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IVG : le patron du syndicat des gynécos n'est « pas là pour retirer des vies »

illustrationDans le cadre d'une interview dans l'émission Quotidien, le président du Syndicat des gynécologues obstétriciens français (Syngof), Bertrand de Rochambeau, a manifesté clairement son hostilité à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en l'assimilant à un homicide. Il a déclaré refuser d'en pratiquer en faisant jouer sa clause de conscience. Depuis 2 jours, la polémique enfle et les recadrages se multiplient.

C'est au micro de Valentine Oberti, journaliste de Quotidien que le Dr de Rochambeau a déclaré : « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », pour expliquer son choix de ne plus pratiquer d’IVG. La journaliste lui fait remarquer « Un enfant à naître n'est pas une vie au sens juridique. Ce n’est pas un homicide de faire une IVG », le gynécologue répond : « Si, Madame. ». La journaliste insiste « Toutes les femmes ne considèrent pas qu’avoir un embryon dans le ventre, c’est une vie ». Le gynécologue persiste « Moi, en tant que médecin, je ne suis pas forcé d’avoir votre opinion. Et, si je ne l’ai pas, la loi me protège, et ma conscience aussi. »

Une belle volée de bois vert

Ces propos ont été immédiatement condamnés par Agnès Buzyn et Marlène Schiappa dans un communiqué commun.
«L’IVG doit être un droit réel, que chaque femme doit pouvoir exercer en toute liberté. Cela fait maintenant plus de 40 ans que ce droit leur est acquis. Rien ni personne ne doit l’entraver". La ministre de la Santé précise que "Si les médecins ont effectivement le droit de refuser de pratiquer une IVG, ils ont, en revanche, l’obligation d’orienter la patiente vers un autre praticien ou une structure qui répondront à sa demande. »

Pour l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France, «Ces propos culpabilisants ...font peser une pression supplémentaire sur les femmes qui ont eu, ont ou auront un jour recours à l’IVG....Ces propos irresponsables appellent une réponse forte de la profession médicale. Le Dr Bertrand de Rochambeau ne représente plus que lui même et nous appelons l’ensemble de la communauté des Gynécologues-Obstétriciens à reconsidérer son poste. »

De son côté le CNGOF rappelle son attachement «à ce que les femmes de France puissent exercer leurs droits fondamentaux dans les conditions les plus favorables tant sur le plan de leur sécurité physique que psychologique», tout en réaffirmant le droit des médecins à la clause de conscience.

Un blâme du conseil de l'Ordre ?

Si le conseil de l'ordre des médecins est sur la même longueur d'onde, il souligne à demi-mot la non-conformité de tel propos avec le code de la déontologie médicale.
« Cette opinion personnelle ne peut effacer le fait que le Dr de Rochambeau est également président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens, ce qui pose le problème de la portée de ses propos tenus dans une émission de grande écoute. »

Or l'article 13 du code déontologie stipule «lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. » Selon un avocat spécialiste contacté par le Parisien, le Dr de Rochambeau pourrait être sanctionné d'un blâme.

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