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Arrêt cardiaque non choquable : l’hypothermie fait ses preuves

illustrationUne équipe du CHU de NANTES vient d’établir que l’hypothermie thérapeutique à 33 ° améliore la récupération neurologique après arrêt cardiaque non choquable. L’étude, nommée HYPERION et financée par le ministère de la santé a fait l’objet d’une publication dans le NEMJ.

Si l’hypothermie thérapeutique modérée est actuellement recommandée pour améliorer les résultats neurologiques chez les adultes présentant un coma persistant après un arrêt cardiaque, l’utilisation de cette technique chez les patients présentant des rythmes non choquables (activité électrique asystolique ou sans pouls) faisait jusqu’à présent débat. Ces patients présentent le plus souvent un coma profond et avec un risque de décès secondaire et de séquelles très élevé.


Le Dr Jean-Baptiste Lascarrou et son équipe du service de médecine intensive et réanimation du CHU de Nantes ont effectué un essai ouvert, contrôlé et randomisé comparant l’hypothermie thérapeutique modérée (33 °C au cours des premières 24 heures) à la normothermie ciblée (37 °C) chez des patients coma qui avaient été admis dans l’unité de soins intensifs après réanimation d’un arrêt cardiaque à un rythme non choquable.

Le critère de jugement principal était la survie avec un résultat neurologique favorable, évalué au 90e jour après la randomisation à l’aide de l’échelle de la catégorie de performance cérébrale (CPC) L’évaluation des résultats se faisait en aveugle. La mortalité et la sécurité ont également été évaluées.

Entre janvier 2014 et janvier 2018, un total de 584 patients de 25 USI ont été randomisés et 581 ont été inclus dans l’analyse, suite au retrait du consentement de 3 patients. Au bout de 90 jours, , 29 patients sur 284 (10,2 %) du groupe hypothermie étaient en vie avec un score CPC de 1 ou 2, contre 17 sur 297 (5,7 %) dans le groupe normothermie, soit une différence de 4,5 points avec un intervalle de confiance à 95 % [IC], 0,1 à 8,9 ; p = 0,04. La mortalité à 90 jours n’était pas significativement différente entre le groupe hypothermie et le groupe normothermie (81,3 % et 83,2 %, respectivement ; différence, -1,9 point de pourcentage ; IC à 95 %, de -8,0 à 4,3). L’incidence d’événements indésirables préspécifiés n’a pas différé de manière significative entre les groupes.

L’étude HYPERION démontre que la réalisation d’une hypothermie thérapeutique pendant 24 heures chez les patients coma suite à un arrêt cardiaque non choquable permet de quasiment doubler la proportion de patients qui seront vivants et autonomes à 3 mois par rapport à la non-utilisation de ce traitement.

Suite à cette étude, l’hypothermie pourrait définitivement devenir le traitement de référence des patients admis en réanimation pour coma après un arrêt cardiaque.

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