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Le Syndrome de la guerre du Golfe sera au centre d'une étude sur 25.000 soldats

La commission d'analyse des données sanitaires des soldats engagés dans le conflit du Golfe n'a pu démontrer l'existence d'une entité clinique correspondant au syndrome de la guerre du Golfe. Néanmoins, cela ne revient pas à réfuter l'idée de signes et symptômes particuliers chez certains vétérans.

Le professeur Salamon (unité Inserm 330, CHU de Bordeaux) et les membres de la commission ont recommandé la conduite d'une enquête exhaustive auprès des 25.000 vétérans de la guerre du Golfe. Le ministre délégué à la Santé Bernard Kouchner et le ministre de la Défense Alain Richard ont annoncé dès la remise du rapport hier la mise en place de cette étude qui devrait durer deux à trois ans.

L'enquête confiée à la commission conduite par le Pr Salomon pouvait être qualifiée de préliminaire et devait apporter des informations claires sur l'existence et la définition du syndrome de la guerre du Golfe et sur les mesures à mettre en œuvre pour mieux connaître ce phénomène. Ces deux objectifs ont été atteints : le terme de syndrome ne peut être employé étant donné la diversité des signes et symptômes rapportés qui nécessitent néanmoins une vaste étude auprès du personnel militaire engagé.

Plus de 300 articles relatifs à ce syndrome ont été publiés dans la littérature médicale entre 1991 et 2000. Largement repris et commentés, ces travaux ont mis en cause les vaccinations massives des troupes, l'exposition aux fumées de pétrole, l'emploi de neurotoxiques, d'armes chimiques, d'insecticides ou encore les munitions utilisant l'uranium appauvri. Encore faut-il s'assurer au préalable que les signes et plaintes fonctionnels rapportés par certains vétérans soient le résultat d'une exposition à un ou plusieurs facteurs communs. La large étude épidémiologique auprès des troupes françaises engagées devrait clarifier la situation.

En l'état actuel des connaissances, la commission "guerre du Golfe" souligne qu'aucun des 350 articles scientifiques et médicaux ne fait état d'une mortalité anormale ou d'une prévalence plus élevée de maladies connues chez les vétérans. Néanmoins, on note une fréquence plus élevée des signes et plaintes fonctionnels (fatigue, mémoire, cognition, myalgies...) sans qu'il soit possible de définir un syndrome spécifique.

La commission a souligné que la plupart des études épidémiologiques prises en compte étaient anglaises ou américaines et ne pouvaient de ce fait être extrapolées à la population militaire française sans introduire un biais. Les 200 dossiers médicaux des soldats français analysés n'ont pas apporté d'information complémentaire en raison d'informations médicales peu détaillées.

Concernant les éventuels facteurs déclenchants, les vaccinations multiples en Grande-Bretagne et Etats-Unis constituent une piste crédible pour expliquer certains symptômes. A ce titre, l'alumine utilisée dans le vaccins mérite une attention particulière. L'innocuité d'une exposition à la pyridostigmine (inhibiteur de cholinestérase employé en cas d'intoxication aux composés organophosphorés) ou à de faibles doses de pesticides de façon prolongée ne peuvent être vérifiées, selon le groupe d'expert.

Par contre, les conclusions de la commission indiquent que les données scientifiques disponibles ne peuvent mettre sérieusement en cause l'uranium appauvri, les fumées de pétrole ou d'autres expositions chimiques.

Source : Rapport de mission de Groupe de travail chargé d'analyser les données sanitaires relatives aux anciens combattants français de la guerre du Golfe, avril 2001.

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