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Oligo-éléments : entre besoins réels, carences ciblées et dérive de la supplémentation

Les oligo-éléments occupent une place singulière dans le discours nutritionnel contemporain. Présentés tour à tour comme des soutiens de l’immunité, du métabolisme, de la thyroïde ou de la vitalité, ils alimentent désormais un marché florissant de compléments alimentaires, alors même que leur statut clinique appelle une lecture autrement plus rigoureuse. En quantité infime, ces minéraux n’en demeurent pas moins indispensables à des fonctions biologiques majeures. Mais leur faible concentration ne justifie ni leur banalisation, ni leur prescription implicite dès qu’apparaissent fatigue, chute de cheveux ou plaintes fonctionnelles diffuses. Sous l’effet d’un glissement progressif, ces nutriments ont quitté le seul champ de la physiologie pour entrer dans celui de la promesse commerciale et de la réponse réflexe à des symptômes peu spécifiques.[1][2]

À retenir (lecture rapide)

• Les oligo-éléments sont requis en très petites quantités, mais interviennent dans des fonctions enzymatiques, hormonales et immunitaires décisives.[1][2]

• Les carences pertinentes existent, mais concernent surtout des contextes ciblés, des populations à risque et des situations cliniques documentées.[1][5][6]

• En France, 22 % des adultes et 14 % des enfants consomment des compléments alimentaires, sans que cela traduise toujours un besoin objectivé.[3]

• Le zinc, l’iode, le sélénium et le cuivre ne sont ni interchangeables, ni anodins, et leurs excès exposent eux aussi à des effets indésirables.[2][3][4][6]

• Pour les professionnels de santé, l’enjeu n’est pas d’élargir la supplémentation, mais de mieux sélectionner les indications et d’encadrer les usages.[3][5]

Des micronutriments minuscules, mais loin d’être accessoires

Les oligo-éléments sont des minéraux présents dans l’organisme en quantités très faibles, à la différence des minéraux dits majeurs. Cette modestie quantitative masque pourtant un rôle physiologique central. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les micronutriments, vitamines et minéraux, sont nécessaires en très petites quantités mais qu’ils permettent à l’organisme de produire des enzymes, des hormones et d’autres substances indispensables à une croissance et à un développement normaux.[1] Dans cette famille, les oligo-éléments contribuent à la catalyse enzymatique, à la signalisation hormonale, à l’hématopoïèse, au métabolisme oxydatif et à la réponse immunitaire.[2]

Encore faut-il éviter les généralisations trop rapides. Le zinc, l’iode, le sélénium, le cuivre, le fer ou encore le manganèse ne relèvent ni des mêmes mécanismes, ni des mêmes conséquences cliniques. La distinction entre sels minéraux et oligo-éléments dans la pratique clinique rappelle utilement que ces éléments interviennent surtout dans des mécanismes enzymatiques et hormonaux vitaux. De même, le panorama des principaux oligo-éléments et de leurs fonctions montre à quel point cette catégorie est hétérogène, ce qui interdit les raisonnements globaux sur un supposé “déficit en oligo-éléments”.

Zinc, iode, sélénium, cuivre : quatre profils très différents

Le zinc est probablement l’oligo-élément le plus souvent invoqué dans la pratique courante, souvent associé à l’immunité, à la peau ou à la cicatrisation. Les données françaises soulignent néanmoins un point régulièrement négligé : ses besoins dépendent aussi de la biodisponibilité alimentaire. L’ANSES distingue ainsi les références en fonction du niveau d’apports en phytates, qui peuvent freiner son absorption. Chez les hommes adultes, les références nutritionnelles varient de 9,4 mg/j à 14,0 mg/j selon ce paramètre ; chez les femmes adultes, de 7,5 mg/j à 11 mg/j.[2] Autrement dit, la question n’est pas seulement celle de la quantité ingérée, mais celle de la matrice alimentaire, du contexte nutritionnel et, en pratique, de la plausibilité clinique d’une insuffisance.

L’iode relève d’une autre logique. Il entre dans la synthèse de la thyroxine (T4) et de la triiodothyronine (T3), hormones qui gouvernent de nombreuses réactions biochimiques, du métabolisme énergétique au développement neurologique fœtal.[6] Les repères français retiennent un apport satisfaisant de 150 µg/j chez l’adulte et de 200 µg/j chez la femme enceinte ou allaitante.[5] Le sujet appelle cependant de la nuance : l’iode est un nutriment indispensable, mais son excès peut lui aussi poser problème, notamment dans certains produits concentrés ou certaines consommations d’algues.[5]

Le sélénium, de son côté, cristallise une partie des promesses commerciales autour du stress oxydatif et de la fonction thyroïdienne. Le National Institutes of Health (NIH) rappelle qu’il entre dans la composition de 25 sélénoprotéines et qu’il joue un rôle dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes, la synthèse de l’ADN, la reproduction et la protection contre les dommages oxydatifs et l’infection.[4] Pour autant, le fait qu’un micronutriment participe à une voie biologique ne signifie pas qu’un apport supplémentaire améliore systématiquement l’état clinique. En France, l’ANSES fixe pour l’adulte un apport satisfaisant de 70 µg/j et une limite supérieure de sécurité de 255 µg/j.[2] Cette borne rappelle que l’on ne sort pas ici du champ de la physiologie pour entrer dans celui d’une supplémentation libre de risques.

Quant au cuivre, il est moins médiatisé mais non moins décisif. L’ANSES rappelle que ses carences peuvent s’accompagner d’une anémie hypochrome, d’une neutropénie, d’une leucopénie ou encore d’une neuromyélopathie. Les références nutritionnelles actualisées sont de 1,9 mg/j chez l’homme adulte et 1,5 mg/j chez la femme adulte, avec une limite supérieure de sécurité fixée à 5 mg/j.[2] Là encore, l’intérêt clinique ne réside pas dans le réflexe de supplémentation, mais dans l’identification des contextes où une exploration devient cohérente.

Des carences réelles, mais des usages souvent mal ciblés

Le débat public sur les oligo-éléments se nourrit volontiers d’une idée simple : la population manquerait largement de micronutriments et les compléments offriraient un correctif accessible. Les données disponibles invitent à une lecture plus serrée. À l’échelle mondiale, l’OMS rappelle que les déficits en fer et en iode figurent parmi les plus fréquents, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.[1] Une étude publiée dans The Lancet Global Health le 29 août 2024, relayée par Harvard T.H. Chan School of Public Health, estime que 68 % de la population mondiale présente un apport insuffisant en iode, 65 % en fer, 51 % en zinc et 37 % en sélénium.[7]

Ces données doivent toutefois être maniées avec méthode. Les auteurs eux-mêmes précisent que le manque de données disponibles, en particulier sur les apports alimentaires individuels à l’échelle mondiale, a pu limiter leurs résultats.[7] Il s’agit donc d’un signal de santé publique utile pour hiérarchiser les vulnérabilités, non d’une preuve qu’un patient consultant pour asthénie saisonnière relève d’une supplémentation systématique.

Dans la pratique, les véritables situations à risque sont plus étroites et plus contextualisées : grossesse pour l’iode, restrictions alimentaires mal compensées, malabsorption, pathologies chroniques, états inflammatoires, chirurgie digestive, dénutrition, sujets âgés fragiles ou populations exposées à des apports monotones. Le passage du soupçon clinique à l’intervention nutritionnelle suppose donc une étape intermédiaire souvent escamotée : l’évaluation de l’histoire alimentaire, du terrain, des traitements, du contexte biologique et de la temporalité des symptômes.

Le décryptage pour les professionnels de santé : sortir du réflexe “fatigue égale carence”

C’est sans doute ici que se joue l’essentiel. En consultation, les oligo-éléments servent fréquemment de langage commode pour interpréter des plaintes peu spécifiques : fatigue, baisse de tonus, fragilité cutanée, troubles de la concentration, infections répétées, chute de cheveux. Or cette grammaire clinique est souvent trop large pour être probante. Elle expose à deux dérives parallèles : l’attribution hâtive de symptômes banals à une carence non démontrée, et la médicalisation de compléments perçus comme inoffensifs parce qu’ils relèvent de la nutrition.

Les données françaises sur les usages renforcent ce constat. L’ANSES indiquait, dans une publication du 21 mars 2025, que les résultats d’INCA 3 montraient un doublement de la consommation de compléments alimentaires et de médicaments sources de nutriments entre les deux études. Selon cette même source, 22 % des adultes et 14 % des enfants consomment des compléments alimentaires ; avec une définition élargie incluant les médicaments sources de nutriments, ces taux atteignent respectivement 29 % et 19 %.[3] La prise moyenne s’établit à quatre mois et demi par an chez les adultes et à deux mois et demi chez les enfants.[3]

Pour les professionnels de santé, cette progression change la nature du sujet. Il ne s’agit plus seulement de connaître le rôle du zinc ou du sélénium, mais de repérer des patients déjà exposés à des produits multiples, parfois cumulés, parfois pris hors suivi, parfois ajoutés à des médicaments ou à des préparations à visée “immunité”, “cheveux”, “thyroïde” ou “énergie”. Le risque n’est pas purement théorique : la confusion entre correction d’un déficit et optimisation du bien-être favorise les redondances, les surdosages et les usages sans objectif clinique clair.[2][3][4][6]

Une supplémentation qui demande davantage de preuves que de promesses

La tentation est forte, face à un micronutriment bien documenté sur le plan biologique, d’en déduire un bénéfice clinique par simple prolongement logique. C’est précisément le raccourci à éviter. Le fait que le sélénium participe au métabolisme des hormones thyroïdiennes, ou que l’iode soit indispensable à leur synthèse, ne suffit pas à justifier une supplémentation large hors déficit probable ou contexte à risque.[4][6] Le même raisonnement vaut pour le zinc, souvent mobilisé dans des discours simplifiés sur l’immunité.

Le bon niveau de prudence consiste à distinguer trois situations. La première est celle du besoin physiologique normal, qui doit d’abord être couvert par l’alimentation. La deuxième est celle du risque de déficit plausible, qui justifie une évaluation individualisée. La troisième, enfin, est celle de la carence documentée ou du contexte clinique à forte présomption, où une correction ciblée devient rationnelle. Entre ces trois niveaux, l’espace des compléments commerciaux tend à brouiller les repères en promettant une amélioration diffuse de fonctions aussi générales que l’énergie, la résistance hivernale ou l’équilibre hormonal.

Cette prudence vaut aussi pour les excès. En 2025, l’ANSES rappelle des limites supérieures de sécurité pour plusieurs minéraux, notamment 255 µg/j pour le sélénium et 5 mg/j pour le cuivre chez l’adulte.[2] Pour l’iode, l’agence a également souligné, dans un avis antérieur consacré au risque d’excès lié aux algues, que l’apport adéquat ne devait jamais faire oublier la possibilité d’une surcharge.[5] Le message clinique est simple : un oligo-élément utile n’est pas un produit anodin.

Revenir à la clinique, à l’alimentation, puis aux indications

La meilleure manière de traiter le sujet est probablement la moins spectaculaire. Avant la prescription d’un complément, l’histoire alimentaire reste un outil sous-utilisé. Elle permet souvent de distinguer un régime déséquilibré, une restriction volontaire, une faible diversité des apports, une consommation élevée d’ultratransformés, une éviction mal conduite ou une situation physiologique particulière. Cette étape oriente bien mieux qu’un raisonnement général sur la “carence moderne”.

Elle permet aussi de rappeler une évidence régulièrement éclipsée par le marketing : les principaux apports en oligo-éléments proviennent d’aliments ordinaires. L’ANSES cite, pour le zinc, la viande, les abats, le fromage, les légumineuses, les poissons et les fruits de mer ; pour le sélénium, certains poissons et fruits de mer, la viande, les œufs et les oléagineux ; pour le cuivre, les abats, les crustacés, les mollusques et les oléagineux.[2] Le raisonnement nutritionnel ne doit donc pas être évincé au profit d’une réponse en gélules.

En définitive, les oligo-éléments ne sont ni une mode vide, ni une solution générale. Ils appartiennent à une physiologie fine, à des besoins précis, à des déficits parfois sérieux mais rarement interchangeables. Pour les professionnels de santé, l’enjeu est de maintenir cette précision au cœur de la décision : documenter plutôt que supposer, hiérarchiser plutôt que cumuler, corriger quand cela s’impose, et refuser que la promesse commerciale tienne lieu de raisonnement clinique.

Mini-fiches : les éléments traces à connaître en pratique

Avant d’aligner les noms sur une même liste, une précision s’impose. Tous les éléments souvent rangés sous l’étiquette commode d’« oligo-éléments » ne disposent pas du même statut scientifique. Pour la pratique, il faut distinguer les éléments dont le rôle nutritionnel est bien établi chez l’humain, ceux dont l’intérêt reste discuté, et ceux qui relèvent surtout de la toxicologie ou de l’exposition environnementale.[2][8][9][10]

Arsenic

Statut : intérêt surtout toxicologique, sans rôle nutritionnel établi chez l’humain dans la pratique clinique courante.[12]

Propriétés : l’enjeu principal n’est pas une fonction physiologique à couvrir, mais l’exposition chronique à certaines formes d’arsenic, en particulier via l’alimentation et l’eau.[12]

Sources : riz et produits à base de riz, certaines eaux, produits de la mer selon la spéciation chimique.[12]

Carence : aucune carence humaine de référence n’est retenue en pratique.[12]

Intoxication : l’exposition chronique augmente le risque toxicologique ; l’arsenic doit être abordé comme un contaminant, non comme un nutriment à supplémenter.[12]

Bore

Statut : élément trace présent dans l’alimentation, mais non reconnu comme nutriment essentiel chez l’humain ; aucune référence d’apport n’est fixée.[8]

Propriétés : des travaux explorent ses interactions avec le métabolisme osseux et minéral, sans base suffisante pour en faire un oligo-élément indispensable en pratique.[8]

Sources : fruits, légumes, légumineuses, fruits à coque, vin et certaines eaux.[8]

Carence : pas de tableau carentiel humain de référence clairement établi.[8]

Intoxication : l’excès relève d’une logique de sécurité toxicologique, surtout par les compléments ou certaines expositions spécifiques, plutôt que d’un usage nutritionnel courant.[11]

Brome

Statut : aucun rôle nutritionnel humain n’est établi dans les référentiels nutritionnels usuels ; son intérêt est marginal dans la pratique nutritionnelle.[2][10]

Propriétés : pas d’indication à le considérer comme un oligo-élément à couvrir ou à corriger chez l’humain en routine.[2][10]

Sources : présence possible à l’état de traces dans l’environnement et certains aliments, sans intérêt alimentaire pratique identifié.[2]

Carence : aucune carence de référence décrite en pratique clinique courante.[2]

Intoxication : le sujet relève surtout de l’exposition environnementale ou professionnelle, pas de la nutrition courante.[2]

Chrome

Statut : le chrome trivalent est présent dans les aliments et les compléments, mais l’Autorité européenne de sécurité des aliments estime qu’aucun besoin nutritionnel de référence ne peut être défini et qu’il n’existe pas de preuve d’effets bénéfiques associés à son apport chez les sujets sains.[9][10]

Propriétés : longtemps associé au métabolisme glucidique, il reste un élément à statut discuté en nutrition humaine.[9][10]

Sources : viandes, produits céréaliers complets, certains légumes, levure de bière ; quantités très variables selon l’environnement et les procédés industriels.[9]

Carence : les tableaux de déficit authentifié sont exceptionnels et ne justifient pas une extension large de la supplémentation.[9]

Intoxication : distinguer le chrome trivalent, présent dans l’alimentation, du chrome hexavalent, toxique d’origine industrielle.[9]

Cobalt

Statut : le cobalt n’est pas traité comme un nutriment à supplémenter pour lui-même ; son intérêt nutritionnel passe essentiellement par la vitamine B12, dont il constitue l’atome central.[2]

Propriétés : il ne doit pas être confondu avec une indication autonome de supplémentation minérale en cobalt.[2]

Sources : apports essentiellement indirects via les aliments contenant de la vitamine B12, en particulier d’origine animale.[2]

Carence : en pratique, on raisonne sur le déficit en vitamine B12, pas sur une “carence en cobalt” isolée.[2]

Intoxication : le risque relève d’expositions spécifiques ou de mésusages, non d’un besoin nutritionnel courant.[2]

Cuivre

Statut : oligo-élément essentiel, cofacteur de nombreuses enzymes impliquées notamment dans le métabolisme du fer, la production d’énergie et la synthèse des tissus conjonctifs.[2][13]

Propriétés : il intervient dans l’hématopoïèse, la fonction nerveuse et certains mécanismes antioxydants.[2][13]

Sources : abats, crustacés, mollusques, fruits à coque, graines, cacao.[2][13]

Carence : anémie, neutropénie, leucopénie, parfois atteintes neurologiques dans les formes plus marquées ou les contextes de malabsorption.[2]

Intoxication : l’excès chronique peut exposer à des atteintes digestives et hépatiques ; vigilance particulière chez les sujets présentant une maladie de Wilson.[13]

Fer

Statut : minéral essentiel au transport de l’oxygène, à la production d’énergie et à plusieurs fonctions enzymatiques.[14]

Propriétés : il entre dans la composition de l’hémoglobine, de la myoglobine et de certaines enzymes.[14]

Sources : viandes, abats, boudin, légumineuses, produits enrichis, avec une meilleure absorption du fer non héminique en présence de vitamine C.[14]

Carence : anémie ferriprive, fatigue, baisse des performances physiques et cognitives, vulnérabilité accrue dans certaines populations, notamment les femmes enceintes, les nourrissons et les adolescentes.[1][14]

Intoxication : le surdosage, en particulier par supplémentation, peut entraîner des effets digestifs, une surcharge martiale et des accidents graves en cas d’ingestion importante.[14]

Fluor

Statut : élément à part, utile surtout pour la prévention de la carie dentaire ; il n’est pas mobilisé comme les autres oligo-éléments dans la clinique nutritionnelle courante.[15]

Propriétés : il contribue à réduire le risque de carie ; son rôle osseux reste plus nuancé que son intérêt dentaire.[15]

Sources : eau fluorée selon les territoires, thé, poissons consommés avec arêtes, dentifrices et autres produits bucco-dentaires hors usage alimentaire strict.[15]

Carence : il n’existe pas, en pratique, de syndrome carentiel nutritionnel classique ; on raisonne plutôt en termes d’exposition insuffisante ou suffisante pour la protection dentaire.[15]

Intoxication : l’excès chronique expose à une fluorose dentaire, voire osseuse dans les situations les plus marquées.[15]

Iode

Statut : oligo-élément essentiel, indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes.[5][6]

Propriétés : il conditionne le métabolisme énergétique et joue un rôle majeur pendant la grossesse et le développement neurologique fœtal.[1][6]

Sources : sel iodé, poissons, produits de la mer, laitages, œufs.[6]

Carence : goitre, hypothyroïdie, conséquences neurodéveloppementales chez le fœtus et l’enfant si le déficit survient pendant la grossesse.[1][6]

Intoxication : les excès peuvent eux aussi perturber la fonction thyroïdienne, notamment via certains compléments ou certaines algues très concentrées.[5]

Lithium

Statut : élément trace parfois présenté comme potentiellement utile, mais sans reconnaissance officielle comme nutriment essentiel dans les référentiels nutritionnels de référence utilisés en pratique.[2][10]

Propriétés : la littérature explore des effets biologiques possibles à très faibles doses, sans base suffisante pour en faire un objectif nutritionnel de routine.[10]

Sources : eaux minérales à teneur variable, céréales, légumes et boissons selon les régions.[10]

Carence : aucune carence nutritionnelle de référence n’est définie chez l’humain.[10]

Intoxication : en médecine, le lithium relève d’abord du champ pharmacologique ; à doses thérapeutiques, son maniement est sans rapport avec une supplémentation nutritionnelle.[10]

Manganèse

Statut : oligo-élément essentiel, impliqué dans l’activité de plusieurs enzymes et dans le métabolisme des acides aminés, du cholestérol, du glucose et des glucides.[2][16]

Propriétés : il participe aussi à la formation osseuse et à des systèmes antioxydants enzymatiques.[16]

Sources : céréales complètes, fruits à coque, légumineuses, thé.[2][16]

Carence : rare ; elle s’observe surtout dans des contextes expérimentaux ou des situations cliniques très particulières.[16]

Intoxication : l’excès chronique, surtout par expositions environnementales ou professionnelles, peut entraîner une neurotoxicité.[16]

Molybdène

Statut : oligo-élément essentiel, cofacteur de plusieurs enzymes intervenant dans le métabolisme des composés soufrés et de certains acides aminés.[2][17]

Propriétés : il est nécessaire au fonctionnement de molybdoenzymes comme la sulfite oxydase.[17]

Sources : légumineuses, céréales, abats, lait et noix ; les teneurs varient selon les sols.[17]

Carence : très rare en population générale, essentiellement dans des situations exceptionnelles d’alimentation artificielle ou d’anomalies métaboliques.[17]

Intoxication : l’excès chronique peut provoquer des effets indésirables et justifie une vigilance particulière avec les compléments concentrés.[11][17]

Sélénium

Statut : oligo-élément essentiel, intégré à 25 sélénoprotéines impliquées notamment dans la protection contre le stress oxydatif et le métabolisme thyroïdien.[2][4]

Propriétés : rôle dans la synthèse de l’ADN, la reproduction, l’immunité et le métabolisme des hormones thyroïdiennes.[4]

Sources : poissons, fruits de mer, viandes, œufs, oléagineux ; les teneurs dépendent fortement des sols et de l’alimentation animale.[2][4]

Carence : rare en Europe occidentale, mais possible dans des contextes de nutrition parentérale, de malabsorption ou d’apports très faibles.[4]

Intoxication : l’excès expose à une sélénose, avec notamment troubles digestifs, atteintes unguéales et capillaires, haleine à odeur d’ail et troubles neurologiques dans les formes marquées.[4]

Soufre

Statut : à ne pas classer, en pratique, parmi les oligo-éléments. Le soufre est un constituant majeur de certains acides aminés et protéines, mais il n’est pas traité comme un oligo-élément à supplémenter isolément dans les référentiels nutritionnels courants.[2][10]

Propriétés : son rôle passe principalement par les acides aminés soufrés et de nombreuses molécules biologiques, non par une stratégie de supplémentation en soufre élémentaire.[10]

Sources : aliments protéiques, notamment viandes, œufs, produits laitiers, légumineuses et certains végétaux riches en composés soufrés.[10]

Carence : on raisonne sur l’insuffisance protéique ou sur certains désordres métaboliques, pas sur une carence isolée en soufre élémentaire.[10]

Intoxication : le sujet relève davantage de certaines expositions chimiques ou additifs soufrés que de la nutrition courante.[10]

Vanadium

Statut : élément à statut nutritionnel non établi chez l’humain dans les référentiels de référence ; il ne doit pas être présenté comme un oligo-élément essentiel en pratique clinique courante.[10]

Propriétés : des effets biologiques ont été explorés, notamment sur le métabolisme glucidique, mais sans justification pour un usage nutritionnel standardisé.[10]

Sources : traces dans certains champignons, crustacés, poivres, céréales complètes et eaux.[10]

Carence : aucune carence humaine de référence n’est définie.[10]

Intoxication : l’excès relève surtout de la toxicologie et d’expositions non nutritionnelles ou de suppléments inadaptés.[10]

Zinc

Statut : oligo-élément essentiel, impliqué dans de très nombreuses enzymes, la régulation de l’expression génique, l’immunité, la cicatrisation et la croissance.[2][18]

Propriétés : il joue un rôle catalytique, structural et régulateur dans de multiples voies métaboliques.[18]

Sources : viandes, abats, fromages, fruits de mer, légumineuses, céréales complètes, avec une biodisponibilité réduite lorsque l’alimentation est riche en phytates.[2][18]

Carence : retard de croissance, altération de l’immunité, lésions cutanées, baisse du goût et de l’appétit selon l’intensité du déficit.[18]

Intoxication : l’excès peut provoquer des troubles digestifs et, à plus long terme, perturber le statut en cuivre et certaines fonctions immunitaires.[2][18]

Références

[1] WHO, Micronutrients, consulté le 9 mars 2026.

[2] ANSES, Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, 21 février 2025.

[3] ANSES, Les compléments alimentaires, nécessité d'une consommation éclairée, 21 mars 2025.

[4] NIH Office of Dietary Supplements, Selenium - Health Professional Fact Sheet, 4 septembre 2025.

[5] ANSES, Avis relatif au risque d'excès d'apport en iode lié à la consommation d'algues dans les denrées alimentaires, 25 juin 2018.

[6] NIH Office of Dietary Supplements, Iodine - Health Professional Fact Sheet, 5 novembre 2024.

[7] Harvard T.H. Chan School of Public Health, Billions worldwide consume inadequate levels of micronutrients critical to human health, 29 août 2024.

[8] NIH Office of Dietary Supplements, Boron - Health Professional Fact Sheet, 9 juin 2022.

[9] NIH Office of Dietary Supplements, Chromium - Health Professional Fact Sheet, 2 juin 2022.

[10] EFSA, Dietary Reference Values for nutrients. Summary report, 2017.

[11] EFSA, Overview on Tolerable Upper Intake Levels as derived by the Scientific Committee on Food and the EFSA NDA Panel, août 2025.

[12] EFSA, Risk assessment of small organoarsenic species in food, 2 juillet 2024.

[13] NIH Office of Dietary Supplements, Copper - Health Professional Fact Sheet, 18 octobre 2022.

[14] NIH Office of Dietary Supplements, Iron - Health Professional Fact Sheet, 4 septembre 2025.

[15] NIH Office of Dietary Supplements, Fluoride - Health Professional Fact Sheet, 11 avril 2025.

[16] NIH Office of Dietary Supplements, Manganese - Health Professional Fact Sheet, consulté via la base ODS des fiches vitamines et minéraux.

[17] NIH Office of Dietary Supplements, Molybdenum - Health Professional Fact Sheet, consulté via la base ODS des fiches vitamines et minéraux.

[18] EFSA, Scientific Opinion on Dietary Reference Values for zinc, 2014.

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