Carabins et médecins généralistes appelés à manifester le 17 novembre prochain

illustrationAprès le passage en force de la 4e année d’internat de médecine générale dans le PLFSS 2023, les syndicats étudiants ont décidé de se mobiliser en vue d’une nouvelle journée d’actions le 17 novembre prochain avec un préavis de grève d’une durée illimitée. MG France appelle les médecins généralistes à rejoindre ce mouvement étudiant pour protester contre les attaques gouvernementales contre le cœur de métier du médecin généraliste.

Le 14 octobre 2022, 10 000 étudiants en médecine étaient dans la rue. En dépit de son caractère important, cette mobilisation n’a pas fait l’objet de la considération espérée par les syndicats étudiants. Ni le gouvernement ni les parlementaires n’ont pris le temps d’écouter les revendications étudiantes. Ils ont au contraire continué à proposer des mesures coercitives visant à réguler l’installation des jeunes médecins et à instaurer une 4e année d’internat.

Pour les carabins, ces mesures sont un non-sens et finiront pas produire l’effet inverse à celui escompté.

Leurs revendications sont simples : fin de la 4e année d’internat, suppression de l’interdiction de l’intérim médical et surtout une revalorisation de leur statut. L’INSI et l’ANEMF appellent tous les étudiants en médecine à battre le pavé le 17/11 à Paris et dans toutes les villes de France.

« Ils nous ont oublié systématiquement des textes de revalorisation des gardes. Ils veulent imposer la 4e année de médecine générale. Ils veulent choisir où nous nous installerons. Ils refusent la communication en utilisant le 49.3. Ils continuent de faire des propositions coercitives. Ils mettent les études de médecine, l’avenir de nos médecins, mais aussi de nos patients en danger. » déclare l’INSNI sur les réseaux sociaux.

«On va envoyer des internes dans des territoires qu’ils n’ont pas choisis, alors qu’ils ont déjà des projets de vie et, pour certains, des familles» explique pour le Figaro Yaël Thomas, président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf).

« Le jeudi 17 novembre prochain, nous serons de nouveau dans la rue pour protester contre des mesures démagogiques, protester contre une instrumentalisation des jeunes internes pour pallier les défaillances des politiques de santé et protester enfin pour que nous puissions être acteur de notre avenir et non le subir. ». Le préavis de grève est annoncé comme illimité.

« Le cœur de métier du médecin généraliste traitant est attaqué comme jamais il ne l’a été » selon MG FRANCE

MG France a décidé d’emboiter le pas aux étudiants et appelle l’ensemble des médecins généralistes à défiler dans les rues le 17 novembre prochain aux côtés des carabins. Le premier syndicat de médecins explique sa position dans une publication sur son site web.

« Le cœur de métier du médecin généraliste traitant est attaqué comme jamais il ne l’a été : amendements et propositions de loi veulent ouvrir largement l’accès direct aux autres professions de santé sans coordination, même si un médecin traitant suit le patient !

Au-delà de la négation de la compétence propre du médecin généraliste traitant et du mépris affiché pour notre métier, ces dispositifs portent en germe un risque majeur d’abandon d’un système de santé solidaire qui garantit un égal accès aux soins pour tous.
Le calendrier parlementaire nous contraint à mobiliser tous ceux qui sont préoccupés par l’avenir du médecin généraliste traitant dès ce mois de novembre, avant même le début des négociations conventionnelles et avant la discussion et l’adoption de ces propositions de loi au Parlement. 
»

« Ce qu’on dénonce, c’est une rupture des discussions avec les instances nationales et gouvernementales… en pratique, on ne voit pas d’avancée », évoque Aurélien Vaillant, vice-président des médecins généralistes en Bourgogne–Franche-Comté pour le compte de France 3.

« On continue de détricoter le métier de généraliste pour le confier à d’autres professions, mais sans accord du médecin sur le terrain. Il y a une crispation importante des collègues sur le territoire qui se démotivent. »

Enfin concernant la 4e année d’Internat, Mg France y était initialement favorable, mais pas dans les conditions prévues par le gouvernement.

« Avec cette quatrième année, vous allez envoyer des internes tout seuls dans un coin où ils ne seront pas accompagnés. On sera en dehors d’une formation, ce sera un remplacement déguisé. Il faut mettre le parquet sur les maîtres de stage dans les zones déficitaires.

Du côté du ministère on se veut rassurant quant aux modalités d’application de cette 4e année d’internat en médecine générale. Le cabinet du ministre annonce des concertations dans les semaines qui viennent afin de déterminer “l’ensemble des critères de réussite de cette réforme”. Pour Agnès Giannotti, présidente de MG France, l’interne doit y trouve son compte et doit “gagner sa vie comme quelqu’un de bien installé.” 

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