#COVID19 : Le HCSP complète ses recommandations sur la prise en charge à domicile ou en structure de soins

illustrationDaté du 8 avril 2020, l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) sur la prise en charge à domicile ou en structure de soins des patients atteints de COVID-19 a été rendu public le 15 avril. Il complète les 2 précédents avis rendus les 5 et 23 mars derniers sur le sujet.

Organisation des soins

Pour le HCSP, les réponses sanitaires doivent s’appuyer sur l’organisation actuelle des soins de première ligne, dont le maillage territorial est un atout. Les initiatives renforçant la coordination des soins entre les professionnels de santé de première ligne (médecins généralistes, pharmacien [ne] s, kinésithérapeutes, infirmier(es), etc..) doivent être accompagnées et valorisées. La collaboration avec le ou les établissements d’HAD du territoire doit être recherchée afin qu’elle puisse être opérationnellement établie en cas de besoin.

« L’objectif est de pouvoir répondre à l’urgence sanitaire actuelle tout en assurant la continuité des soins pour le suivi médical de la population et des personnes souffrant de pathologies chroniques ainsi que pour la permanence de soins. »

Symptômes et critères de gravité

Selon le HCSP la période médiane d’incubation est comprise entre 4 et 4,9 jours, mais les symptômes peuvent apparaitre entre 2 et 14 jours après l’exposition.

L’avis détaille les signes cliniques le plus souvent rapportés en médecine de ville (fièvre, toux, dyspnée) ainsi que les signes atypiques (myalgie, céphalée, maux de gorge, congestion nasale, diarrhée, nausées, douleurs thoraciques, anosmie/agueusie).

Les critères de prises en charge hospitalières doivent être recherchés d’emblée.

Pour le HCSP, les signes d’alerte suivants sont des indications d’hospitalisation, car ils pourraient témoigner d’une aggravation d’évolution très rapide :

  • saturation en oxygène mesurée avec une oxymétrie de pouls (Sp02) < 95 % en air ambiant (en l’absence d’affection respiratoire chronique hypoxémiante) ;
  • polypnée (fréquence respiratoire > 24cycles/minute au repos)
  • chute de la pression artérielle systolique < 100mm Hg (en l’absence de prise d’antihypertenseurs).
  • altération brutale de l’état général ou de la vigilance chez le sujet âgé

Les signes de gravité suivants sont des indications d’appel au SAMU-Centre 15 :

  • saturation en oxygène mesurée à l’oxymétrie de pouls (Sp02) < 90 % en air ambiant
  • polypnée (fréquence respiratoire > 30cycles/min ;
  • chute de la pression artérielle systolique < 90 mm HG ;
  • altération de la conscience, confusion, somnolence.

Si le contact par téléphone ou en téléconsultation permet d’évaluer la situation clinique, il est nécessaire dans certaines situations d’examiner le patient pour l’ausculter, mesurer sa saturation en oxygène à l’aide d’un oxymètre de pouls [Sp02] et évaluer précisément sa fréquence respiratoire. Le respect des mesures barrières et la protection des soignants demeurent dans ces cas essentiels.

« L’existence de solutions numériques permettant une téléconsultation ne doit pas faire différer l’examen clinique du patient lorsque le médecin l’estime nécessaire. »

Place des examens biologiques et de l’imagerie

En médecine ambulatoire, la réalisation de tests par RT-PCR est actuellement prioritaire chez les personnes suivantes :

  • professionnel de santé ou personnel de structures médico-sociales et d’hébergement avec symptômes évocateurs de COVID-19 ;
  • donneurs d’organes, tissus ou de cellules souches hématopoïétiques ;
  • exploration d’un foyer de cas possibles au sein d’une structure d’hébergement collectif [en particulier collectivités de personnes âgées mais aussi lieu d’accueil pour les personnes avec un handicap, milieu carcéral, caserne, résidence universitaire…] ;
  • femmes enceintes symptomatiques, en particulier au cours des deuxièmes et troisièmes trimestres de la grossesse ;
  • personnes à risque de formes graves de COVID-19 et présentant des symptômes évocateurs d’infection à SARS-CoV-2, tant que la situation locale le permet ;
  • Patients ayant une forme grave de COVID-19.

Le HCSP ne recommande aucun autre examen biologique de manière systématique, à l’exception de la recherche d’un diagnostic différentiel du Covid-19.

En ce qui concerne la place de l’imagerie médicale, pour le HCSP, la réalisation d’un scanner thoracique en ville n’est pas recommandée et la radiographie thoracique est peu contributive au diagnostic de Covid-19.

Prise en charge médicamenteuse :

  • « À ce jour, aucune prescription de traitement à effet antiviral attendu n’est recommandée en ambulatoire en dehors d’essais cliniques.
  • En l’absence de pneumonie, seul un traitement symptomatique est recommandé, les anti-inflammatoires devant être proscrits
  • Lorsqu’une pneumonie a été identifiée, l’indication d’une antibiothérapie fait appel aux recommandations de la SPILF, SFMU. »

Dans certaines situations les soins de support [comprenant éventuellement une oxygénothérapie] et soins palliatifs peuvent être mis en place à domicile.

Les spécificités de la prise en charge des personnes âgées sont rappelées. Les modalités de surveillance des patients [y compris lors de soins palliatifs] sont précisées.

Enfin les particularités de la prise en charge des patients en soins palliatifs ou en HAD sont détaillées

 

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