Biosimilaires 2026 et groupes hybrides : les règles de substitution à l’officine
À retenir (lecture rapide)
• Depuis le JORF du 14 avril 2026, 11 groupes biologiques similaires sont substituables en officine.[1]
• La liste de référence ANSM des biosimilaires reste plus large que la liste ouverte à la substitution par arrêté.[2][3]
• Les groupes hybrides relèvent d’un registre distinct, avec des règles propres et des exceptions ciblées.[4]
• L’ustékinumab impose une lecture particulièrement attentive de l’AMM de la spécialité effectivement délivrée.[1][8]
• La continuité de dispensation dépend aussi des stocks, des dispositifs et de la préparation des équipes officinales.[1][7]
Une séquence réglementaire concentrée en trois semaines
Avril 2026 a produit un effet de superposition. Le 1er avril, l’ANSM a publié une décision datée du 26 mars modifiant le registre des groupes hybrides. Le 14 avril, le Journal officiel de la République française a publié l’arrêté du 10 avril 2026, qui remplace l’annexe de l’arrêté du 20 février 2025 et fixe la liste des groupes biologiques similaires substituables par le pharmacien d’officine. Puis, le 22 avril, l’agence a publié deux nouvelles décisions : l’une sur la liste de référence des groupes biologiques similaires, l’autre sur le registre des groupes hybrides.[1][2][5][6]
Cette chronologie explique une partie de la confusion observée sur le terrain. La décision ANSM du 22 avril sur les biosimilaires ajoute des spécialités à la liste de référence, notamment en dénosumab pour Prolia et Xgeva, ainsi qu’en ustékinumab pour Stelara. Pourtant, cette inscription ne suffit pas, à elle seule, à ouvrir un droit de substitution immédiat au comptoir. En pratique, l’acte opposable pour la substitution biosimilaire reste l’arrêté et son annexe.[1][2][3]
Le sujet s’inscrit aussi dans une pression économique plus large. Les biosimilaires sont régulièrement présentés comme un levier d’efficience, tandis que l’officine évolue dans un contexte tendu, marqué par les débats sur les incitations financières en médecine de ville et par le plafonnement des remises sur les génériques et les biosimilaires.[11][12] Mais cette dimension économique ne modifie ni les conditions juridiques ni les exigences cliniques de la délivrance. Les textes réglementaires d’avril consultés ne chiffrent pas l’impact attendu par molécule ; l’ustékinumab doit donc être traité comme une extension réglementaire majeure, non comme un gisement économique déjà objectivé.[1][2]
Onze groupes substituables, mais dans un cadre étroit
L’arrêté du 10 avril 2026 autorise la substitution à l’intérieur de 11 groupes biologiques similaires : filgrastim, pegfilgrastim, ranibizumab, tériparatide, étanercept, adalimumab, énoxaparine, follitropine alfa, époétine, aflibercept et ustékinumab. Dans une actualité du 16 avril 2026, Vidal présente d’ailleurs l’ustékinumab comme le onzième groupe ajouté à la liste des groupes biologiques similaires substituables en officine.[1][8]
Le cadre général n’a rien d’une substitution automatique. Il s’arrête également si le médecin a exclu la substitution par une mention expresse et justifiée portée sur l’ordonnance, tenant à la situation médicale du patient.[7] Une fois cette réserve levée, le texte impose une chaîne d’information et de traçabilité particulièrement structurée : le prescripteur informe le patient de la possibilité de substitution ; le pharmacien informe ensuite le patient de la substitution effective ; il mentionne sur l’ordonnance le nom du médicament effectivement dispensé ; il informe le prescripteur ; il enregistre le nom du médicament délivré ainsi que son numéro de lot ; enfin, il assure la continuité de la dispensation lors des délivrances suivantes.[1]
« assurer la continuité de la dispensation du même médicament lors des dispensations suivantes »[1]
Cette formule, inscrite dans l’arrêté, résume à elle seule l’esprit du dispositif. Substituer ne consiste pas seulement à remettre une autre boîte au patient. Il s’agit de sécuriser un parcours de traitement, en évitant que des changements successifs dictés par les flux d’approvisionnement, les habitudes de commande ou les écarts de présentation ne fragilisent l’observance ou la compréhension du traitement.[1]
Les conditions spécifiques qui changent la délivrance
Plusieurs groupes comportent des contraintes propres. Pour le tériparatide, l’étanercept, l’adalimumab et l’ustékinumab, le prescripteur peut indiquer le type de dispositif médical d’administration à privilégier pour un patient donné. Pour ces groupes, la question du geste ne relève pas d’un simple détail logistique : elle conditionne l’acceptabilité de la substitution et la sécurité d’utilisation. L’arrêté prévoit d’ailleurs que les laboratoires mettent à disposition des dispositifs factices auprès des professionnels de santé et des patients.[1]
Pour l’adalimumab, l’énoxaparine, l’époétine et l’étanercept, le pharmacien doit substituer des spécialités de même dosage en substance active. L’adalimumab comporte une réserve supplémentaire : la substitution ne peut pas conduire à délivrer un biosimilaire dont le volume d’injection est supérieur à celui du médicament prescrit. Pour la follitropine alfa, le texte insiste sur l’administration exacte de la posologie prescrite, notamment lors d’un passage entre stylos multidoses et stylos unidoses, ainsi que sur la vérification du stylo adapté en cas de cartouches.[1]
Un mémo de décision pour garder le fil au comptoir
Avant toute substitution biosimilaire, la décision peut être ramenée à une progression simple en cinq filtres. Il faut d’abord vérifier que la molécule figure dans l’arrêté opposable. Il faut ensuite s’assurer que la spécialité délivrée appartient bien au même groupe, que l’AMM couvre la situation clinique concernée, que le dosage, le volume d’injection et le dispositif respectent les conditions particulières prévues par le texte, puis que l’information, l’inscription sur l’ordonnance et la traçabilité du lot sont correctement réalisées. L’Observatoire du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (OMEDIT) Île-de-France et l’Assurance maladie ont repris cette logique dans un support de bonnes pratiques daté du 15 avril 2026, dans une version du 20 avril, en distinguant notamment les molécules substituables de celles « en attente de texte de référence », comme le dénosumab ou le golimumab.[9]
L’ustékinumab, cas d’école d’une lecture réglementaire exigeante
Le cas de l’ustékinumab mérite une attention particulière, car il concentre plusieurs risques de lecture rapide. Dans l’annexe de l’arrêté du 10 avril, le médicament de référence est Stelara, avec huit biosimilaires cités : Imuldosa, Otulfi, Pyzchiva, Steqeyma, Usrenty, Uzpruvo, Wezenla et Yesintek. Vidal précise également, dans son actualité du 16 avril 2026, que Stelara 130 mg, solution à diluer pour perfusion, n’est pas concerné car cette spécialité est uniquement disponible à l’hôpital.[1][8]
La décision ANSM du 22 avril ajoute, pour sa part, Usgena dans la liste de référence du groupe ustékinumab. C’est précisément ici qu’une lecture trop rapide devient piégeuse. L’inscription dans la liste de référence des groupes biologiques similaires n’équivaut pas à une inscription automatique dans l’annexe de l’arrêté de substitution. En pratique, la substitution officinale doit donc être lue d’abord dans l’arrêté, puis confrontée à la liste ANSM et enfin à l’AMM de la spécialité effectivement délivrée.[1][2][3]
La vigilance est renforcée par les différences possibles d’indications. L’arrêté précise que les indications thérapeutiques de l’AMM de Stelara et de ses biosimilaires peuvent différer, notamment pour la maladie de Crohn pédiatrique et la rectocolite hémorragique. Il ajoute que la substitution n’est possible que dans le périmètre de l’AMM de la spécialité délivrée. Pour l’officine, cela oblige à relier la substitution à la pathologie effectivement traitée, et non à la seule appartenance nominale au groupe biologique similaire.[1]
Les groupes hybrides relèvent d’un registre distinct
Les groupes hybrides ne sont pas des groupes biologiques similaires. L’ANSM définit la spécialité hybride comme une spécialité qui ne répond pas à la définition d’une spécialité générique, en raison de différences relatives aux indications thérapeutiques, au dosage, à la forme pharmaceutique ou à la voie d’administration, ou parce que la bioéquivalence ne peut pas être démontrée par des études de biodisponibilité conventionnelles. L’agence cite notamment les formes topiques, les collyres, les solutions pour pulvérisations nasales, les produits destinés à une application locale sur la peau et les médicaments administrés par voie inhalée.[4]
Le registre des groupes hybrides classe les spécialités par groupe, avec une spécialité de référence identifiée par la lettre « R » et des hybrides identifiés par la lettre « H ». La substitution peut s’exercer au sein d’un même groupe entre la spécialité de référence et la spécialité hybride, sauf exclusion par le prescripteur. L’ANSM rappelle que le pharmacien doit informer le patient qu’il délivre une spécialité hybride et inscrire sur l’ordonnance le nom de la spécialité effectivement dispensée.[4]
Deux situations permettent au prescripteur d’exclure cette substitution : la prescription chez l’enfant de moins de six ans lorsqu’aucune spécialité du même groupe hybride ne présente une forme galénique adaptée, et la prescription pour un patient ayant une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire présent dans toutes les spécialités disponibles du même groupe, lorsque la spécialité de référence n’en comporte pas.[4]
Les mises à jour hybrides d’avril
La décision ANSM du 26 mars 2026, publiée le 1er avril, modifie ou complète plusieurs groupes hybrides. Elle concerne notamment béclométasone/formotérol 100/6 microgrammes par dose, avec Innovair 100/6 comme spécialité de référence ; brimonidine/timolol, avec Combigan ; brinzolamide, avec Azopt ; ciclopirox, avec Onytec ; ciclopirox olamine, avec Mycoster et Sebiprox ; ainsi que latanoprost/timolol, avec Xalacom.[5]
La décision du 20 avril 2026, publiée le 22 avril, ajoute une nouvelle série de modifications. Elle vise béclométasone/formotérol 200/6 microgrammes par dose, avec Innovair 200/6 comme référence ; brimonidine/timolol, avec Combigan ; et propionate de fluticasone/salmétérol 250/25 microgrammes par dose, avec Seretide 250/25 comme référence. Dans ce dernier groupe, les spécialités hybrides Propionate de fluticasone/Salmétérol Sandoz 250/25 et Propionate de fluticasone/Salmétérol Zentiva 250/25 sont ajoutées, avec une substitution mentionnée dans toutes les situations médicales prévues au registre.[6]
Le message pratique est clair. Les groupes hybrides avancent surtout sur des formes où la similitude ne se lit pas comme celle d’un générique classique. Inhalateurs, collyres, crèmes, shampooings ou vernis médicamenteux appellent une vigilance particulière sur la forme, le dispositif, les excipients et la compréhension du patient. Le registre peut ouvrir la substitution, mais il n’efface pas la responsabilité d’explication au comptoir.[4][5][6]
Au comptoir, l’information devient un acte de sécurisation
Pour le pharmacien d’officine, l’arrêté du 10 avril 2026 élargit le champ de la substitution biosimilaire, mais il accroît dans le même temps la charge documentaire et pédagogique. À chaque substitution, l’information au patient ne se limite pas à signaler un nom différent. Elle doit couvrir la substitution effective, les informations utiles qui l’accompagnent, les règles de conservation et, lorsque le dispositif change, l’apprentissage du geste. L’Assurance maladie reprend ces obligations dans sa page destinée aux pharmaciens.[7]
Le prescripteur doit, lui aussi, être informé du médicament délivré. Cette exigence n’a rien d’un simple formalisme. Elle conditionne la continuité du suivi, la pharmacovigilance et l’interprétation d’un éventuel effet indésirable. L’enregistrement du nom et du numéro de lot répond à la même logique, d’autant que les médicaments biologiques imposent une traçabilité spécifique.[1][7]
Cette prudence ne remet pas en cause la place des biosimilaires. L’Assurance maladie rappelle que la pharmacovigilance n’a pas mis en évidence de différences dans la nature, la gravité ou la fréquence des effets indésirables entre médicaments biosimilaires et médicaments de référence au cours des quinze dernières années. À l’échelle européenne, l’Agence européenne des médicaments (EMA) considère les biosimilaires approuvés comme interchangeables, tout en rappelant que la substitution en pharmacie relève de chaque État membre.[7][10]
Sur le terrain, la principale fragilité devient organisationnelle. Un stock insuffisant, un changement d’approvisionnement ou une équipe insuffisamment familiarisée avec les stylos, seringues ou injecteurs peut heurter l’obligation de continuité et rendre plus difficile l’explication au patient. La substitution biosimilaire suppose donc une préparation de l’équipe autant qu’une lecture correcte de l’arrêté.[1][7]
Côté patient, le principal risque n’est pas seulement l’incompréhension d’un changement de nom. Il tient au cumul des modifications : changement de spécialité, dispositif différent, volume d’injection, conservation, retour éventuel à la spécialité initialement délivrée, ou AMM non superposable dans certaines pathologies. Cette pédagogie demande du temps. Elle protège pourtant la confiance dans la substitution, et donc son acceptabilité réelle en pratique.[1][7]
Les pièges de lecture à éviter
Le premier piège consiste à confondre la liste de référence ANSM des biosimilaires avec la liste des groupes substituables en officine. La première recense des groupes biologiques similaires et leurs spécialités. La seconde, fixée par arrêté, détermine les groupes et spécialités effectivement substituables par le pharmacien d’officine. Le dénosumab illustre bien cette séparation : l’ANSM ajoute des biosimilaires pour Prolia et Xgeva le 22 avril 2026, mais le dénosumab ne figure pas dans les 11 groupes de l’annexe de substitution du 10 avril.[1][2][3]
Ce mille-feuille réglementaire gagne en précision ce qu’il perd en lisibilité. Il protège la substitution par étapes, mais il multiplie les points d’entrée : liste de référence, arrêté, registre hybride, AMM, mentions d’exclusion et conditions liées au dispositif. Pour l’équipe officinale, le risque n’est donc pas seulement d’ignorer une mise à jour. Il tient aussi au fait de lire la bonne source au mauvais niveau réglementaire.[1][3][4]
Le deuxième piège tient justement à l’AMM. Un biosimilaire inscrit dans un groupe ne couvre pas nécessairement toutes les situations cliniques du médicament de référence. L’ustékinumab rend cette nuance particulièrement visible, mais le raisonnement vaut plus largement dès lors que la liste ANSM invite à se référer aux indications thérapeutiques prévues par l’autorisation de mise sur le marché.[1][3]
Le troisième piège concerne les groupes hybrides. La mention « toutes » dans la colonne des situations médicales du registre ne doit pas être interprétée comme une liberté absolue. Le prescripteur peut exclure la substitution dans les situations prévues par les textes, et le pharmacien reste tenu d’informer le patient et d’inscrire sur l’ordonnance le nom de la spécialité délivrée.[4]
Enfin, si les objectifs de diffusion des biosimilaires et des hybrides participent à une recherche d’économies sur le médicament, le texte impose une logique de sécurité : même groupe, même dosage lorsque requis, dispositif maîtrisé, traçabilité, information et continuité.[13] En d’autres termes, il faut distinguer la lettre du texte et la pratique du comptoir.
Une valeur de service renforcée pour l’officine
En avril 2026, la substitution biosimilaire et la substitution au sein des groupes hybrides ne dessinent pas un basculement vers le « tout substituable ». Elles construisent plutôt une zone de compétence où l’officine peut apporter une forte valeur de service : lire les textes à jour, expliquer la différence entre biosimilaire et hybride, repérer les limites d’AMM, sécuriser les dispositifs d’administration et maintenir un dialogue clair avec le prescripteur.[1][4][7]
Cette compétence sera d’autant plus visible que les mises à jour vont probablement se poursuivre. Chaque nouvelle décision de l’ANSM peut enrichir une liste de référence ou un registre, sans modifier mécaniquement le droit de substitution applicable au comptoir. Pour l’officine, la règle de prudence tient donc en une méthode : distinguer la lettre du texte et la pratique du comptoir, puis vérifier le statut réglementaire, le groupe, la spécialité, l’AMM et les conditions d’information comme de traçabilité.[1][2][4]
Références
[1] Légifrance, « Arrêté du 10 avril 2026 modifiant l'arrêté du 20 février 2025 fixant la liste des groupes biologiques similaires substituables par le pharmacien d'officine », JORF du 14 avril 2026.
[2] ANSM, « Décision du 22/04/2026 portant modification de la liste de référence des groupes biologiques similaires mentionnée à l’article R. 5121-9-1 du code de la santé publique », 22 avril 2026.
[3] ANSM, « Médicaments biosimilaires », mise à jour du 22 avril 2026.
[4] ANSM, « Registre des groupes hybrides », mise à jour du 22 avril 2026.
[5] ANSM, « Décision du 26/03/2026 portant modification au registre des groupes hybrides mentionné à l’article L. 5121-10 du code de la santé publique », publiée le 1er avril 2026.
[6] ANSM, « Décision du 20/04/2026 portant modification au registre des groupes hybrides mentionné à l’article L. 5121-10 du code de la santé publique », publiée le 22 avril 2026.
[7] Assurance maladie, « Règles de dispensation et substitution des médicaments biologiques (de référence ou biosimilaires) », 20 mars 2026.
[8] Vidal, « Médicaments biologiques similaires substituables à l'officine : ajout du groupe ustékinumab », 16 avril 2026.
[9] OMEDIT Île-de-France et Assurance maladie, « Bonnes pratiques de substitution des biosimilaires en officine », 15 avril 2026, version du 20 avril 2026.
[10] European Medicines Agency, « Biosimilar medicines can be interchanged », 19 septembre 2022.
[11] Caducee.net, « Biosimilaires : Amgen propose de renforcer les incitations financières en médecine de ville », 24 octobre 2024.
[12] Caducee.net, « Remises sur les génériques : les officines en lutte pour leur survie économique », 21 juillet 2025.
[13] Caducee.net, « L’Assurance-maladie vise 1,5 milliard d’économies pour 2025 malgré l'incertitude politique », 16 juillet 2024.
Descripteur MESH : Santé , Sécurité , Maladie , Lecture , Lettre , Politique , Logique , Survie , Incertitude , Lutte , Mars , Assurance , Assurance maladie , Santé publique , Pharmacovigilance , Compréhension , Temps , Médecine , Risque , Tériparatide , France , Nature , Pharmaciens , Diffusion , Patients , Liberté , Laboratoires , Pharmacie , Chronologie , Perfusion , Rectocolite hémorragique , Rectocolite , Maladie de Crohn , Confusion , Énoxaparine , Pulvérisations nasales , Excipients , Solutions , Thérapeutique , Recherche , Seringues , Habitudes , Objectifs , Confiance , Attention , Pression , Peau , Biodisponibilité

