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Arrêt de Levemir, Fiasp PumpCart et Victoza fin 2026 : comment préparer les alternatives

Arrêt de Levemir, Fiasp PumpCart et Victoza fin 2026 : comment préparer les alternatives L’arrêt de commercialisation de Levemir, Fiasp PumpCart, NovoMix 50 FlexPen et Victoza par Novo Nordisk doit être achevé en France au plus tard le 31 décembre 2026. Pour les patients traités par insuline ou liraglutide, des alternatives existent, mais le changement peut imposer une adaptation des doses, des horaires ou du dispositif d’administration, ainsi qu’une surveillance glycémique renforcée. À moins de quatre mois de l’échéance, médecins, pharmaciens et équipes soignantes ont intérêt à préparer les relais avant que la disponibilité des stocks ne réduise leurs options.[1][4]

À retenir (lecture rapide)

• Levemir, Fiasp PumpCart, NovoMix 50 FlexPen et Victoza seront retirés du marché français d’ici fin 2026.

• Fiasp PumpCart est disponible normalement, mais NovoRapid PumpCart reste en tension en ville jusqu’à fin 2026.

• Le relais de Levemir peut mobiliser glargine ou dégludec, avec adaptation individualisée du schéma insulinique.

• LIRAGLUTIDE SUN offre une option générique à Victoza, sous réserve de disponibilité au moment du relais.

Arrêt de commercialisation chez Novo Nordisk : cinq présentations concernées fin 2026

L’annonce ne survient pas isolément. Le 30 septembre 2025, Novo Nordisk avait déjà cessé en France la commercialisation de NovoNorm, d’Actrapid Penfill ainsi que d’Insulatard FlexPen et Penfill.[8] Un an plus tard, une nouvelle série de traitements utilisés dans le diabète doit quitter le marché.

Dans une information publiée le 8 septembre 2026, Vidal rapporte l’arrêt au plus tard le 31 décembre de cinq présentations : Fiasp PumpCart 100 U/mL, Levemir FlexPen 100 U/mL, Levemir Penfill 100 U/mL, NovoMix 50 FlexPen 100 U/mL et Victoza 6 mg/mL. Le laboratoire avait informé les professionnels de santé par courrier le 24 août.[1]

Ces médicaments correspondent à des situations thérapeutiques différentes. Fiasp PumpCart contient de l’insuline asparte d’action rapide et est utilisé avec des pompes compatibles. Levemir, à base d’insuline détémir, assure la composante basale de l’insulinothérapie. NovoMix 50 associe une fraction d’insuline asparte soluble et une fraction protaminée à action plus prolongée. Victoza contient enfin du liraglutide, agoniste du récepteur du glucagon-like peptide-1 (GLP-1), indiqué dans le diabète de type 2.[1][4]

Selon l’Agence européenne des médicaments (EMA), ces arrêts d’insulines ont été décidés pour des motifs commerciaux et ne résultent ni d’un défaut de qualité ni d’un nouveau signal de sécurité. L’agence apporte la même précision pour Victoza.[4][5]

Le 31 décembre constitue toutefois une date butoir, et non la garantie d’une disponibilité uniforme jusqu’au dernier jour. Les sorties du marché seront progressives.[1] Pour les professionnels français, le suivi des fiches de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) permet donc de distinguer l’arrêt programmé d’une tension ou d’une rupture effectivement constatée sur le territoire.[2]

Cette anticipation s’inscrit dans une prise en charge du diabète désormais fondée sur l’articulation entre traitements, surveillance glycémique et coordination des soins.[10]

Fiasp PumpCart : disponibilité en France et alternatives sous pompe à insuline

La situation de Fiasp PumpCart illustre la difficulté de raisonner uniquement à partir du nom de l’insuline. Pour les patients sous pompe, le conditionnement, la compatibilité du dispositif et la disponibilité des consommables comptent autant que la substance active.

Au niveau européen, l’EMA continue de suivre des difficultés d’approvisionnement liées à des capacités de production insuffisantes.[4] La situation française est toutefois plus favorable : l’ANSM indique une remise à disposition normale de Fiasp PumpCart depuis le 15 mai 2026.[2]

Ce retour à la normale ne règle pas la question du relais à moyen terme puisque la présentation doit tout de même disparaître d’ici au 31 décembre. Surtout, l’une des solutions qui peut apparaître comme la plus proche sur le plan du dispositif, NovoRapid PumpCart, reste elle-même sous tension.

Dans sa fiche mise à jour le 22 mai 2026, l’ANSM mentionne pour NovoRapid PumpCart une « situation en ville : tension ». La distribution est contingentée en officine, tandis que l’hôpital n’est pas signalé comme impacté. La remise à disposition est annoncée pour la fin de l’année 2026.[2]

Autrement dit, passer de Fiasp PumpCart à NovoRapid PumpCart ne peut pas être considéré comme un relais disponible sans réserve. Le statut des stocks doit être contrôlé au moment où le changement est organisé.

D’autres solutions existent. L’EMA cite notamment d’autres présentations de Fiasp, NovoRapid et différentes insulines rapides ou ultra-rapides.[4] Pour les utilisateurs d’une mylife YpsoPump, l’ANSM rappelle également la possibilité de recourir à un réservoir rempli manuellement avec une insuline U100 compatible disponible en France.[3]

Cette solution peut permettre de conserver la pompe, mais elle modifie les gestes du patient. Remplir un réservoir à partir d’un flacon ne reproduit pas l’utilisation d’une cartouche préremplie. Le changement doit donc intégrer la prescription du matériel adapté, l’information du patient et, lorsque cela est nécessaire, une nouvelle formation.

Cette dimension pratique rejoint l’accompagnement nécessaire autour des pompes à insuline et des systèmes automatisés de délivrance.[11] Pour Fiasp PumpCart, anticiper signifie ainsi préparer à la fois l’alternative insulinique et les conditions matérielles de son administration.

Levemir : quelles alternatives d’insuline basale avant fin 2026 ?

L’arrêt de Levemir concerne FlexPen et Penfill, soit les présentations mentionnées par Vidal dans cette nouvelle vague de retraits.[1] Pour certains patients atteints de diabète de type 1 ou de diabète de type 2 insulinotraité, le changement interviendra après plusieurs années de stabilité sous insuline détémir.

Des alternatives à Levemir existent parmi les insulines basales à action prolongée. La stratégie thérapeutique peut notamment faire appel à l’insuline glargine U100, à l’insuline glargine U300 ou à l’insuline dégludec.[7]

En pratique française, ces molécules correspondent notamment à des spécialités comme Lantus ou Abasaglar pour la glargine U100, Toujeo pour la glargine U300 et Tresiba pour la dégludec.[9] Leur présence sur le marché ne signifie cependant pas qu’une dose de Levemir puisse être remplacée mécaniquement par la même quantité d’une autre insuline basale.

« le remplacement (...) par une autre insuline peut nécessiter une adaptation de la dose et des horaires d'administration ».[1]

Le choix de l’alternative doit donc tenir compte du schéma antérieur, de la fréquence des injections, du profil glycémique, des épisodes d’hypoglycémie, des doses utilisées et des autres traitements antidiabétiques. La durée et le profil d’action des insulines basales diffèrent suffisamment pour justifier une transition individualisée.

L’EMA recommande parallèlement de renforcer la surveillance glycémique lors du passage à une autre marque ou à un autre type d’insuline, puis au cours des premières semaines suivant le changement.[4] Elle appelle à une vigilance particulière chez les enfants et les femmes enceintes, chez lesquels le risque d’hypoglycémie peut être plus élevé pendant cette période.

L’objectif n’est donc pas uniquement de trouver une alternative à Levemir avant décembre. Il est de ménager suffisamment de temps pour observer la réponse au nouveau schéma et l’ajuster si nécessaire.

NovoMix 50 FlexPen : préparer le changement d’insuline prémélangée

NovoMix 50 FlexPen doit lui aussi disparaître du marché français au plus tard fin 2026. Cette insuline biphasique contient 50 % d’insuline asparte soluble et 50 % d’insuline asparte protamine.[4]

D’autres insulines prémélangées restent disponibles en France. Vidal précise notamment que NovoMix 30 FlexPen et NovoMix 30 Penfill ne sont pas concernés par l’arrêt annoncé.[1] Des associations reposant sur l’insuline lispro et l’insuline lispro protamine figurent également parmi les traitements disponibles.[9]

Cette diversité ne doit pas conduire à considérer ces produits comme interchangeables. Une formulation contenant 30 % de fraction rapide ne présente pas le même profil qu’un mélange à 50 %, et la substitution peut modifier l’équilibre entre couverture des repas et action insulinique plus prolongée.

Pour un patient sous NovoMix 50, le choix du relais doit donc être confronté aux horaires des repas, aux glycémies pré- et postprandiales, au risque d’hypoglycémie et au rythme des injections.

L’arrêt de NovoMix 50 peut aussi être l’occasion de réexaminer l’organisation générale de l’insulinothérapie plutôt que de rechercher à tout prix la formulation ressemblant le plus au traitement antérieur. Là encore, la surveillance glycémique accompagne la transition.[4]

Victoza : quels relais avec le liraglutide générique ?

Pour Victoza, la problématique diffère de celle des insulines. Novo Nordisk doit cesser la commercialisation du médicament dans l’Union européenne et l’Espace économique européen d’ici décembre 2026. L’EMA précise que cette décision est commerciale et n’est liée ni à un problème de qualité ni à un signal de sécurité.[5]

L’agence recommande de ne plus initier de nouveaux traitements par Victoza et de préparer une alternative chez les patients déjà traités.[5]

Depuis l’annonce initiale de cet arrêt, l’offre française de liraglutide a évolué. La Base de données publique des médicaments répertorie désormais un groupe générique « LIRAGLUTIDE 6 mg/mL – VICTOZA » comprenant LIRAGLUTIDE BIOGARAN et LIRAGLUTIDE SUN aux côtés du médicament de référence.[6]

L’inscription dans le groupe générique ne suffit cependant pas à démontrer que toutes les présentations sont effectivement commercialisées et disponibles. Pour LIRAGLUTIDE SUN 6 mg/mL, la base publique documente une déclaration de commercialisation au 16 décembre 2025. La spécialité est délivrée sur ordonnance et remboursable à 65 %.[6]

Pour un patient traité par Victoza, le recours au liraglutide générique constitue ainsi une possibilité concrète, sous réserve de sa disponibilité au moment du relais. Selon le profil clinique, le prescripteur peut également être conduit à discuter une autre stratégie thérapeutique.

La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle que le choix des médicaments du diabète de type 2 ne repose pas sur le seul contrôle glycémique. Les comorbidités cardiovasculaires et rénales, le risque d’hypoglycémie, le poids, les effets indésirables, le mode d’administration et les préférences du patient participent à la décision.[7]

L’arrêt de Victoza doit donc être replacé dans un suivi coordonné et individualisé du diabète de type 2.[12] Chez certains patients, conserver le liraglutide pourra être cohérent ; chez d’autres, l’échéance de fin 2026 pourra conduire à réinterroger plus largement la stratégie antidiabétique.

Fin 2026 : quand organiser le changement de traitement ?

Le principal écueil serait de considérer le 31 décembre 2026 comme la date à laquelle commencer à modifier les traitements. Cette échéance marque la fin annoncée de la commercialisation, pas le début souhaitable des démarches de relais.

La première étape consiste à identifier les patients encore traités par Fiasp PumpCart, Levemir, NovoMix 50 FlexPen ou Victoza. Ce repérage peut intervenir lors d’une consultation, d’un renouvellement d’ordonnance ou d’une dispensation en pharmacie.

Pour les patients sous insuline, préparer le changement plusieurs semaines ou plusieurs mois en amont permet de choisir le nouveau schéma, de modifier les doses si nécessaire, d’expliquer les différences d’administration et de renforcer temporairement la surveillance glycémique.

Avec Fiasp PumpCart, une question supplémentaire se pose : la disponibilité et la compatibilité du dispositif. La tension persistante sur NovoRapid PumpCart montre qu’une alternative théorique peut se révéler plus difficile à mobiliser en pratique.[2]

Pour Levemir et NovoMix 50, anticiper laisse une marge pour observer l’équilibre glycémique après la transition. Pour Victoza, la présence d’un liraglutide générique commercialisé élargit les possibilités, sans supprimer la nécessité d’une réévaluation clinique.

Médecins généralistes, diabétologues, pharmaciens, infirmiers et prestataires intervenant auprès des patients sous pompe disposent encore de plusieurs mois pour organiser ces changements. La disponibilité des médicaments doit être suivie au fil de l’automne, notamment dans les données publiées par l’ANSM.

Le 31 décembre 2026 fixe la fin de commercialisation de plusieurs traitements du diabète. Pour les patients concernés, le calendrier thérapeutique gagne à commencer bien avant.

Références

1. Vidal — « Traitement du diabète : une série d'arrêts de commercialisation chez Novo Nordisk », 8 septembre 2026.

2. ANSM — « Fiasp PumpCart 100 unités/mL, solution injectable en cartouche », mise à jour du 18 mai 2026 ; « NovoRapid PumpCart 100 unités/mL, solution injectable en cartouche », mise à jour du 22 mai 2026.

3. ANSM — « Tensions d’approvisionnement sur les cartouches d’insuline Novo Nordisk utilisées avec les pompes YpsoPump : conduites à tenir », mise à jour du 29 septembre 2025.

4. European Medicines Agency — « NovoNordisk insulin – various short-, rapid-, intermediate-, mixed- and long-acting forms – supply shortage », mise à jour du 27 mai 2026.

5. European Medicines Agency — « Victoza – supply shortage », mise à jour du 5 septembre 2025.

6. Base de données publique des médicaments — groupe générique « LIRAGLUTIDE 6 mg/mL – VICTOZA » et « LIRAGLUTIDE SUN 6 mg/mL, solution injectable en stylo prérempli », base mise à jour le 31 août 2026.

7. Haute Autorité de santé — « Stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2 », 6 juin 2024.

8. Vidal — « Une série d'arrêts de commercialisation effectifs ou imminents », 18 septembre 2025.

9. Vidal — « Les médicaments du diabète de type 1 », liste mise à jour le 23 juin 2026.

10. Caducee.net — « Diabète sucré : une épidémie chronique à la croisée des chemins pour le système de santé », 18 mars 2026.

11. Caducee.net — « Les PSAD dénoncent les conditions économiques imposées pour le déploiement de l'Omnipod 5 », 17 mai 2024.

12. Caducee.net — « Diabète de type 2 : prévenir plus tôt, accompagner mieux », 8 juillet 2025.

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