nuance

ROR : la stratégie vaccinale en pratique

La rougeole, les oreillons et la rubéole sont des maladies virales souvent considérées comme bénignes, parce qu’elles guérissent habituellement sans séquelles malgré l’absence de tout traitement étiologique efficace. Pourtant, leur évolution naturelle est loin de se faire toujours en ce sens.

La primovaccination est recommandée chez tous les enfants à partir de l’âge de 12 mois.

Une deuxième dose est recommandée à tous les enfants entre 3 et 6 ans. Elle a un double but :

  • Vacciner les enfants qui n’auraient pas reçu de première dose ;
  • Conférer l’immunité aux enfants pour lesquels la primovaccination n’aurait pas aboutit à une séroconversion (3 à 10% des cas) : la seconde vaccination est efficace chez la très grande majorité de ces sujets.

La justification principale de la seconde dose n’est donc pas d’effectuer un rappel de vaccination, mais de s’assurer que le sujet est effectivement immunisé et que la couverture vaccinale de la population est suffisante pour interrompre la transmission des virus.

Certains enfants vivant en collectivité (les crèches par exemple) ont pu recevoir une dose de vaccin anti­rougeole à partir de 9 mois. Chez ces enfants, les deux doses de vaccin ROR sont également recommandées.

L’administration de la seconde dose peut être faite avant 3 ans, à condition de respecter un intervalle d’au moins un mois entre les deux doses.

Autrefois préconisée vers 11­13 ans, cette seconde dose est recommandée plus précocement. En effet, un travail de modélisation portant sur la rougeole a montré que, pour un même niveau de couverture vaccinale, l’interruption de transmission est d’autant plus élevée que :

­ Les sujets sont vaccinés tôt après la disparition des anticorps maternels

et que,

­ La seconde dose est administrée tôt après la première.

Ce travail a également mis en évidence le déplacement de la maladie vers des âges plus élevés, comme les données épidémiologiques l’avaient déjà fait supposer.

C’est pourquoi une vaccination de rattrapage est recommandée à 11­13 ans chez les enfants qui n’auraient pas été vaccinés au moins une fois auparavant.

Bien entendu, ce rattrapage peut être effectué plus tôt.

Chez les jeunes filles de plus de 13 ans non vaccinées auparavant, seule la vaccination antirubéole est recommandée. Il est cependant possible de proposer une vaccination triple à tous les sujets (garçons et filles) de plus de 13 ans n’ayant jamais été vaccinés auparavant ou n’ayant jamais eu les trois maladies, à titre de prophylaxie individuelle.

Le coût de ces vaccinations est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie pour les enfants de 1 an et à 13 ans inclus.

La stratégie vaccinale en pratique

Le calendrier vaccinal

A partir de 12 mois : (1 ère dose)

La vaccination associée rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour les garçons et les filles. La vaccination contre la rougeole peut être pratiquée plus tôt, à partir de l'âge de 9 mois pour les enfants vivant en collectivité, suivie d'une revaccination six mois plus tard en association avec les oreillons et la rubéole. En cas de menace d'épidémie dans une collectivité d'enfants, on peut vacciner tous les sujets supposés réceptifs, à partir de l’âge de 9 mois. La vaccination immédiate peut être efficace si elle est faite moins de 72 heures après le contact avec un cas.

Entre 3 et 6 ans : (2 e dose)

Une seconde vaccination associant rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour tous les enfants.

6 ans :

A l'occasion du 2 e rappel diphtérie, tétanos, polio, il est recommandé de faire la vaccination associée rougeole­oreillons­rubéole chez les enfants n'ayant pas encore été vaccinés ou n'ayant reçu qu'une dose de Rougeole, Oreillons, Rubéole ; éventuellement le même jour.

11 – 13 ans : (rattrapage)

Une dose de vaccin triple associé rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour tous les enfants n'en ayant pas bénéficié, quels que soient leurs antécédents vis­à­vis des trois maladies.

16 – 18 ans : (rubéole)

La vaccination contre la rubéole est recommandée pour les jeunes femmes non vaccinées, par exemple lors d'une consultation de contraception ou prénuptiale.

A partir de 18 ans : (rubéole)

Pour les femmes non vaccinées en âge de procréer. Si la sérologie prénatale est négative ou inconnue, la vaccination devra être pratiquée immédiatement après l'accouchement, de préférence avant la sortie de la maternité ou à défaut au plus tôt après la sortie.

A partir de 12 mois : (1 ère dose)

La vaccination associée rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour les garçons et les filles. La vaccination contre la rougeole peut être pratiquée plus tôt, à partir de l'âge de 9 mois pour les enfants vivant en collectivité, suivie d'une revaccination six mois plus tard en association avec les oreillons et la rubéole. En cas de menace d'épidémie dans une collectivité d'enfants, on peut vacciner tous les sujets supposés réceptifs, à partir de l’âge de 9 mois. La vaccination immédiate peut être efficace si elle est faite moins de 72 heures après le contact avec un cas.

Entre 3 et 6 ans : (2 e dose)

Une seconde vaccination associant rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour tous les enfants.

6 ans :

A l'occasion du 2 e rappel diphtérie, tétanos, polio, il est recommandé de faire la vaccination associée rougeole­oreillons­rubéole chez les enfants n'ayant pas encore été vaccinés ou n'ayant reçu qu'une dose de Rougeole, Oreillons, Rubéole ; éventuellement le même jour.

11 – 13 ans : (rattrapage)

Une dose de vaccin triple associé rougeole, oreillons, rubéole est recommandée pour tous les enfants n'en ayant pas bénéficié, quels que soient leurs antécédents vis­à­vis des trois maladies.

16 – 18 ans : (rubéole)

La vaccination contre la rubéole est recommandée pour les jeunes femmes non vaccinées, par exemple lors d'une consultation de contraception ou prénuptiale.

A partir de 18 ans : (rubéole)

Pour les femmes non vaccinées en âge de procréer. Si la sérologie prénatale est négative ou inconnue, la vaccination devra être pratiquée immédiatement après l'accouchement, de préférence avant la sortie de la maternité ou à défaut au plus tôt après la sortie.

En pratique, on peut retenir que :

­ Les enfants âgés de 1 à 6 ans doivent recevoir deux doses de vaccin ROR,

­ Les enfants âgés de 7 à 13 ans non vaccinés antérieurement doivent en recevoir une dose.

La stratégie vaccinale en pratique

Le vaccin ROR : un outil simple et efficace de prévention individuelle et collective

Aujourd’hui, les professionnels de santé doivent vérifier régulièrement l’état vaccinal de leurs patients (par l’interrogatoire et la tenue du dossier médical), mettre à jour leurs vaccinations et les informer sur les bénéfices de celles­ci.

Administrés en injection sous­cutanée, les vaccins trivalents ROR protègent efficacement et durablement contre l’apparition des trois maladies et de leurs complications.

Il est important que les médecins expliquent à leurs patients que vouloir attendre l’apparition spontanée de ces trois maladies (rougeole, oreillons, rubéole) pour se protéger de leurs complications est une attitude illogique et irresponsable. La gravité des complications que peuvent entraîner chacune des trois maladies est bien plus importante que celle des effets secondaires possibles du vaccin.

Enfin, il n’y a aucun risque à vacciner un enfant qui aurait déjà eu une ou plusieurs de ces trois maladies auparavant.

Les deux vaccins ROR disponibles

Les vaccins contre chacune des trois maladies sont des vaccins vivants atténués.

  • Les vaccins contre la rougeole sont issus d’une souche appelée Edmonston.
  • Plusieurs souches ont été utilisées pour le vaccin contre la rubéole ; en

    France, seule la souche Wistar RA 27/3 est utilisée (depuis 1970) ;

  • Deux souches sont utilisées dans le vaccin contre les oreillons : Jeryl Lynn et Urabe ; celle­ci n’est plus utilisée en France en raison de la plus grande fréquence des réactions méningées qu’elle occasionne.

France, seule la souche Wistar RA 27/3 est utilisée (depuis 1970) ;

Le vaccin ROR Vax® est composé de : rougeole : souche Moraten (ou Edmonston 749 D) / rubéole : souche Wistar RA 27/3 / oreillons : souche Jeryl Lynn.

Le vaccin PRIORIX® est composé de : rougeole : souche Schwartz / rubéole : souche Wistar RA 27/3 / oreillons : souche RIT 4385, dérivée de Jeryl Lynn.

Evaluation de 35 années de vaccination rougeole, oreillons, rubéole en France

Interview du Pr. Reinert, membre du comité technique des vaccinations à la Direction Générale de la Santé et ex­chef du service de pédiatrie du CHU de Créteil.

Quelles sont les complications que peuvent entraîner la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

La rougeole donne lieu principalement à deux grands types de complications : neurologiques et respiratoires. Parmi les complications neurologiques fréquentes et graves, on peut retenir la pan encéphalite sub­aiguë sclérosante (PESS) qui survient dans 1 cas sur 100 000 dans un délai de 4 à 17 ans en moyenne après l'épisode de rougeole. Elle entraîne un décès dans 100 % des cas.

En ce qui concerne les oreillons, les complications neurologiques et glandulaires sont fréquentes. L’orchite par exemple survient chez 20% à 50% des hommes qui contractent la maladie.

Enfin la gravité de la rubéole est essentiellement liée à la primo­infection chez la femme enceinte. Par exemple, pendant les quatre premiers mois de la grossesse, le virus de la rubéole peut être responsable d’une embryofoetopahtie gravissisme : la rubéole congénitale.

Quel est le bénéfice net du programme français de vaccination ROR ?

Bien que la couverture vaccinale demeure insuffisante pour éradiquer ces maladies en France, on peut estimer que la vaccination contre la rougeole a permis sur 35 ans d’éviter près de 1,4 millions d’otites moyennes aiguës, 590 000 pneumonies, 16 800 encéphalites responsables de plus de 5000 séquelles neurologiques, 170 cas de PESS et 11 500 décès. Concernant la vaccination contre les oreillons, on peut estimer que sur une période de 20 ans, elle a permis d’éviter la survenue de 2 millions de méningites, 38 000 encéphalites, 650 surdités, 330 000 orchites, 90 000 atrophies testiculaires et 20 décès.

Enfin, pour les formes acquises de rubéole, on peut estimer que la vaccination a permis d’éviter, sur une période de 30 ans, 5 700 purpuras thrombopéniques, 400 rubéoles congénitales, 4 900 encéphalites ou méningo­encéphaliltes et 710 décès.

Quelle est la situation dans les autres pays européens ?

La situation diffère d’un pays à un autre. On sait que la France, avec un taux de couverture vaccinale à 2 ans de 86% en 2002, est en retard. Des pays comme la Finlande ou la Suède ont ou sont sur le point d’éradiquer ces trois maladies grâce à un taux de vaccination optimal. N'oublions pas que pour y parvenir, il faut atteindre une couverture vaccinale d'au moins 95% (selon les recommandations de l'OMS). Nous devons donc nous mobiliser si nous voulons que ces maladies disparaissent en France.

Interview du Pr. Reinert, membre du comité technique des vaccinations à la Direction Générale de la Santé et ex­chef du service de pédiatrie du CHU de Créteil.

Quelles sont les complications que peuvent entraîner la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

La rougeole donne lieu principalement à deux grands types de complications : neurologiques et respiratoires. Parmi les complications neurologiques fréquentes et graves, on peut retenir la pan encéphalite sub­aiguë sclérosante (PESS) qui survient dans 1 cas sur 100 000 dans un délai de 4 à 17 ans en moyenne après l'épisode de rougeole. Elle entraîne un décès dans 100 % des cas.

En ce qui concerne les oreillons, les complications neurologiques et glandulaires sont fréquentes. L’orchite par exemple survient chez 20% à 50% des hommes qui contractent la maladie.

Enfin la gravité de la rubéole est essentiellement liée à la primo­infection chez la femme enceinte. Par exemple, pendant les quatre premiers mois de la grossesse, le virus de la rubéole peut être responsable d’une embryofoetopahtie gravissisme : la rubéole congénitale.

Quel est le bénéfice net du programme français de vaccination ROR ?

Bien que la couverture vaccinale demeure insuffisante pour éradiquer ces maladies en France, on peut estimer que la vaccination contre la rougeole a permis sur 35 ans d’éviter près de 1,4 millions d’otites moyennes aiguës, 590 000 pneumonies, 16 800 encéphalites responsables de plus de 5000 séquelles neurologiques, 170 cas de PESS et 11 500 décès. Concernant la vaccination contre les oreillons, on peut estimer que sur une période de 20 ans, elle a permis d’éviter la survenue de 2 millions de méningites, 38 000 encéphalites, 650 surdités, 330 000 orchites, 90 000 atrophies testiculaires et 20 décès.

Enfin, pour les formes acquises de rubéole, on peut estimer que la vaccination a permis d’éviter, sur une période de 30 ans, 5 700 purpuras thrombopéniques, 400 rubéoles congénitales, 4 900 encéphalites ou méningo­encéphaliltes et 710 décès.

Quelle est la situation dans les autres pays européens ?

La situation diffère d’un pays à un autre. On sait que la France, avec un taux de couverture vaccinale à 2 ans de 86% en 2002, est en retard. Des pays comme la Finlande ou la Suède ont ou sont sur le point d’éradiquer ces trois maladies grâce à un taux de vaccination optimal. N'oublions pas que pour y parvenir, il faut atteindre une couverture vaccinale d'au moins 95% (selon les recommandations de l'OMS). Nous devons donc nous mobiliser si nous voulons que ces maladies disparaissent en France.

Rougeole, oreillons, rubéole : "Finissons-en, vaccinons dés 1 an"

Les enjeux de la vaccination ROR en France

ROR : la stratégie vaccinale en pratique

ROR : mythes et réalités

Source

Interview du Pr. Reinert, membre du comité technique des vaccinations à la Direction Générale de la Santé et ex­chef du service de pédiatrie du CHU de Créteil.

Quelles sont les complications que peuvent entraîner la rougeole, les oreillons et la rubéole ?

La rougeole donne lieu principalement à deux grands types de complications : neurologiques et respiratoires. Parmi les complications neurologiques fréquentes et graves, on peut retenir la pan encéphalite sub­aiguë sclérosante (PESS) qui survient dans 1 cas sur 100 000 dans un délai de 4 à 17 ans en moyenne après l'épisode de rougeole. Elle entraîne un décès dans 100 % des cas.

En ce qui concerne les oreillons, les complications neurologiques et glandulaires sont fréquentes. L’orchite par exemple survient chez 20% à 50% des hommes qui contractent la maladie.

Enfin la gravité de la rubéole est essentiellement liée à la primo­infection chez la femme enceinte. Par exemple, pendant les quatre premiers mois de la grossesse, le virus de la rubéole peut être responsable d’une embryofoetopahtie gravissisme : la rubéole congénitale.

Quel est le bénéfice net du programme français de vaccination ROR ?

Bien que la couverture vaccinale demeure insuffisante pour éradiquer ces maladies en France, on peut estimer que la vaccination contre la rougeole a permis sur 35 ans d’éviter près de 1,4 millions d’otites moyennes aiguës, 590 000 pneumonies, 16 800 encéphalites responsables de plus de 5000 séquelles neurologiques, 170 cas de PESS et 11 500 décès. Concernant la vaccination contre les oreillons, on peut estimer que sur une période de 20 ans, elle a permis d’éviter la survenue de 2 millions de méningites, 38 000 encéphalites, 650 surdités, 330 000 orchites, 90 000 atrophies testiculaires et 20 décès.

Enfin, pour les formes acquises de rubéole, on peut estimer que la vaccination a permis d’éviter, sur une période de 30 ans, 5 700 purpuras thrombopéniques, 400 rubéoles congénitales, 4 900 encéphalites ou méningo­encéphaliltes et 710 décès.

Quelle est la situation dans les autres pays européens ?

La situation diffère d’un pays à un autre. On sait que la France, avec un taux de couverture vaccinale à 2 ans de 86% en 2002, est en retard. Des pays comme la Finlande ou la Suède ont ou sont sur le point d’éradiquer ces trois maladies grâce à un taux de vaccination optimal. N'oublions pas que pour y parvenir, il faut atteindre une couverture vaccinale d'au moins 95% (selon les recommandations de l'OMS). Nous devons donc nous mobiliser si nous voulons que ces maladies disparaissent en France.

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