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Lymphome à cellules du manteau : une immunothérapie après la chimiothérapie prolonge la survie des patients

illustrationL'ajout d'une immunothérapie par rituximab après une chimiothérapie chez les patients atteints du lymphome à cellules du manteau a permis de prolonger leur survie, selon une étude conduite par les centres français et belges de la Lymphoma Study Association (LYSA) et publiée mercredi dans le New England Journal of Medicine (NEJM) [1].

Dans cette étude menée auprès de 299 patients atteints d'un lymphome à cellules du manteau et âgés de moins de 66 ans au moment du diagnostic, la moitié des patients ayant été traités avec une chimiothérapie, puis une greffe autologue de cellules-souches hématopoïétiques, avaient reçu une immunothérapie sous la forme d'une injection de rituximab (un anticorps monoclonal anti-CD20) tous les deux mois pendant trois ans en hôpital de jour.

Quatre ans après la fin de la chimiothérapie, 89% de patients de ce groupe étaient toujours en vie, contre 80% dans le groupe d'observation qui n'avait pas suivi une immunothérapie.

« Nous démontrons avec cette étude qu'un traitement par immunothérapie permet de retarder la survenue d'une rechute et de prolonger la survie des patients. C'est un pas de plus dans le processus de lutte contre ce cancer qui comporte malheureusement encore un haut risque de rechute », affirme l'investigateur principal de l'étude, le Pr Steven Le Gouill, hématologue au CHU de Nantes et membre du LYSA, un groupement coopérateur regroupant 500 chercheurs de 120 centres en Europe.

Une nouvelle stratégie thérapeutique

« Il est clair que l'utilisation du rituximab en entretien après une chimiothérapie dans ce type de lymphome va devenir un nouveau standard de traitement On s'achemine donc très vraisemblablement vers un changement dans la stratégie de traitement pour ces patients. D'autant que l'on a pu réduire le protocole de chimiothérapie, qui a été allégé, en raison du suivi par un traitement d'entretien », souligne le Pr Le Gouill.

Les lymphomes sont des cancers du sang se développant dans le tissu lymphatique. Il s'agit du 6e type de cancer le plus fréquent en France chaque année.

Le lymphome à cellules du manteau est une forme rare de lymphome (6% des lymphomes non hodgkinien). Il se développe à partir des lymphocytes B dans une zone des ganglions, appelée zone du manteau, où se trouvent les cellules cancéreuses, d'où son nom.

Il est quasiment incurable avec une médiane de survie, tous patients de tous âges confondus, de 40 mois.


A propos des lymphomes
Les lymphomes sont des cancers du système lymphatique. Ils représentent l'hémopathie maligne la plus fréquente, soit près de la moitié des cancers du sang. Ce sont des maladies hétérogènes, avec plus de 50 sous-types de lymphomes, ce qui rend le diagnostic difficile et nécessite des prises en charge différentes. Ils se répartissent en 80% environ de lymphomes non hodgkinien (LNH) et 20% de lymphomes hodgkiniens (LH). Les lymphomes peuvent toucher tous les âges (y compris chez l'enfant), sont principalement ganglionnaires mais peuvent toucher (uniquement ou en accompagnement) tous les organes. Il existe ni prévention ni dépistage. L'incidence a doublé en 30 ans, avec 14.000 nouveaux cas en France chaque année (chiffres 2015).

A propos du LYSA
Le LYSA est une association loi 1901 œuvrant à l'international, pour la recherche clinique contre le lymphome, 6ème cancer le plus fréquent en Europe. Labellisée Groupe coopérateur par l'Institut national du cancer (INCa) en novembre 2012, il a ratifié la charte d'indépendance des Groupes coopérateurs en oncologie. Il fédère un ensemble de 500 chercheurs dans 120 centres de soins en France et en Europe autour de la prise en charge des patients atteints de lymphome, du diagnostic jusqu'au suivi des patients guéris. Le groupe mène des projets depuis la première administration à l'homme de nouveaux traitements jusqu'à l'établissement de stratégies thérapeutiques de référence. Il collabore avec de nombreuses équipes scientifiques pour comprendre et traiter les lymphomes, dont notamment l'institut Carnot CALYM (Consortium pour l'Accélération de l'innovation et de son transfert dans le domaine du LYMphome), dont il est membre. Doté d'une structure de recherche clinique et de plateformes de pathologie, biologie et imagerie, il propose une expertise complète et pluridis

 

[1] S. Le Gouill et al., Rituximab after Autologous Stem-Cell Transplantation in Mantle-Cell Lymphoma, N Engl J Med 2017 ; 377 :1250-60.

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