Adoption : les couples homosexuels font de bons parents selon plusieurs études scientifiques.

« Il n’y aucune raison scientifique de discréditer les couples homosexuels en tant que parents d'enfants adoptés ». C’est la conclusion d’un des auteurs d’une étude parue en octobre 2012 dans l' American Journal of Orthopsychiatry qui a consisté à suivre pendant plus de deux ans le développement cognitif et comportemental de 82 enfants adoptés par des couples gays, lesbiens et hétérosexuels.

Aux Etats-Unis, 400 000 enfants sont pris en charge par les services sociaux et plus de 107 000 sont en attente d’adoption. La plupart de ces enfants ont subis violences, des viols ou des négligences. La prévalence des troubles mentaux varient selon les méta-analyses de 29 à 96 % et plus de la moitié de ces enfants ont des problèmes de santé diagnostiqués.  La littérature scientifique montre que l’adoption leur apporte de nombreux bénéfices en termes de QI et de santé mentale par rapport aux enfants qui restent pris en charge par les services sociaux. En dépit de ces bénéfices les besoins en adoption ne sont satisfaits  qu’à hauteur de 40%.


Plus de 2 millions de couples homosexuels ont déclaré vouloir adopter un enfant. Mais leur démarche relève la plupart du temps du parcours du combattant et ils doivent faire face à une certaine méfiance des services sociaux. L’adoption par les couples homosexuels demeure pour certains un sujet de controverse.  


Cependant, selon  les auteurs, cela fait 20 ans que les études scientifiques montrent que le développement des enfants adoptés n’est que très peu ou pas du tout lié à l’orientation sexuelle des parents et ce quelque soit la tranche d’âge des enfants.  Les seuls biais qui auraient pu être introduits dans ces études résident non seulement dans le fait qu’elles ont essentiellement analysé les adoptions privées, réputées comme moins risquées que les adoptions publiques  mais surtout dans l’absence de suivi au long cours.


Et c’est justement pour remédier à ces lacunes que cette étude propose l’analyse sur une période de 24 mois du développement d’enfants qui présentaient avant leur adoption des facteurs de risques importants. Ainsi  2 mois, 12 mois et 24 mois après leur adoption, différents critères d’évaluation ont été mesurés  auprès de 60  enfants placés auprès de couples hétérosexuels, 15 auprès de couples gays et 7 auprès de couples lesbiens.


•    Les facteurs de risques biologiques et environnementaux de chaque enfant ont  d’abord été étudiés à partir des dossiers médicaux et des registres de services sociaux en prenant en compte la prématurité, le faible poids à la naissance, les troubles mentaux,  les agressions sexuelles, les violences, les multiples adoptions, … Une échelle de 1 à 9 des facteurs de risques a ainsi été définie.


•    Le développement cognitif à 2, 12 et 24 mois après l’adoption évalué en fonction de test adaptés à l’age des enfants.


•    L’échelle de BAYLEY II qui permet de façon plus spécifique d’évaluer le développement des nourrissons de 1 à 42 mois à travers une évaluation des capacités  mentales, motrices et comportementales.  http://psycho.univ-lyon2.fr/sites/psycho/IMG/pdf/3eme_seance_1_1_1_.pdf


•    Le test d’intelligence de KAUFMAN qui mesure les aptitudes cognitives


Tous les résultats indiquent clairement qu’on ne peut établir de différence significative dans le développement cognitif et comportemental des enfants adoptés selon  l’orientation sexuelle de leurs parents.


La seule différence notable réside dans le choix des couples homosexuels qui ont dans tous les cas adopté des enfants dont les facteurs de risque étaient supérieurs à  ceux adoptés par les couples hétérosexuels.


Pour Letitia Anne PEPLAU, professeur à l’Université de Los Angeles et co-auteur de l’étude, « la capacité des couples homosexuels à obtenir des résultats similaires aux couples hétérosexuels avec des enfants aux facteurs de risque plus nombreux est vraiment impressionnante ! »


La littérature scientifique ne laisse guère de place aux doutes. Les enfants peuvent être très bien éduqués par deux papas ou deux mamans sans que cela nuise à leur développement, bien au contraire.

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3 réaction(s) à l'article Adoption : les couples homosexuels font de bons parents selon plusieurs études scientifiques.

  • MyPassion

    MKADMINI TAHA| lundi 17 décembre 2012- REPONDRE

    c'est contre la déontologie médicale . nous comme médecins on encouragent les relations conjugales naturelles
    • MyPassion

      Christophe Menaud| mardi 02 avril 2013- REPONDRE

      Si celà était vraiment contre la déontologie médicale pourquoi 60 000 pédiatres américains y sont il favorables ? http://www.huffingtonpost.fr/2013/03/22/60000-pediatres-americain-pour-le-mariage-adoption-gay_n_2930904.html

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