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Fluoxétine 20 mg : tension d’approvisionnement, les consignes de l’ANSM jusqu’à mi-octobre

Fluoxétine 20 mg : tension d’approvisionnement, les consignes de l’ANSM jusqu’à mi-octobre Au 5 octobre 2026, la fiche de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur les gélules et comprimés dispersibles sécables de fluoxétine 20 mg reste affichée au statut « tension d’approvisionnement », en ville comme à l’hôpital. Sa dernière mise à jour demeure datée du 4 septembre. Les laboratoires annonçaient une remise à disposition au niveau industriel fin septembre, mais l’Agence ne prévoyait une normalisation en pharmacie que vers la mi-octobre. D’ici là, les initiations doivent être réservées en priorité aux épisodes dépressifs chez les enfants à partir de 8 ans et les adolescents afin de préserver la continuité des traitements déjà instaurés.[1][2][3]

À retenir (lecture rapide)

  • La tension concerne la fluoxétine 20 mg en gélules et comprimés dispersibles sécables, tous laboratoires confondus.[2]
  • La fiche ANSM reste au statut « tension », sans nouvelle actualisation depuis le 4 septembre.[3]
  • Les initiations doivent être réservées en priorité aux épisodes dépressifs chez les enfants dès 8 ans et adolescents.[1]
  • La solution buvable n’est pas visée par cette fiche ; l’ANSM ne recommande pas de report systématique vers cette forme.[1][2]
  • Contingentement, mobilisation des stocks de sécurité et interdiction d’export encadrent temporairement l’approvisionnement.[1][2]

Fluoxétine 20 mg : une tension sur les gélules et comprimés dispersibles

L’ANSM date la tension d’approvisionnement du 2 septembre 2026 et a publié sa fiche le 4 septembre. Elle vise la fluoxétine 20 mg en gélule et en comprimé dispersible sécable, pour « tous les laboratoires », avec une tension signalée en ville comme à l’hôpital.[2]

Au 5 octobre, la liste publique de l’Agence affiche toujours cette ligne au statut « tension d’approvisionnement ». La date de mise à jour reste toutefois fixée au 4 septembre et la colonne « remise à disposition » n’est pas renseignée.[3] Cette absence d’actualisation ne permet donc pas d’affirmer que les réapprovisionnements industriels annoncés n’ont pas commencé.

La fiche détaillée prévoyait une remise à disposition « au niveau des laboratoires exploitants » fin septembre, tout en avertissant qu’un délai pouvait être nécessaire pour réapprovisionner grossistes-répartiteurs et officines.[2] Le point publié le 25 septembre situait le retour à une disponibilité normale en pharmacie vers la mi-octobre.[1]

Ce décalage entre reprise des approvisionnements industriels et reconstitution des stocks en officine a déjà été observé lors d’autres tensions sur des médicaments psychotropes, notamment la quétiapine, le lithium et la venlafaxine.[6]

La fluoxétine figure dans la rubrique ANSM consacrée aux médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) faisant l’objet de difficultés d’approvisionnement. L’Agence souligne qu’une tension ou une rupture sur un MITM peut entraîner un risque de santé publique lorsque les alternatives disponibles sont insuffisantes à l’échelle nationale.[3]

Prescripteurs : priorité aux initiations pédiatriques

La consigne de l’ANSM porte d’abord sur les nouvelles initiations. Afin de permettre la continuité des traitements des patients déjà traités, celles-ci doivent être « réservées en priorité » aux épisodes dépressifs chez les enfants à partir de 8 ans et les adolescents jusqu’à la normalisation de la situation.[1]

Il s’agit d’une priorisation temporaire, pas d’une interdiction réglementaire générale de débuter une fluoxétine chez l’adulte. La molécule conserve chez l’adulte ses indications dans les épisodes dépressifs majeurs, les troubles obsessionnels compulsifs et la boulimie en complément d’une psychothérapie.[2][4]

Cette priorité pédiatrique tient à la place particulière de la fluoxétine. L’ANSM la présente comme le seul antidépresseur indiqué dans certains épisodes dépressifs à partir de 8 ans.[1] Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) encadre précisément cette utilisation : épisode dépressif majeur modéré à sévère après non-réponse à quatre à six séances de prise en charge psychothérapeutique, avec psychothérapie concomitante. Le traitement devrait être instauré et surveillé sous le contrôle d’un médecin spécialiste.[4]

Solution buvable de fluoxétine : hors périmètre de la tension signalée

Chez l’enfant et l’adolescent, le RCP de la solution buvable fixe une dose initiale de 10 mg par jour, soit 2,5 mL de fluoxétine dosée à 20 mg/5 mL. Après une à deux semaines, la dose peut être portée à 20 mg par jour selon la réponse clinique.[5]

La fiche de tension vise explicitement les gélules et les comprimés dispersibles sécables de 20 mg ; elle ne mentionne pas la solution buvable.[2] Cette différence de périmètre ne suffit toutefois pas à faire de la forme buvable une solution de remplacement automatique. Dans ses documents sur la tension, l’ANSM ne recommande ni report systématique vers cette présentation ni protocole particulier fondé sur sa disponibilité.[1][2]

La Base de données publique des médicaments recense toujours des spécialités de fluoxétine 20 mg/5 mL disposant d’une autorisation valide, mais cette information réglementaire ne renseigne pas sur leur stock effectif dans une officine donnée.[5]

Pharmaciens : changer de générique ne contourne pas la tension

La mention « tous les laboratoires » réduit l’intérêt d’un simple changement de marque comme réponse systématique : l’alerte porte sur l’ensemble des exploitants des gélules et comprimés concernés.[2]

L’ANSM demande aux laboratoires de privilégier les livraisons aux grossistes-répartiteurs et d’éviter les ventes directes afin de mieux répartir les volumes sur le territoire. Elle leur a également demandé de mettre à disposition tous leurs stocks disponibles, y compris les stocks de sécurité.[1]

Un contingentement quantitatif est en vigueur depuis début septembre. La vente et l’exportation par les grossistes-répartiteurs vers l’étranger sont interdites depuis le 4 septembre et jusqu’au retour à un approvisionnement national continu et approprié.[1][2]

La prudence sur les relais est d’autant plus nécessaire qu’une tension d’approvisionnement ne crée pas, à elle seule, de droit général à remplacer une spécialité par une autre molécule ou une autre forme. D’autres épisodes récents, comme la pénurie de propranolol 40 mg, ont également montré que les alternatives dépendent de l’indication et des mesures expressément prévues pour la pénurie concernée.[7]

Interruption de fluoxétine : pas de protocole spécifique lié à la pénurie

L’ANSM ne publie pas, dans les documents consacrés à cette tension, de protocole national de remplacement par un autre antidépresseur ni de conduite spécifique pour une rupture individuelle de délivrance.[1][2]

Le RCP rappelle en revanche que l’arrêt brutal de la fluoxétine doit être évité. Lorsqu’un arrêt est décidé, il recommande une diminution progressive de la dose sur au moins une à deux semaines afin de limiter le risque de réactions de sevrage.[4]

La demi-vie d’élimination de la fluoxétine est de quatre à six jours et celle de son métabolite actif, la norfluoxétine, de quatre à seize jours. Ces durées expliquent la persistance du produit dans l’organisme plusieurs semaines après l’arrêt.[4] Elles ne constituent pas pour autant une consigne permettant d’organiser ou de banaliser une interruption faute de médicament.

Retour en pharmacie : mi-octobre reste une prévision

La normalisation annoncée pour la mi-octobre reste, au 5 octobre, une prévision formulée par l’ANSM le 25 septembre. Les publications disponibles ne donnent ni volume de déficit, ni répartition des quantités par laboratoire, ni état chiffré des réapprovisionnements effectivement entrés dans la chaîne depuis la fin septembre.[1][2]

Ces données publiques ne permettent donc pas de mesurer l’écart entre la remise à disposition annoncée chez les exploitants et la disponibilité réelle en pharmacie. L’Agence indique suivre la situation de façon rapprochée et précise qu’elle pourra prendre des mesures complémentaires si les tensions continuent d’affecter la continuité des traitements.[1]

Références

  1. ANSM, Point de situation sur les tensions en fluoxétine 20 mg, 25 septembre 2026.
  2. ANSM, Spécialités à base de fluoxétine 20 mg en gélule et en comprimé dispersible sécable – fluoxétine, tension au 2 septembre 2026, publiée le 4 septembre 2026.
  3. ANSM, Disponibilités des produits de santé – médicaments, consulté le 5 octobre 2026.
  4. Base de données publique des médicaments, FLUOXETINE ACCORD 20 mg, gélule – résumé des caractéristiques du produit, RCP mis à jour le 29 janvier 2024.
  5. Base de données publique des médicaments, FLUOXETINE ARROW 20 mg/5 ml, solution buvable – résumé des caractéristiques du produit, RCP mis à jour le 25 août 2023.
  6. Caducee.net, Quétiapine, lithium, venlafaxine : les stocks se reconstituent selon l’ANSM, 21 janvier 2026.
  7. Caducee.net, Propranolol 40 mg : face à la pénurie, sécuriser les patients sans improviser, 2 juin 2026.

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