprise entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027, constitue désormais le véritable test du dossier.[1][3] C’est là, bien davantage que dans les déclarations, que sera jugée la capacité de la Plateforme des données de santé à articuler souveraineté technologique, sécurité réglementaire et efficacité opérationnelle. Après plusieurs années de débat sur l’hébergement du Health Data Hub, le dossier quitte le registre des intentions pour franchir un cap opérationnel : celui de l’exécution.[10]

Références

[1] Plateforme des données de santé, La Plateforme des données de santé engage sa migration vers un cloud souverain avec Scaleway, 23 avril 2026.

[2] Health Data Hub, Hela Ghariani prend ses fonctions en tant que directrice de la Plateforme des données de santé, 15 avril 2026.

[3] Direction interministérielle du numérique, L'État accélère sa transition cloud et se tourne résolument vers les offres européennes et souveraines, 26 mars 2026.

[4] Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, Cloud, consulté le 23 avril 2026.

[5] Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, FAQ avant de se lancer dans la qualification SecNumCloud, consulté le 23 avril 2026.

[6] Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, Prestataires de services d’informatique en nuage (SecNumCloud), consulté le 23 avril 2026.

[7] Scaleway, Scaleway annonce sa certification HDS, pour garantir la sécurité des données de santé, 3 juillet 2024.

[8] Nuage Public | UGAP, Le marché d’informatique en nuage, consulté le 23 avril 2026.

[9] Légifrance, Article L1462-1 - Code de la santé publique, consulté le 23 avril 2026.

[10] Next, Health Data Hub : le gouvernement promet une bascule sur SecNumCloud d’ici fin 2026, 6 février 2026.

[11] Caducee.net, IA & Santé : Le Health Data Hub avance pour exploiter le patrimoine français des données de santé, 29 avril 2019.

[12] Caducee.net, L’exploitation des entrepôts de données hospitaliers pour mesurer la qualité des soins : un potentiel en construction, 5 février 2025.

[13] Caducee.net, Vaccins Covid : cinq ans d’études EPI-PHARE pour dresser le vrai bilan des vaccins à ARNm, 5 décembre 2025.

[14] Reuters, France swaps Microsoft for Iliad's Scaleway to repatriate health data hub, 23 avril 2026.

[15] InCyber, Health Data Hub : quatre candidats pour reprendre l'hébergement, 6 février 2026.

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