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Les accidents de l'enfant en France : quelle prévention, quelle évaluation ?

Présentation d 'un ouvrage d' Anne Tursz et Pascale Gerbouin-Rérolle - Unité Inserm 502

Conférence de presse Inserm :

Présentation d 'un ouvrage d' Anne Tursz et Pascale Gerbouin-Rérolle - Unité Inserm 502

" Médecine, sciences, santé et société " éditions Inserm

14 septembre 2001 - Paris

Rédacteur : Dr F. Girard

Grâce à sa collaboration avec l'InVS, l'Inserm s'investit dans la nécessité qu'est l'évaluation des besoins. Cette démarche est d'autant plus délicate qu'à la frontière entre Recherche et Santé Publique, dans un contexte où l'Inserm manque cruellement de médecins, mais peut compter sur des partenariats comme celui de la CANAM. Elle espère pouvoir, à partir de ses expertises et d'une fédération d'efforts autour des problèmes de santé publique, reposant sur des références objectives, élaborer des recommandations.

La recherche épidémiologique française en matière d'accidents d'enfants et leur prévention apparaît délaissée des statistiques, alors que c'est la période même de l'apprentissage, de l'initiation des comportements et de grande réactivité aux messages préventifs.

L'Unté 502 a choisi ce sujet de travail compte tenu des taux importants d'accidents, par rapport à nos voisins que sont les Pays Bas, la Suède, le Danemark ou le Royaume Uni et de la difficulté à répartir leurs origines autres que par accidents de la voie publique, telles que domestiques, sportifs ou de loisir. En effet, on recence en 97 407 morts par accidents, majoritairement de la circulation, soit le double de ceux par leucémies ou tumeurs. Par ailleurs, les accidents non mortels, sportifs pour la plupart, apparaissent comme source d'handicaps lourds.

Les causes de ces accidents sont difficiles à quantifier compte tenu du manque d'études évaluatrices dans la littérature française chez les moins de 10 ans, mais on remarque que la mortalité des enfants passagers demeure importante malgré la réglementation du port de la ceinture de sécurité à l'arrière (dont on peut déplorer la rare verbalisation!) et que la fréquence et la gravité des accidents est proportionnelle au niveau socio économique de la famille.

Si l'on tente un état des lieux des travaux de prévention, on note la co-intervention de nombreux Ministères, organismes de Tutelle, organismes de Sécurité Sociale, fondations d'entreprises, associations de défense des consommateurs. L''organigramme de ces structures est discutable, car à la fois puissant du fait de la coexistence de compétences diverses, mais fragile de l'absence de coordination et de spécialisation des institutions. Les actions locales reposent sur des messages parfois bien conçus, mais souvent non concertés, redondants et souffrant d'un manque d'évaluation. Les auteurs insistent sur la nécessité de messages informatifs personnalisés, adaptés à l'âge de l'enfant( on écoute mieux entre 5 et 11 ans, qu'avant ou après!), et délivrés en situation réelle. Les messages destinés aux parents ont un double rôle, à la fois de déculpabilisation et de dédiabolisation des comportements à risques .

On voit donc intervenir des conduites liées à des dispositifs législatifs et réglementaires (port de la ceinture à l'arrière), ou au code de consommation (obligation de sécurité des produits pour la protection des consommateurs) qui sont peu connus. On se rassure de projets sur l'enseignement du code de la route, mais les normes CE ou NFdemeurent sources de confusion pour bien des usagers.

L'amélioration de la prévention, bien que très significative, si l'on s'en tient aux chiffres de la mortalité routière, passe indiscutablement par une meilleure connaissance des conditions de survenue, des statistiques de routine, d'une prise en compte de la morbidité et sur un travail de recherche, à la fois sur les comportements des familles , mais aussi sur l'exposition au risque, par des indicateurs plus performants. Cependant, s'il est admis que le co ût de la sécurité doit être réduit, il reste fondamental de responsabiliser les familles et de ne pas tendre vers une promotion du risque 0.

La mortalité des jeunes enfants ne représente pas (pour l'Observatoire de la Sécurité Routière), statistiquement, un poids important, mais son intérêt est grand à plus d'un titre : une part importante de décès, plusieurs années de vie perdues, de vraies victimes et pour certaines d'entre elles, de futurs conducteurs. L'amélioration des dispositifs de retenue (chocs latéraux et ancrages), une vraie formation dès l'école prise en compte lors de l'obtention du permis de conduire, et une meilleure planification urbaine (promotion des zones 30) sont autant de priorités qui devraient viser à réduire le taux de survenue des accidents.

La Commission de Sécurité des Consommateurs rend, depuis 1984 à son Ministère de tutelle des avis en matière de prévention sur les produits de consommation courante, insiste sur la nécessité d'une remontée de l'information sur les circonstances de survenue des accidents, seul moyen de pouvoir travailler à en prévenir d'autres. Son travail est d'autant plus pertinent qu'issu d'une collaboration entre pédopsychiatres, spécialistes du comportement et médecins urgentistes. Madame Védrine - Présidente de la Commission - insiste sur la nécessité d'une approche évaluative et attire notre attention sur l'importance des risques encourus chez des gens défavorisés, peu avertis, parfois ne sachant pas lire, et consommateurs de produits à bas prix ou de "vide-grenier".

En conclusion, quatre grands objectifs doivent être retenus au travers de ce travail :

- l'amélioration de la qualité des statistiques et la tendance vers une uniformisation européenne

- le renforcement des actions de préventions multiples

- la diffusion large, via les medias, des dispositifs encadrant le droit des consommateurs en matière de sécurité

- la coordination des différentes actions de prévention.

Et pour mémoire....

la "Norme NF" donne lieu à une homologation des services publics, son usage par le fabricant est contractuel et volontaire, certaines peuvent être rendues obligatoires par une réglementation.

Les " Normes harmonisées européennes" EN, répondent à des "exigences essentielles", élaborées par le CEN. Après adoption, elles sont reprises systématiquement dans chaque pays, avec suppression des normes nationales divergentes et donnent lieu en France aux normes NF EN. Un marquage "CE" doit systématiquement être apposé sur tous les produits concernés par ces normes et circulant sur le territoire de l'Union européenne. Ce marquage correspond à une autodéclaration de conformité par le fabricant.

La "Marque NF" constitue la certifiation de conformité d'un produit ou d'un service aux normes en vigueur, françaises, européennes ou internationales. L'apposition de la marque NF sur un produit implique des essais préalables, un contrôle et des évaluations effectuées par un organisme extérieur à l'entreprise.

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